Sebta : les navires marocains coupent leur identification, l’Espagne appelle en vain
Le face-à-face naval de juillet près de Sebta livre de nouveaux détails. El País révèle les communications entre les marines marocaine et espagnole et les manœuvres du patrouilleur Isla Pinto, qui aurait évité de peu une collision.
Sur le canal radio 16, les militaires espagnols appellent les bâtiments marocains. Aucune réponse, selon les sources citées par El País le 26 octobre. Les 30 et 31 juillet, les navires de la Marine royale auraient également coupé leur signal AIS, tout en restant détectables par radar.
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Ces appels étaient émis sur une fréquence utilisée pour les communications de détresse et de sécurité en mer. Faute de réponse, les patrouilleurs espagnols se sont rapprochés pour demander par signaux visuels aux bâtiments marocains de quitter les eaux revendiquées par Madrid autour de Sebta.
Pendant l’une de ces manœuvres, l’Isla Pinto, patrouilleur espagnol long de 20 mètres et doté de dix membres d’équipage, a failli percuter un navire marocain, selon le quotidien. Habituellement basé à Melilla, il avait rejoint Sebta en renfort.
Les radars suivaient toujours les frégates marocaines
L’AIS transmet automatiquement l’identité, la position, le cap et la vitesse d’un navire. Son utilisation n’est pas obligatoire à bord des bâtiments de guerre. Ce dispositif facilite néanmoins la sécurité dans le détroit de Gibraltar, où circulent de nombreux navires.
Les radars espagnols ont continué de suivre les mouvements marocains. El País identifie notamment la frégate Tarik Ben Ziyad, de classe Sigma, parmi les bâtiments entrés à plusieurs reprises dans la zone. Le journal distingue ce navire de la Hassan II, photographiée le 31 juillet près du Tarajal.
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Madrid a renforcé sa surveillance avec le Rayo, puis les frégates Santa María et Navarra, la seconde remplaçant la première après une avarie. Des échanges entre responsables des deux pays ont mis fin aux incidents début août.
La justice espagnole veut désormais éclaircir ces mouvements. Dans une ordonnance du 21 octobre, la juge María Tardón a demandé au ministère de la Défense de préciser les passages de navires marocains, les contacts établis avec eux et les enregistrements militaires disponibles.