Après la disparition de 150 000 entreprises, les petites entreprises marocaines réclament un impôt à 10 %
Après avoir recensé la disparition de 150 000 entreprises entre 2022 et 2025, la Confédération marocaine des TPE-PME interpelle les partis politiques. Elle réclame notamment un impôt limité à 10 %, la fin de certaines pénalités et un meilleur accès aux marchés publics.
À l’approche des élections de 2026, la Confédération marocaine des TPE-PME change de méthode. Elle ne veut plus se contenter de réunions avec les partis, mais leur demande de répondre publiquement et précisément à un mémorandum comprenant treize revendications.
Son président explique à Al3omk que les petites entreprises entendent obtenir des engagements mesurables, afin de pouvoir vérifier leur application après les élections. Il estime que les promesses faites aux entrepreneurs pendant les campagnes électorales sont trop souvent abandonnées une fois les scrutins terminés.
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La principale revendication fiscale porte sur l’instauration d’un taux d’impôt sur les sociétés de 10 % pour les très petites entreprises. La Confédération demande également l’annulation des pénalités de retard qui pèsent sur ces structures et une réforme de leur accès au financement bancaire.
Elle souhaite par ailleurs que les cotisations sociales des entreprises nouvellement créées soient adaptées à leurs capacités financières réelles, notamment durant leurs premières années d’activité.
Les petites entreprises réclament leur part des marchés publics
La Confédération exige aussi l’application effective du quota de 20 % des marchés publics théoriquement réservé aux petites et moyennes entreprises. Elle considère que cette disposition reste insuffisamment appliquée et que les TPE sont encore largement écartées de la commande publique.
Autre demande : la création d’une agence baptisée « Maroc TPE », qui serait chargée d’accompagner spécifiquement les très petites entreprises, de faciliter leur financement et de soutenir leur transformation. L’organisation professionnelle souhaite également favoriser le passage des activités informelles vers le secteur déclaré par des mesures incitatives, et pas seulement par des sanctions.
Ces revendications interviennent après la publication, en mars, d’un rapport de la Confédération intitulé « Le moteur enrayé – Les 12 vérités structurelles des TPE marocaines ». L’organisation y estimait qu’environ 150 000 entreprises, principalement des TPE, avaient cessé leur activité ou disparu entre 2022 et 2025.
Ce chiffre provient donc de la Confédération et ne correspond pas à un décompte officiel des faillites judiciaires. Il est néanmoins utilisé par l’organisation pour alerter sur la fragilité persistante des petites entreprises marocaines, confrontées aux difficultés de financement, aux retards de paiement et à la pression fiscale.
La Confédération assure qu’elle ne soutiendra aucun parti et ne donnera aucune consigne de vote. Elle entend en revanche publier les réponses reçues et suivre les engagements pris, afin que les petites entreprises puissent comparer les programmes avant les élections et demander ensuite des comptes aux formations élues.