
L’Algérie dénonce des « attaques féroces », le Maroc visé ?
L’Algérie affirme être la cible de campagnes médiatiques féroces visant à la déstabiliser en raison de fortes tensions avec la France et ses positions sur le conflit au Sahara...
Des lobbies pro-marocains sont accusés d’être derrière la campagne médiatique anti-algérienne qui a repris cette semaine en France, avec des thématiques comme l’immigration algérienne, Boualem Sansal, etc., en vue de faire perdurer la crise entre Alger et Paris, ouverte depuis juillet 2024, après la reconnaissance française de la marocanité du Sahara.
Selon TSA Algérie, les médias français, notamment ceux du groupe Bolloré, ont repris cette semaine leur campagne contre l’Algérie. Cette stigmatisation des Algériens aurait pris de l’ampleur avec la nomination de Bruno Retailleau au ministère de l’Intérieur en septembre 2023, quelques mois avant la reconnaissance française de la souveraineté du Maroc sur le Sahara en juillet 2024. Les tensions entre les deux pays se sont exacerbées après l’arrestation de l’écrivain franco-algérien d’extrême droite Boualem Sansal à l’aéroport d’Alger en novembre 2024, le renvoi réciproque de diplomates, l’interpellation d’un agent consulaire algérien en France et l’affaire de certains influenceurs, dont celle d’Amir Boukhors dit Amir DZ.
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« Pour exister politiquement en France, il faut attaquer l’Algérie et les musulmans », affirme un élu franco-algérien. À la manœuvre, Bruno Retailleau, soutenu par la droite, l’extrême droite et un groupe du parti Renaissance d’Emmanuel Macron. « Quand il s’agit de l’Algérie, il y a très peu de voix qui osent apporter la contradiction à ceux qui l’attaquent. Les pro-algériens sont devenus très minoritaires », fait observer un spécialiste des relations franco-algériennes. « À chaque fois qu’on tente d’aborder certains sujets, c’est extrêmement compliqué, et encore plus quand il s’agit de l’Algérie », constate la députée Sabrina Sebaihi dans un entretien à la chaîne YouTube de l’Union Algérie.
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Retailleau justifie son discours anti-algérien par le refus d’Alger de reprendre ses ressortissants faisant l’objet d’une Obligation de quitter le territoire français (OQTF), le ministre de l’Intérieur est soutenu par les nostalgiques de l’Algérie française et des figures ouvertement hostiles à l’Algérie, dont des Franco-Algériens. « Les gens hostiles à l’Algérie parlent maintenant à visage découvert, les médias leur ont ouvert les portes, ce qui n’était pas le cas auparavant. Ces gens sont rejoints par les opportunistes qui tentent d’utiliser l’Algérie pour exister politiquement », développe un Franco-algérien, spécialiste des relations entre Paris et Alger.
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À l’en croire, des lobbys pro-marocains et pro-israéliens se seraient joints à cette campagne. « En France, le logiciel anti-algérien est entretenu par des lobbies hostiles qui cherchent notamment à infléchir la position de l’Algérie sur la question palestinienne », analyse-t-il, rappelant que des pro-israéliens comme Olivier Pardot, avocat de Benyamin Nétanyahou, et Éric Zemmour, ont qualifié récemment l’Algérie « d’Iran du Maghreb », appelant à « combattre ce pays tous les jours ». Dans le même temps, l’avocat a exprimé son soutien à la marocanité du Sahara.
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