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Transparency international : La corruption s’exporte

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16 décembre 2008 - 12h27 - Maroc

Corruption sans frontières. De nombreux hommes d’affaires recourent à ce moyen pour décrocher des marchés ou développer leurs entreprises dans d’autres pays. Un constat confirmé par les résultats d’une étude sur l’indice de corruption des pays exportateurs, réalisée durant l’été dernier par Transparency International. Un travail qui a été présenté par Transparency Maroc (TM), lors d’une rencontre avec la presse vendredi dernier à Rabat, à l’occasion de la célébration de la journée mondiale de lutte contre la corruption.

Ce travail a été confié à Azzedine Akesbi, ex-SG de TM. Dans le cadre de cette étude, 2742 hommes d’affaires et gestionnaires au niveau de 26 pays, y compris le Maroc, ont été interrogés sur la perception et la pratique de la corruption dans le monde de l’entreprise, notamment pour dérocher des marchés dans d’autres pays. Cette étude a permis de sortir avec un classement de 22 pays sur les 26.

La Belgique, le Canada et les Pays-Bas viennent en tête de classement des pays dont les entreprises exportatrices recourent le moins à la corruption. Pour les pays où le fléau est monnaie courante, on trouve en tête la Russie, la Chine, le Mexique, l’Inde et le Brésil. Cette pratique touche presque tous les secteurs à des degrés différents. Avec toutefois, une forte concentration au niveau du secteur du bâtiment et des travaux publics. Pour ce dernier, la particularité de l’étude de 2008 a été de prendre en considération un échantillon de 100 hommes d’affaires marocains et responsables d’entreprises.

Les constats sont alarmants. « Les hommes d’affaires marocains interrogés croient que leurs propres entreprises sont fortement impliquées dans les pratiques de corruption au Maroc et dans la région », souligne l’ex-responsable de TM. En chiffres, 28% des interrogés considèrent normal d’octroyer des pots-de-vin aux hommes politiques dans les pays de la région où interviennent leurs entreprises. La même étude montre que 46% des hommes d’affaires sondés jugent normal d’octroyer des enveloppes aux petits fonctionnaires pour faciliter les procédures administratives.

Outre ces pratiques, il y a aussi le recours aux relations familiales pour décrocher les contrats publics. 33% des interrogés considèrent que c’est une pratique courante. Cependant, on doit retenir que la corruption d’hommes politiques situés à un niveau élevé de la hiérarchie et l’usage des relations personnelles dans l’obtention de contrats au Maroc sont relativement moins importants par rapport à certains pays africains et du Moyen-Orient. Au niveau de la responsabilité du gouvernement, 67% des interrogés considèrent que son action est très peu efficace, selon l’étude. « Encore une fois, le système judiciaire est jugé le plus corrompu en comparaison avec les autres secteurs », indique Akesbi.

Assistance

Les responsables de TM ont annoncé l’ouverture prochaine d’un Centre d’assistance et de conseil juridique pour le soutien des victimes de la corruption. Toujours dans le même chapitre, l’organisation marocaine a tenu, les 12 et 13 décembre, un atelier pour faire l’état des lieux sur la problématique du droit d’accès à l’information dans les pays du Maghreb. Les recommandations devraient aboutir sur l’organisation d’un colloque international en 2009.

Source : L’Economiste - Nour Eddine El Aissi

Mots clés: Administration , Corruption , Etude , Transparency Maroc

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