La sardine à 5 dirhams le kilo, concurrence déloyale ou coup de génie ?

- 19h00 - Maroc - Ecrit par : P. A

Alors que le prix du kilo de sardine a atteint 15 à 20 dirhams sur certains marchés au Maroc, à Marrakech, un jeune poissonnier le vend à 5 dirhams. Une concurrence déloyale qui suscite de vives polémiques.

Abdelilah, « le conquérant des intermédiaires », propose sur ses réseaux sociaux des poissons à des prix défiant toute concurrence : 5 dirhams le kilo contre 10 à 15 dirhams dans les villes de Casablanca et Rabat. Avec ses prix cassés, il attire de nombreux consommateurs vers son magasin dénommé « Le Port de Marrakech ». Certains commerçants n’ont pas manqué de dénoncer cette pratique déloyale du jeune poissonnier, soutenant qu’il vend des poissons congelés ou de mauvaise qualité. D’autres voient en cette manœuvre du jeune homme un moyen de faire du buzz.

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Mais que cache en réalité ce prix de la sardine à 5 dirhams, dans ce contexte de hausse généralisée des prix à l’approche du mois de Ramadan ? Ces sardines à bas prix présenteraient-elles un risque pour les consommateurs ? En tout cas, la pratique déloyale du poissonnier de Marrakech a fait des émules à Casablanca où le prix du kilo de sardine est passé de 20 dirhams à 18 voire 15 dirhams entre le lundi 24 et le mardi 25 février.

Kamal Sabri, président de la Chambre des pêches maritimes de l’Atlantique Nord, a confié auprès de Médias24 que le poissonnier de Marrakech peut bel et bien vendre la sardine à 5 dirhams le kilo, étant donné qu’il achète lui-même sa marchandise et s’occupe du transport. L’initiative du jeune homme est à saluer et encourager, renchérit Abderrahmane Elyazidi, coordinateur du Collectif pêche et développement durable, soulignant qu’il s’agit du circuit ordinaire de vente.

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« Je ne suis actuellement pas informé du trajet que suit ce poissonnier, mais vu le contexte actuel, je suppose qu’il s’agit d’une voie qui peut fournir un poisson à bas prix. C’est le poisson qui provient du marché informel », explique pour sa part le professeur Mohammed Naji, enseignant-chercheur à l’Institut agronomique et vétérinaire Hassan II de Rabat, précisant que ces poissons sont achetés « directement auprès de petits pêcheurs, qui utilisent des barques artisanales et n’ayant pas le droit de pêcher la sardine selon la réglementation marocaine ». « Ces poissons ne sont pas soumis aux taxes ou aux impôts et peuvent être vendus à un prix moins cher », conclut-il.

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