Bidonville de Madrid : Pas de relogement prévu

- 23h52 - Espagne - Ecrit par : L.A

David Lucas, porte-parole du groupe municipal du parti socialiste espagnol (PSOE), a dénoncé publiquement les agissements du maire de Madrid sur l’affaire de Canada Real. Ancien candidat à la municipalité, il travaille actuellement sur le dossier du bidonville madrilène avec son parti afin d’essayer de trouver une solution aux 30.000 personnes qui y vivent et majoritairement marocaines.

Depuis la capitale espagnole, Lucas déclare à L’Economiste que la démolition des 2.000 logements indécents est inévitable. Rappelons que la première opération de destruction du bidonville de Canada Real avait tourné à l’affrontement entre les forces de l’ordre et les habitants. Depuis, le jugement, permettant l’expulsion et la démolition de la zone, a été suspendu pour quelques jours. Normalement, les habitants doivent être fixés sur leur sort dès aujourd’hui, ce qui n’est pas gagné d’avance.

Pour quelles raisons la mairie a-t-elle décidé de démolir le bidonville de Canada Real lorsque l’on sait qu’il existe depuis 40 ans ?

Il y a un jugement qui permet au maire de raser la zone. Le dossier d’instruction était déjà en cours depuis quelques années, on attendait juste le verdict. Par ailleurs, le maire avait prévu dans sa campagne d’éradiquer les bidonvilles de Madrid, c’est pour cette raison que beaucoup de Madrilènes soutiennent cette action même si les moyens employés laissent à désirer. Cette « bataille »aurait pu être évitée si la mairie avait pris les mesures nécessaires pour reloger les habitants bien avant de laisser pourrir la situation.

Est-ce que les personnes qui vont être délogées auront droit à un autre logement ?

Justement non, rien n’est prévu jusqu’à ce jour. Beaucoup sont illégales certes, mais ce sont néanmoins des personnes à part entière et ce n’est pas normal. Le Parti Populaire n’a tout simplement pas tenu ses engagements envers les citoyens. Tout le monde est d’accord pour avoir « zéro bidonville » à condition de fournir aux populations ciblées un logement décent. En plus de cela, le comportement de la police était intolérable lorsqu’elle a commencé à procéder à l’expulsion. Beaucoup de personnes se sont plaintes de mauvais traitements. Personnellement, je leur transmets ma solidarité même si je respecte la justice de mon pays.

Savez-vous quelque chose du verdict final ? Que pensez-vous que la juge va décider ?

On n’ a toujours pas de réponse définitive mais je sais que la démolition va continuer. Le jugement en a décidé ainsi. On ne peut revenir sur une décision de justice, aussi violentes soient les conséquences.

Selon la ministre du Logement, Carme Charcon, cette mesure va s’étendre à tout le pays, vous confirmez ?

Je ne peux rien vous confirmer mais je sais que c’est quelque chose qui se discute actuellement. S’il y avait eu une déclaration officielle, les journaux en auraient déjà parlé. Il faut d’abord résoudre le cas de Madrid avant de s’attaquer au reste. Cela est déjà très compliqué à gérer.

L’Economiste - Vanessa Pellegrin

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