Une voix pour les émigrés

- 13h49 - Maroc - Ecrit par : Bladi.net

Les Marocains expatriés auront de nouveau le droit de voter et de se porter candidats à la Chambre des représentants. Ainsi en a décidé Sa Majesté le Roi Mohammed VI à l’occasion du 30ème anniversaire de la Marche Verte.

Les citoyens marocains expatriés revendiquaient avec insistance le droit de vote. Ils auront droit à plus que ce qu’ils souhaitaient avec les décisions d’extrême importance prises par le Souverain et annoncées lors du discours de dimanche 6 novembre 2005 commémorant le trentième anniversaire de la Marche Verte.
Sa Majesté le Roi, dont le discours a été réservé, pour une grande partie, aux Marocains de l’étranger, a décliné quatre décisions liées les unes aux autres puisque visant à donner à ces derniers un plus grand rôle dans la vie politique du pays.

Ainsi, les Marocains résidant à l’étranger auront le droit de se faire représenter, de « façon appropriée, réaliste et rationnelle », indique le Souverain. Il ne sera donc pas question de quelques sièges MRE au sein de la contestée Chambre des conseillers comme cela aura été le cas entre 1984 et 1992 avec un total de cinq sièges MRE.
La deuxième décision du Souverain, explicitant plus la première, matérialise cette forme de représentation qui passera par le biais de circonscriptions législatives qui seront créées à l’étranger et où les Marocains auront droit d’élire et se faire élire. La troisième décision royale accorde le droit de vote et de candidature aux nouvelles générations à l’instar de ce qui a été initié à l’intérieur du pays pour une « citoyenneté pleine et entière », comme l’affirme Sa Majesté le Roi Mohammed VI.
Lors de ce même discours, le Souverain a donné ses directives au gouvernement pour que ces trois décisions deviennent une réalité concrète. L’exécutif devra s’atteler, lors de la révision du Code électoral, à retenir la participation aux scrutins législatifs des Marocains résidant à l’étranger. Ce chantier de la révision du Code électoral sera ébauché dès que le Parlement aura adopté le projet de loi sur les partis politiques. Ce dernier projet a déjà été voté à l’unanimité à la première Chambre quelques jours seulement après l’ouverture de la présente session automnale. Une deuxième lecture, par la même chambre, paraît exclue.

La quatrième décision, et non des moindres, est porteuse d’une bonne nouvelle pour nos concitoyens expatriés. Ces derniers auront droit à un conseil supérieur présidé par Sa Majesté le Roi Mohammed VI qui veillera, en plus, à en désigner une partie des membres. Le reste, promet le Souverain, sera choisi « de façon démocratique et transparente, et bénéficiant de toutes les garanties de crédibilité, d’efficience et de représentativité authentique. », selon les termes de Sa Majesté le Roi.
Le droit de vote est une assez vieille revendication des Marocains résidant à l’étranger et notamment d’une grande partie d’entre eux vivant en Europe. Plusieurs initiatives ont été entreprises avant les dernières élections législatives de septembre 2002, mais sans résultat. Les milieux des RME, notamment en France et en Belgique, n’arrivaient pas à admettre l’argument attestant d’une faisabilité techniquement impossible. Ils donnaient, pour contre-exemples, les expériences de pays qui nous sont très proches comme la France, l’Algérie ou encore la Mauritanie.
Fin septembre dernier (cf. ALM du 28/09/2005), des collectifs de Marocains résidant à l’étranger lançaient une pétition sur Internet pour demander, de nouveau, le droit de vote. La pétition, qui devait atterrir en définitive chez Driss Jettou, reprend une série de griefs faits autant au gouvernement qu’à la classe politique marocaine. Les initiateurs de cette pétition s’estiment lésés, en général, dans les droits que leur confèrent Constitution et citoyenneté. Aux partis politiques, ils reprochaient une certaine « frilosité » qu’ils disent injustifiée.
Aujourd’hui, avec les décisions royales annoncées dimanche, le tort est levé et l’injustice réparée.

Le nombre des Marocains résidant à l’étranger est estimé à plus de trois millions avec une grande concentration dans les pays d’Europe occidentale et notamment en France, en Espagne et en Belgique. Désormais, ils auront la possibilité de pleinement participer à la prise de décisions politiques comme ils ont toujours contribué à l’essor économique du Maroc. En effet, cette communauté, restée très attachée à son pays natal, se distingue par ses importants transferts en devises qui croissent d’année en année.

Mohamed Boudarham - Aujourd’hui le Maroc

  • Le Roi octroie le droit de vote aux MRE

    SM le Roi Mohammed VI a annoncé, dimanche, Sa décision de "conférer aux Marocains résidant à l'étranger, la possibilité de se faire dûment représenter à la Chambre des Représentants, de façon appropriée, réaliste et rationnelle".

  • Tous les MRE seront pris en compte et auront les mêmes droits

    Pas de doublon entre le nouveau Conseil supérieur des MRE et les autres organes existants. Les travaux pour assurer la représentativité ont déjà commencé. Dès 2007, les MRE pourront voter et se faire élire.

  • Les MRE faiseurs de majorité parlementaire ?

    Après 13 ans d'absence sur le champ politique, ils accèdent de nouveau au droit au vote et à la députation. En tenant compte de leur poids démographique, ils pourraient avoir 10% des sièges à la Chambre des représentants.

  • Vote des MRE : réactions

    Plusieurs acteurs associatifs représentant la communauté marocaine en Espagne se sont félicités, lundi, des décisions annoncées, la veille, par S.M. le Roi Mohammed VI concernant les Marocains résidant à l'étranger (MRE), estimant que ces décisions sont à même de faire des MRE un co-partenaire essentiel dans le processus de modernisation et de développement du pays.

  • Vote des MRE : réactions du comité Kalima

    Les membres du comité Kalima reconnaissent unanimement la pertinence des décisions concernant la communauté marocaine à l'étranger annoncées par S.M le roi Mohamed IV à l'occasion de 30ème anniversaire de la marche verte.

  • RME : un Dahir pour le Conseil supérieur

    Le projet de Dahir pour le Conseil supérieur de la communauté marocaine à l'étranger est fin prêt. Annoncé en novembre 2005, ce conseil comprendra trois catégories de membres dont des élus au suffrage universel direct.

  • MRE : un Conseil pour remplacer le ministère ?

    Y aura-t-il encore besoin d'un département ministériel dédié à la communauté marocaine de l'étranger ? Avec la création du Conseil supérieur de la communauté marocaine à l'étranger, le ministère de Nezha Chekrouni perd en quelque sorte de son utilité.

  • Marocains reconnus entièrement

    De plus ce nouveau potentiel d'électeurs de par ses exigences, peut « tirer vers le haut » nos politiques et servir de moteur -y compris- à notre jeunesse du Royaume qui a déserté le chemin des urnes.

  • Les RME, une composante essentielle du nouveau Maroc

    La ministre déléguée chargée des Marocains résidant à l'étranger, Mme Nezha Chekrouni, a affirmé que les Marocains résidant à l'étranger reste une composante essentielle du nouveau Maroc, soulignant leur contribution au développement du Royaume.

  • Intégration politique des MRE, les premières ébauches

    En attendant le nouveau code électoral qui devra préciser les modalités de la participation des Marocains résidents à l'étranger au prochaines élections législatives 2007, notamment en ce qui concerne le découpage électoral, le nombre de sièges au Parlement qui sera accordé, le procédé de vote entre autres questions, les associations des MRE et autres amicales sont à l'œuvre pour accompagner cette première expérience et contribuer à sa réussite.