Libye, l’enfer pour les émigrés clandestins marocains

- 15h29 - Maroc - Ecrit par : Bladi.net

Alors que l’Union européenne et l’Union africaine discutaient, en Libye, de l’émigration, une association marocaine dénonce le pays de Kadhafi.
"Qu’on me rende le corps de mon fils !". Ce cri de désespoir est celui du père d’Aydouni Mohamed, un jeune Marocain qui s’est rendu en Libye, il y a trois ans, dans l’espoir de passer plus tard, clandestinement, en Italie. À 28 ans, Mohamed croyait dur comme fer à ses chances, au point de payer 4 000 euros à un passeur, membre de sa propre famille. Il n’est pas revenu et, officiellement, il est considéré comme mort. Malgré des recherches en Libye, ses parents ne parviennent pas à trouver son corps. Ils accusent les autorités libyennes de l’avoir liquidé et le passeur de continuer à sévir en toute impunité.

Les parents de Mohamed ne sont pas seuls dans ce cas. De nombreuses familles sont sans nouvelle d’un fils, d’une fille, d’un frère ou d’une sœur, tous partis vers la Libye dans l’espoir d’entrer coûte que coûte en Italie. Et c’est au moment où, la semaine dernière, l’Europe et l’Afrique tenaient une conférence ministérielle sur les migrations, à Tripoli, sous la présidence libyenne, que l’Association marocaine des familles et des amis des victimes de l’immigration clandestine (Afvic) rendait publics une soixantaine de témoignages. Parmi eux, ceux de quelques rescapés de l’aventure libyenne.
Tandis qu’à Tripoli, la conférence concluait que "la migration illégale ne doit pas être abordée uniquement sous l’angle de la sécurité", à Casablanca, Khalil Jemmah, président de l’Afvic, dénonçait : "Près de 750 migrants marocains et un nombre encore plus important d’Africains subsahariens sont jetés, sans procès, dans les centres de détentions libyens". Et d’évoquer des cas de torture et de spoliation de biens de ces migrants "clandestins". Selon lui, des éléments des forces de l’ordre libyennes sont responsables de ces actes. Khalil Jemmah dénonce également des cas de viol de jeunes émigrées en situation irrégulière, dans des centres de détention.

Mohamed Zainabi - Le Messager

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