Les élections ne font pas peur aux investisseurs étrangers

- 00h47 - Maroc - Ecrit par : L.A

Les investisseurs étrangers au Maroc restent sereins face aux pronostics prédisant une victoire des islamistes modérés du Parti de la Justice et du Développement (PJD) aux élections législatives de vendredi.

"Inquiet ? Moi ? Mais pourquoi ? Nous sommes ici pour créer des richesses et les redistribuer. Tous les partis sont d’accord avec cela", affirme l’air faussement étonné, Jean-Marie Grosbois, directeur général du Groupe des Brasseries du Maroc.

Cet homme de 60 ans, qui a fait une partie de sa carrière en Afrique, est arrivé au Maroc en 2003 quand le groupe français Castel, spécialisé dans le vin, la bière et l’eau minérale, décide de racheter la majorité des parts des Brasseries du Maroc.

"Nous avons signé l’acte d’achat au lendemain des attentats de Casablanca, cela prouve bien que nous croyons dans ce pays", ajoute-t-il. Le 16 mai 2003, cinq attaques-suicides avaient fait 45 morts, dont 12 kamikazes, et des dizaines de blessés. Aujourd’hui, le groupe français possède quatre brasseries dans le royaume, des vignobles, et s’est récemment lancé dans l’huile d’olive.

"Nous exportons 90% de notre production de vin à l’étranger. Pour la bière, la consommation est locale mais si le Maroc veut avoir 10 millions de touristes en 2010, il va bien falloir les abreuver", souligne l’entrepreneur en faisant remarquer avec malice que les taxes sur les cigarettes et l’alcool représentent deux revenus importants pour l’Etat. "Les investisseurs s’intéressent avant tout aux résultats financiers et ne craignent pas de bouleversements dans ce pays", assure-t-il.

En 2006, les flux d’investissements directs étrangers au Maroc dépassent les 2,3 milliards d’euros, soit en moyenne 4,2% du PIB. La France arrive largement en tête avec 41% des flux, devant l’Espagne (20%), la Belgique et le Luxembourg (10%).

"Il n’y a pas de souci à se faire car les résultats des élections ne changeront pas l’économie. Ce pays continuera à attirer les investissements", assure également Luca Pezzani, secrétaire général de la Chambre de commerce italienne au Maroc. "En Turquie, l’AKP islamiste a contribué au développement économique et démocratique du pays, et le PJD marocain semble vouloir s’en inspirer, alors pourquoi s’en faire ?", ajoute-t-il.

Avec une centaine d’entreprises italiennes présentes au Maroc, l’Italie est le 4e partenaire commercial du royaume. "Un rééquilibrage des forces politiques avec une montée du PJD peut être positif car il veut moraliser la vie publique, ce qui est bon pour les affaires", estime pour sa part le Belge Quentin Lootjens, président de la Chambre de commerce belgo-luxembourgeoise. "En outre, c’est le roi qui fixe les grandes orientations du pays..., dit-il."

Même l’inscription de la charia (loi islamique) comme source principale de la législation marocaine dans le programme du PJD ne fait pas frémir les hommes d’affaires étrangers."J’ai toujours écouté avec amusement ceux qui prédisaient des choses terribles au Maroc et aujourd’hui je souris en écoutant ces Cassandres annonçant des drames", déclare Jean Luc Martinet, français né au Maroc et président de la Chambre française de commerce et d’industrie du Maroc.

"Il n’y aura pas de profondes modifications. Le PJD qui, me semble-t-il, est un parti honorable, va peut-être légèrement se renforcer. Mais de toute façon s’il veut rentrer au gouvernement, il devra faire alliance avec d’autres partis importants", conclut-il.

AFP

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