Arrivé du Maroc à 3 ans, adopté par une Française, il est menacé d’expulsion à 20 ans
Arrivé en France à 3 ans et élevé par une Française, un jeune Marocain se retrouvait menacé d’un retour vers un pays où il affirme n’avoir aucune attache. Une juge de Toulouse a ordonné sa libération après avoir relevé plusieurs erreurs de la préfecture.
« Je parle même pas leur langue. » Lors de son audition, ce jeune Marocain décrit le pays qu’il a quitté enfant. Recueilli par une Française dans le cadre d’une kafala, il vit auprès d’elle depuis son arrivée en 2009 et a effectué toute sa scolarité en France.
En 2025, il obtient un baccalauréat professionnel en maintenance industrielle. Il a également travaillé dans l’équitation et préparait une alternance pour la rentrée 2026. Mais son titre de séjour expire le 8 mai, alors que des démarches de renouvellement sont engagées. Son projet professionnel se retrouve bloqué.
Le 2 octobre, après une garde à vue pour le vol présumé de la voiture de sa mère et une conduite sans permis, le préfet du Var lui impose de quitter la France sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Il est placé en rétention administrative.
La préfecture avait écarté toute son histoire
L’administration réclame ensuite 26 jours supplémentaires de rétention. Face à cette demande, le jeune homme produit ses certificats de scolarité, son diplôme, son ordonnance de kafala et les justificatifs de sa vie familiale. Son parcours figurait déjà dans l’audition dont disposait la préfecture.
Dans son ordonnance du 7 octobre 2026, le tribunal judiciaire de Toulouse relève que l’arrêté préfectoral ignore ces informations essentielles. Il mentionne aussi des antécédents judiciaires que la juge qualifie de « totalement erronés » : l’intéressé était inconnu de la justice.
La magistrate constate une erreur manifeste d’appréciation, déclare son placement en rétention irrégulier, refuse les 26 jours demandés et ordonne sa mise en liberté. L’OQTF fait l’objet d’un autre recours, sur lequel une décision du tribunal administratif était attendue le 8 octobre.