Driss Jettou est-il mal parti ?

- 07h06 - Maroc - Ecrit par :

La nomination de Driss Jettou à la primature fut accueillie avec soulagement par la majorité des Marocains. La composition de son gouvernement en laissera sceptique plus d’un. Que le gouvernement n’ait pu être formé qu’au bout d’un mois de laborieuses tractations est de fort mauvais augure pour la qualité de son action future.

Bien que nous ayons été soigneusement tenus dans l’ignorance des négociations – voilà qui limite singulièrement les prétentions à la transparence de nos gouvernants – nous savons qu’elles n’ont pas porté sur les programmes et les politiques – ce qui eût été louable – mais sur les arbitrages entre les prétentions des partis et de leurs barons. Ce qui revient à dire que M.Jettou n’a pas hérité des personnalités les plus compétentes pour gouverner, mais des militants les plus influents. Sans parler des ministres qui ont déçu et qui ont été reconduits ou rappelés.

On voit mal ensuite comment M. Jettou pourra faire travailler un gouvernement pléthorique, véritable patchwork de toutes les sensibilités partisanes du pays, à la seule exception du PJD. A ne vouloir laisser aucune opposition à l’extérieur du gouvernement, on introduit la zizanie dans le gouvernement. Pour avoir une idée de ce qui nous attend, imaginez que la France soit gouvernée par une coalition de gaullistes et de socialistes ! Il ne restera plus à M. Jettou, en homme pragmatique qu’il est, qu’à former un cabinet fort qui fonctionne comme un gouvernement parallèle. Mais ceci est déjà une autre histoire.

Si, enfin, le nouveau Premier ministre commettait l’erreur de ne pas prendre d’emblée des mesures spectaculaires, fussent-elles symboliques, pour répondre au besoin urgent de renouveau du pays et marquer son territoire, il raterait son entrée sur scène et traînerait, à l’instar de son prédécesseur, une réputation indélébile de pusillanimité. On voit mal, malheureusement, comment il pourrait y échapper avec des ministres qui sont loin d’avoir le même sens des priorités.

M. Jettou serait-il mal parti ?

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