Tariq Ramadan sera interrogé par la Suisse en France
Sous le coup de trois plaintes de viol, en France, et d’une quatrième, en Suisse, le théologien suisse, Tariq Ramadan, sera, cet automne, auditionné en France et confronté à son accusatrice.
Une première, sans doute. Accusé de viol par une femme en Suisse, dans la nuit du 28 au 29 octobre 2008, le théologien qui, depuis lors, n’a toujours pas été interrogé, dans cette affaire, sera confronté à son accusatrice, en France, rapporte le journal Libération. Dans cette affaire, Marc Guéniat, porte-parole du département genevois de la justice, justifie le choix de cette option par le fait que la justice française ne se décidait pas à autoriser le mis en cause à se rendre à Genève. A ce effet, rappelle-t-il , « une demande d’entraide internationale a été adressée aux autorités françaises ». Les juges français devront fixer une date pour les auditions et les confrontations, a ajouté le porte-parole.
Le 22 janvier, les juges d’instruction français, redoutant une fuite à l’étranger de l’inculpé, s’étaient opposés à la demande de la partie suisse d’auditionner le théologien à Genève. Les autorités françaises ont refusé dès lors de favoriser la levée du contrôle judiciaire du mis en cause, incluant une interdiction de quitter le territoire français, indique le même média. Cette accusation est battue en brèche par l’avocat de Ramadan. Celui-ci a rappelé aux juges la remise du second passeport pakistanais de son client, à sa sortie de prison et dont aucun d’eux n’avait connaissance.
Après un an de valses-hésitations entre Genève et Paris, le procureur suisse avait été, lui aussi, contraint d’annuler les auditions de Tariq Ramadan, de la plaignante et de témoins, qu’il avait fixées en février et en mars 2019. Lassée d’attendre et devant ce ping-pong judiciaire, la victime a déposé un recours à Genève au début de l’été, pour dénoncer un déni de justice.
Quant à Tariq Ramadan, il ne s’est pas exprimé publiquement concernant les accusations dont il fait l’objet en Suisse. En revanche , en France, après plusieurs mois de démentis, il a reconnu avoir eu des relations sexuelles avec les trois plaignantes, arguant qu’elles étaient consenties, précise le même média.