Attaque à Paris : "Je voulais être un héros et je me suis retrouvé derrière les barreaux"

- 07h20 - France - Ecrit par : Sébastien A.

Alors qu’il a tenté d’arrêter le principal suspect de l’attaque au hachoir survenue, le 25 septembre devant les anciens locaux de Charlie Hebdo à Paris, Youssef, le "deuxième suspect" s’est retrouvé en cellule avant d’être libéré dans la nuit de vendredi à samedi. Un événement qui restera gravé dans sa mémoire.

"J’étais en train d’entrer dans ma voiture, quand j’ai entendu les cris d’une femme. Je regarde dans mon rétroviseur pour voir ce qui se passe, puis je sors de ma voiture et j’entends cette fois un homme qui crie : ’Non, non, non !’ À ce moment-là, je vois un mec suspect qui court en direction du métro Richard-Lenoir, je suis parti directement pour le suivre", raconte-t-il au journal Le Monde.

Pour lui, il est clair qu’il s’agit d’une agression. "Je me suis retrouvé sur le quai d’en face, je le vois de l’autre côté. Je lui ai dit : ’Toi, reste là !’, j’ai fait comme un flic", s’amuse-t-il. L’assaillant prend la direction du bon quai. Youssef arrive et lui demande ce qu’il a fait. Il sort une lame de cutter. "Il m’a dit quelque chose, mais je n’ai rien compris. Je crois qu’il ne parlait pas le français. Il était étonnamment calme. C’est comme s’il attendait tranquillement le métro. Il est monté dedans sans agresser personne et il est parti en direction de Bastille."

Alertée, la police arrive sur les lieux. Le jeune explique la situation à un agent. "Ensuite, je voulais aller voir les victimes, mais un policier m’a dit : ’Tu dégages !’ J’ai raconté que j’avais suivi le mec. Ils m’ont d’abord dit de laisser mon numéro de téléphone. Ensuite, un policier m’a dit de me mettre contre le mur, il m’a fait une fouille. Un de ses collègues lui a dit de me lâcher, que je n’avais rien fait."

Alors que Youssef est allé chercher son portefeuille avec sa pièce d’identité pour pouvoir témoigner, sa photo circulait. Il est présenté comme un deuxième suspect. Les choses se compliquent pour le jeune homme. Les agents de la Préfecture de police de Paris l’interpellent. "Ils m’ont emmené dans le métro. Ils m’ont demandé de regarder en direction des caméras pour prendre mon portrait, ils m’ont aussi pris en photo avec leurs téléphones. Puis ils m’ont mis des menottes", poursuit-il.

Youssef est placé en cellule dans les locaux de la police judiciaire, dans le 17e arrondissement. Pendant ce temps, le principal suspect a été arrêté. Le jeune homme d’origine algérienne sera libéré dans la nuit de vendredi à samedi après avoir été totalement mis hors de cause. Une source policière haut placée confie : "Son récit est tout à fait crédible, il n’est pas du tout connu de nos services".

  • Manuel Valls s'en prend encore à l'Islam

    L'ex-Premier ministre, Manuel Valls réitère son appel à combattre l’islam politique suite à l’attaque terroriste survenue, vendredi 25 septembre, devant les anciens locaux de Charlie Hebdo à Paris.

  • Un livre dévoile le racisme au sein de la police française

    Le journaliste Valentin Gendrot, 32 ans, partage deux années d’infiltration dans la police parisienne. C’est dans Flic, où le reporter fait vivre entre autres, Violences, insultes racistes et homophobes, mais aussi (…)

  • Karim, 40 ans, tué à Ivry-sur-Seine

    Alors qu’il s’apprêtait à partir en vacances avec sa fille, Karim, 40 ans, a été tué par balle sur le parking de la résidence de ses parents à Ivry-sur-Seine. Le présumé meurtrier et son chauffeur font face à la justice.

  • Mort d’Aurélie Didi : le suspect en fuite au Maroc condamné

    Le tribunal de Soissons a condamné, jeudi, le Marocain soupçonné de la mort d’Aurélie Didi à cinq ans de prison et une amende de 7000 euros. Il dispose de 10 jours pour faire appel.

  • Gérald Darmanin écourte sa visite au Maroc

    Le ministre français de l’Intérieur, en visite de travail au Maroc, est rentré en urgence sur Paris le vendredi 16 octobre, suite à l’attentat perpétré contre un enseignant. La victime a été décapitée à (…)