En France, 85% des défunts du Maghreb enterrés dans leurs pays d’origine

- 13h02 - France - Ecrit par : L.A

Une circulaire, que Michèle Alliot-Marie, ministre de l’Intérieur, s’apprête à signer cette semaine, encourage les maires à développer les carrés confessionnels dans les cimetières. Ce texte auquel Le Figaro a eu accès, ne change pas les règles, mais se veut nettement plus incitatif.

Si les cimetières sont des espaces laïcs soumis à la loi de 1887, le maire, par son pouvoir de police, est autorisé à désigner l’endroit où les défunts seront inhumés et donc à créer de fait des carrés. Une circulaire de 1991 précise que ces carrés ne doivent pas être séparés par des barrières et que seules les tombes peuvent porter des symboles religieux. Le nouveau texte ne modifie pas ce cadre, mais se veut un signe politique envoyé aux élus, à quelques semaines des municipales. Car la demande est en pleine explosion, marquant un phénomène de fond.

Par le passé, la majorité des immigrés du Maghreb étaient enterrés dans leur pays d’origine. Par fidélité à leurs racines comme par tradition religieuse, l’islam recommandant de reposer en terre musulmane. Jusqu’à récemment, les Algériens se cotisaient au sein d’amicales pour financer ce retour. Mais ces structures se délitent et rendent le rapatriement du corps plus complexe et onéreux. Le gouvernement tunisien finance lui le retour des dépouilles, ­tandis que les Marocains souscrivent des assurances spécifiques auprès des banques. 85 % des défunts originaires du Maghreb sont encore enterrés au pays, selon une étude menée par le Fonds d’action et de soutien pour l’intégration et la lutte contre les discriminations (Fasild).

« Les familles ont fait souche en France »

Mais les temps changent. « Les enfants de la deuxième ou troisième génération veulent avoir leurs parents inhumés près d’eux, et non au bled », explique Mohamed Bechari, un des dirigeants du Conseil français du culte musulman (CFCM). Un signe d’intégration selon lui. « Les familles ont fait souche en France », insiste Dalil Boubakeur recteur de la Mosquée de Paris, qui estime que 60 % des personnes d’origine algérienne veulent maintenant reposer en France.

Mais l’enterrement dans l’Hexagone demande quelques aménagements. Les musulmans doivent être mis en terre pour toujours et refusent donc les concessions temporaires qui se pratiquent dans la majorité des cimetières français. D’autre part, ils doivent reposer entre pairs, le visage tourné vers La Mecque.

Lorsqu’ils sont sollicités par la famille du défunt, les maires doivent tenter de trouver une solution. Ils n’y sont pas obligés. Si certains sont encore réticents à créer des carrés confessionnels, la plupart sont de bonne volonté, mais se heurtent à des problèmes fonciers. Car il est difficile de dégager de la place et de la réserver pour des musulmans ou des juifs, qui réclament également davantage d’espaces confessionnels. Les anciens carrés juifs sont pleins. Et la majorité des juifs souhaite reposer en France, le phénomène d’inhumation en Israël restant très marginal.

Pour résoudre la pénurie de carrés, un récent rapport du Sénat propose de créer des cimetières confessionnels privés. Tandis que la commission Machelon, chargée du toilettage de la loi de 1905, évoque cette possibilité, sans clairement la préconiser. Les organisations musulmanes n’y sont pas favorables. Car la gestion et les coûts seraient élevés. Il faudrait par ailleurs changer la loi de 1887 pour créer ces espaces privés.

Source : Le Figaro

  • Elections tendues chez les musulmans de France

    Le Conseil français du culte musulman (le CFCM), l'organe censé représenter les musulmans de France renouvèle ses instances aujourd'hui. Incapables de surmonter leurs antagonismes, certaines fédérations ont décidé de boycotter le scrutin. L'évènement risque de ne pas passionner les cinq millions de musulmans de France.

  • Mohammed Moussaoui, nouveau président du CFCM

    Mohammed Moussaoui, vice-président du Rassemblement des musulmans de France (RMF), a été élu, dimanche 22 juin, président du Conseil français du culte musulman (CFCM). Marocain d'origine, cet homme de consensus est agrégé de mathématiques, maître de conférences à l'université d'Avignon. Il siège au conseil d'administration du CFCM depuis sa création en 2003.

  • L'immigration choisie de Sarkozy avance au ralenti

    es chiffres, les vrais. D'après le rapport statistique que le Haut Conseil à l'intégration (HCI) présente en exclusivité à « 20 Minutes », avant de le rendre public aujourd'hui, 184.134 immigrés sont entrés légalement en France en 2006, soit autant que l'année précédente. Signe que l'immigration régulière est davantage contrôlée que limitée.

  • Les Marocains de la bataille municipale française

    C'est durant la campagne présidentielle que les Français ont découvert les visages d'hommes et femmes politiques issus de la diversité, dont ceux de Rachida Dati et Najat Vallaud-Belkacem, que certains appellent les « atouts charme » de l'UMP et du Parti socialiste. Aujourd'hui, elles sont en lice pour les élections municipales. Elles ne sont pas les seules.

  • 3ème Panorama des Cinémas du Maghreb à Saint-Denis

    La Cinémathèque de Tanger aura carte blanche au 3ème Panorama des Cinémas du Maghreb, prévu du 9 au 13 avril prochain à Saint-Denis. Le Panorama des Cinémas du Maghreb propose un rendez-vous annuel pour explorer et tisser des liens avec cette cinématographie complexe qui s'invente entre plusieurs pays et qui trouve son inspiration à la fois dans le monde contemporain et dans la permanence de son identité.

  • La France fixe à 26.000 le nombre de reconduites à la frontière en 2008

    Le Premier ministre français François Fillon a annoncé que 26.000 sans-papiers seront reconduits à la frontière dans le cadre de la politique de lutte contre l'immigration clandestine. "On s'était fixé un objectif de 25.000 reconduites à la frontière en 2007. On est à 24.000. L'objectif est de 26.000 pour 2008", a t-il déclaré.

  • Les saisonniers Marocains se révoltent dans les Bouches-du-Rhône

    21 travailleurs agricoles, venus essentiellement du Maroc et de la Tunisie, viennent de saisir le tribunal administratif de Marseille. Leur statut de saisonnier ne leur donne que peu de droits alors que certains travaillent en France depuis plus de 25 ans. Ils veulent obtenir une carte de séjour de salarié.

  • Rabat et Paris veulent une émigration professionnelle

    Rabat et Paris se doivent d'étudier ensemble les possibilités d'une émigration vers la France dans un cadre professionnel bien établi, a affirmé, mercredi, le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, Taieb Fassi Fihri.

  • L'islam de France se démocratise…

    L'élection du président du Conseil français du culte musulman aura lieu le dimanche 22 juin 2008. Mohammed Moussaoui, originaire du Maroc, est le candidat du Rassemblement des musulmans de France. S'il est élu, il succèdera au célèbre médecin Dalil Boubakeur, originaire d'Algérie et recteur de la non-moins célèbre Grande Mosquée de Paris. Faudra-t-il voir dans ces élections une victoire du Maroc sur l'Algérie ou tout simplement une expression de la réalité du paysage cultuel musulman de France ?

  • Le Rassemblement des musulmans de France remporte les élections du CFCM

    Les Marocains du Rassemblement des musulmans de France ont remporté dimanche 43,24% des voix aux élections pour le renouvellement des instances du Conseil français du culte musulman, a annoncé son vice-président Fouad Alaoui.