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Transport : Ce n’est pas fini !

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7 juillet 2007 - 00h00 - Maroc

Encore des soucis en perspective pour Karim Ghellab. Alors qu’on croyait l’histoire proche de l’épilogue, voilà que la CDT « re »brandit la menace de grève. Les « disciples » de Noubir Amaoui, chauffeurs de taxis rouges et blancs, transporteurs de marchandises et de voyageurs, ne sont pas d’accord avec les dernières négociations conduites par le Comité national de coordination pour le transport. C’est ce qui ressort de l’assemblée générale extraordinaire, tenue dimanche dernier à Casablanca.

« Une lettre de protestation a été adressée à la Primature. Et en cas de non réponse, ce sera la grève », prévient Mohamed Harrak, secrétaire général du syndicat des chauffeurs de taxis, affilié à la CDT. Et pourtant le gouvernement avait mis le paquet. L’équipe de Jettou, presque au complet, s’est mobilisée des mois durant. Primature, Intérieur, Justice, Santé, Habitat, Finances, Economie sociale, Emploi et Sûreté nationale. Jamais projet de loi n’a fédéré autant de synergies. Avec, à la clef, la promesse du gouvernement de satisfaire plusieurs revendications.

Jettou avait annoncé dans la foulée des mesures visant à améliorer les conditions de vie des chauffeurs. Aide sociale, couverture médicale, retraite, crédit et autres cadeaux. Tout va bien dans les meilleurs des mondes ? Que nenni. « Les offres du gouvernement sont trompeuses », martèle Harrak. Pour lui, focaliser sur les droits sociaux n’est qu’une manière de faire l’impasse sur le fond du problème, qui reste celui du code de la route. « Il y a 308 articles dans le projet de loi, et nous estimons qu’aucun n’est bon ». Par ailleurs, Harrak soutient que la Primature avait promis de geler le projet de loi à partir du mois d’avril, et ce jusqu’à consensus. Or il n’en a rien été, toujours d’après le secrétaire général. « Les négociations se sont poursuivies avec le comité qui ne représente que les professionnels de Casablanca. Ce n’est pas un comité national et n’a donc pas de légitimité à nos yeux », tempête Harrak. La CDT va jusqu’à remettre en cause la constitution du comité composé des professionnels du transport. Pour elle, ceux-ci n’ont pas les compétences et ce serait plutôt à des juristes d’être autour de la table des négociations. La CDT affirme avoir constitué une commission de 30 personnes, entre cadres, avocats et parlementaires qui planchent sur le projet de loi 52 25. Les recommandations de ce « think-thank » seront validées aujourd’hui même et la version finale devra être présentée à la Primature.

Alors, débrayage ? Aucune date n’est donnée et les responsables syndicaux parlent des jours prochains. Revivre la situation de chaos des premiers mois de l’année n’est, franchement, pas une nouvelle réjouissante, ni pour les opérateurs économiques ni pour les populations. Au moins, les responsables sont prévenus et ne pourront pas justifier les éventuelles pénuries de carburants ou d’autres produits de première nécessité. En tout cas, le projet de réforme le plus vilipendé du deuxième mandat de Jettou s’avère être un véritable brûlot. Opaque, plombé par des lobbys puissants, des situations de rente historiques et de monopole via des coopératives. Oui, Ghellab aura probablement encore des soucis.

L’Economiste - Amine Boushaba

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