Sebta et Melilla : Pedro Sánchez va se plaindre auprès de l’ONU
Pedro Sánchez va défendre à New York sa gestion de la crise de Sebta et son refus d’accuser le Maroc. Très critiqué en Espagne, le chef du gouvernement espère trouver davantage de compréhension auprès des dirigeants internationaux.
Pedro Sánchez se rend ce lundi 21 septembre à New York pour participer à la semaine de haut niveau de l’Assemblée générale des Nations unies. La crise de Sebta figurera parmi les principaux sujets qu’il abordera pendant son déplacement.
Le président du gouvernement espagnol ne sollicitera ni résolution ni soutien officiel de l’ONU. Il devrait toutefois défendre sa version des événements lors de ses interventions publiques, de rencontres informelles avec d’autres dirigeants et d’entretiens accordés aux médias américains.
Selon des sources de la Moncloa citées par Europa Press, Sánchez espère obtenir à l’étranger « davantage de compréhension » qu’en Espagne, où sa gestion a été critiquée par presque toute l’opposition et plusieurs alliés parlementaires.
Sur Bladi.net : La veille des 72 000 passages depuis le Maroc, le CNI avait alerté : la juge veut savoir qui savait quoi
Le chef du gouvernement devrait maintenir la ligne suivie depuis le début de la crise : aucune preuve ne permet d’accuser Rabat d’avoir organisé les passages massifs et les autorités espagnoles ne pouvaient pas en anticiper l’ampleur.
Sánchez maintient qu’une telle arrivée était imprévisible
Des documents déclassifiés ont pourtant établi que le Centre national de renseignement espagnol avait signalé dès le 29 juillet un appel diffusé sur les réseaux sociaux à franchir la frontière « par la clôture et par la mer ».
Le CNI a cependant précisé que les renseignements disponibles ne permettaient pas de prévoir « la nature et l’ampleur » des événements du lendemain. Une juge cherche désormais à savoir qui avait reçu cette alerte et quelles suites lui avaient été données.
À New York, Sánchez devrait donc défendre une distinction précise : les services disposaient d’informations sur un possible mouvement à la frontière, mais aucune alerte ne permettait, selon lui, de prévoir l’arrivée de plus de 72 000 personnes les 30 et 31 juillet.
Il rappellera également que l’Espagne a rapidement coopéré avec le Maroc pour renvoyer une partie des personnes entrées durant les premières heures. Malgré les soupçons exprimés par certains rapports policiers, Madrid maintient qu’aucune preuve ne démontre une opération organisée par Rabat.
Sur Bladi.net : Crise de Sebta : après les soupçons contre le Maroc, un rapport espagnol ne trouve aucune preuve
Le déplacement doit aussi permettre à Sánchez de défendre sa politique migratoire générale. Le dirigeant socialiste présente l’immigration régulière comme indispensable à la croissance économique espagnole et assume la régularisation permettant à de nombreux étrangers d’obtenir un permis de travail.
Cette position est devenue beaucoup plus difficile à défendre depuis la crise de Sebta. Environ 10 000 migrants se trouveraient encore dans la ville, dont près de 3 000 sans place d’accueil, selon les chiffres communiqués à Europa Press par l’exécutif.
Sánchez rencontrera lundi le secrétaire général de l’ONU, António Guterres. Il assistera mardi à l’ouverture du débat de l’Assemblée générale et prononcera son discours dans la nuit de mercredi à jeudi.