Vaccin anti-Covid : le Maroc et l’Algérie se livrent une rude concurrence
À l’heure où la vaccination contre le coronavirus est une préoccupation majeure, le Maroc et l’Algérie se livrent une rude concurrence. Chacun d’eux veut accroître son influence politique et commerciale sur le continent africain.
Le Maroc est le premier pays africain à lancer la campagne de vaccination contre le nouveau coronavirus après avoir réceptionné 2 millions de doses du vaccin développé par le laboratoire britannique Astrazeneca et 500 000 vaccins du laboratoire chinois Sinopharm. Ce dernier est, pour l’instant, utilisé. « Nous sommes le premier pays africain à lancer une campagne nationale gratuite de vaccination », déclarent à RFI des responsables marocains.
Quant à l’Algérie, elle a reçu 500 000 doses du vaccin russe, Spoutnik V, et a démarré sa campagne de vaccination, ce samedi. Alger et Rabat avaient entre-temps commandé le vaccin chinois. Mais une polémique sur son efficacité a amené les autorités algériennes à se raviser. Malgré cela, la presse algérienne a porté des critiques à l’encontre de la Chine, qui « a laissé tomber son allié historique pour se tourner vers le Maroc ».
Si le royaume a coupé l’herbe sous le pied de son voisin, une autre bataille est en vue. Il s’agit de la fabrication et de la commercialisation des vaccins en Afrique de l’Ouest. D’ores et déjà, les autorités marocaines ont obtenu un contrat de transfert de technologie et la fondation d’une usine au Maroc avec le partenaire chinois. Elles prévoyaient de distribuer également le vaccin russe. Seulement, elles redoutent que l’Algérie n’ait obtenu l’accord de Moscou pour distribuer Spoutnik V en Afrique.