Mort de Medhi Narjissi : ses parents accusent la Fédération

- 18h00 - Sport - Ecrit par : S.A

Quelques semaines après la disparition de leur fils, les parents du rugbyman français Medhi Narjissi, joueur du Stade toulousain formé à Agen, âgé de 17 ans, sont toujours sous le choc. Ils livrent un témoignage poignant et tiennent la Fédération française de rugby (FFR) pour responsable de ce qui s’est passé au cap de Bonne-Espérance, en Afrique du Sud, le 7 août dernier.

Les parents de Medhi Narjissi ont du mal à faire le deuil. Emporté par les forts courants à Diaz Beach, près du Cap de Bonne-Espérance, en Afrique du Sud le 7 août dernier alors que les joueurs étaient en séance de récupération, le jeune joueur du Stade toulousain n’a plus donné signe de vie et son corps n’a jamais été retrouvé. Jusque-là, les recherches intensives mises en place par les autorités locales s’avèrent infructueuses. Après des heures d’auditions à la police du commissariat d’Agen, Jalil, le père du rugbyman français, Valérie, sa mère et Inès Narjissi, sa grande sœur, se prononcent pour la première fois sur l’affaire lors d’une conférence de presse. Ils ont exprimé leur dépit. « Tous les matins, on survit, tous les trois. C’est innommable la douleur qu’on peut avoir de perdre un enfant. Et ça n’aurait jamais dû arriver, surtout pas dans ces conditions », raconte Valérie. Son mari confie : « Il était 17 h 59 quand il (Florian Grill, le président de la Fédération Française de Rugby, NDLR) a dit qu’il s’était passé un accident et que Medhi avait été emporté par une vague. Et après tout s’arrête ».

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Le père de famille connait Diaz Beach : « C’est une des plages les plus dangereuses d’Afrique, avec des vagues énormes, des courants qui vous emportent et balayent le sable sous vos pieds. J’y suis allé dans l’eau, c’est inimaginable. […] Il y a des vagues de 4 m toutes les cinq secondes, ce n’est pas possible d’y mettre des enfants ». Il tient Rémy Ladauge, le préparateur physique, pour premier responsable du drame. « C’est lui qui prend la décision de mettre les enfants dans l’eau, de sa propre initiative, selon le rapport que j’ai eu avec les inspecteurs sud-africains. Il était le seul dans l’eau, en tenu de néoprène. Nos enfants étaient en slip », souffle Jalil Narjissi. Il exprime son incompréhension : « Je n’arrive pas à comprendre ce qui lui est passé par la tête. » Le père de Medhi Narjissi estime que cette incursion dans l’eau était préparée. « Le préparateur physique avait une bouée, sa tenue en néoprène, ce n’était pas pour rester sur le sable », lance-t-il.

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Jalil pointe aussi la responsabilité des membres de l’encadrement. « Ils étaient douze encadrants au total, dont huit sur la plage. Le manager quand il est arrivé, il aurait enlevé son t-shirt pour les rejoindre. Personne n’a dit stop pourquoi le manager, même s’il n’était pas au courant, en voyant les enfants dans l’eau, n’a pas ordonné qu’ils sortent de l’eau ? », s’agace-t-il. La mère de Medhi assène : « Nous avons confié notre enfant de 17 ans à une institution, l’élite. Son maillot, mon fils, il l’embrassait, tellement il en était fier. S’ils veulent faire quelque chose d’extraordinaire, qu’ils le fassent, mais pas avec nos enfants ». Elle s’étonne que le staff présent n’ait pas pris conscience qu’il encadrait des enfants. « Ce sont des joueurs qui vivent quelque chose de fou, dans l’élite. Qui va dire non pour aller dans l’eau si on le leur demande ? Pas notre fils. Lui, il voulait être le meilleur. Résultat, il a écouté un adulte qui a entrainé sa mort », raisonne-t-elle. Son époux a par ailleurs tenu à saluer la bravoure d’Oscar, coéquipier et meilleur ami de son fils. « Tous les enfants regardaient au loin deux silhouettes en train de se débattre. Il n’y a qu’Oscar, son coéquipier et meilleur ami qui a tenté de le sortir de l’eau. Il va mettre plus de 20 minutes », s’étrangle Jalil. « C’est notre héro même s’il n’a pas ramené, c’est le seul qui a tenté de le sauver », complète Valérie.

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Après avoir déposé une requête-plainte a en début de semaine dernière, auprès du parquet d’Agen, lieu de sa résidence, la famille Narjissi veut « des réponses, des coupables. » Elle s’attend à ce que les responsables « soient punis surtout. Ils sont tous responsables. Il faut qu’ils parlent, qu’ils expliquent pourquoi ils n’ont pas réagi. En cautionnant, ils sont coupables », martèle Jalil. Il espère qu’une information judiciaire soit ouverte.

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