Investir au Maroc : Les atouts d’un pays en pleine transformation

- 08h00 - Maroc - Ecrit par : P. A

Considéré comme un pont entre l’Europe et l’Afrique, le Maroc continue d’attirer les investisseurs en raison de son économie en plein essor, porté par un tourisme dynamique, sa main-d’œuvre à bas coût et sa stabilité politique.

Le groupe de Harvard, dirigé par le professeur Pedro Nueno, s’est récemment rendu à Marrakech, destination touristique prisée par les retraités d’Europe et des États-Unis, pour explorer la réalité économique du royaume. Imed Laiti, directeur d’Expert Medical Opinion Maroc et consultant en entreprise, qui a accompagné plusieurs entreprises catalanes et espagnoles à s’installer au Maroc, note que le royaume « entretient une relation privilégiée avec les États-Unis », mettant en avant les exercices militaires African Lion que les deux pays coorganisent chaque année, et la reconnaissance par Donald Trump, dès son premier mandat, de la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental.

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Le Maroc attire de nombreux investisseurs étrangers, notamment israéliens, chinois, japonais et espagnols. Ces derniers investissent particulièrement dans les secteurs tels que le textile, l’automobile, les produits pharmaceutiques et l’ingénierie, indique-t-il dans un rapport cité par La Vanguardia. Des chaînes hôtelières espagnoles comme Barceló et NH, ainsi que des entreprises espagnoles de gestion des déchets, sont présentes dans le royaume. L’économie marocaine est caractérisée par des prix stables, une inflation annuelle de 2 % depuis 2009, une monnaie, le dirham, qui n’a pas fluctué depuis 25 ans, des accords de libre-échange avec différentes régions et différents pays, explique pour sa part Fatima Lahlou, d’African Partners, une société de conseil en investissement au Maroc.

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Fernando Casado, président d’Asepeyo et de la Fondation Formación y Futuro, qui connait bien le Maroc, prévient que dans le royaume, « les premières années ne sont jamais bonnes, sauf dans le secteur hôtelier. Il est problématique en termes de réglementation, d’enregistrement sanitaire par exemple, les autorisations prennent jusqu’à deux ans, mais si l’on persiste, il finit par offrir une bonne rentabilité ». Dans la même veine, Antoni Garrell, président de HM Hospitals de Catalunya, ajoute que certaines données sur le Maroc invitent à la prudence, évoquant « ses taux de pauvreté très élevés, le faible niveau des salaires, en particulier le salaire minimum, l’émigration qui reste élevée. Qu’est-ce qui a changé dans le pays au cours des 25 dernières années ? »

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Pour Josep Maria Romances, PDG de Closa Capital, une société de conseil aux entreprises familiales, « le Maroc d’aujourd’hui pourrait être comparé à l’Espagne des années 1960, avec une croissance spectaculaire et la création de nouveaux marchés. C’est une excellente opportunité pour les entreprises. » « Le Maroc, dans la mesure de ses moyens, développe par exemple une politique de logements sociaux offrant des appartements à des prix d’environ 25 000 euros qui, bien qu’élevés pour le niveau économique de la population, sont abordables et représentent une porte de sortie. En Espagne, sur ce point, la politique a échoué », déclare en outre Idefonso García Serena, publiciste et PDG de GRM.

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Francesc Fajula, directeur général de Mobile World Capital Barcelona, est plus optimiste. « Le Maroc m’a surpris positivement. Son économie a compensé sa faible productivité par la diversification. Il est en partie à l’écart des grandes révolutions technologiques, il utilise encore la technologie 4G, alors qu’à Taïwan, on utilise déjà la 5.5. Mais en même temps, elle est capable de produire près de 40 % de son électricité avec des énergies renouvelables et elle est déjà une puissante plaque tournante pour les centres de traitement de données qui offrent des services à l’Europe et à l’Afrique. » Dans le secteur pharmaceutique, le Maroc est le deuxième plus puissant d’Afrique et fournit jusqu’à 80 % des besoins de santé du pays, informe Jordi Cebrián, PDG d’Areafar, un laboratoire pharmaceutique.

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Le tourisme marocain séduit par ailleurs. Lidan Qi, CEO de Puente China, souligne que « le modèle touristique visible à Marrakech combine très bien des standards de qualité élevés, notamment dans son offre hôtelière, avec un maintien et un respect de la tradition du pays, dans le cas de son artisanat et de ses ambiances populaires, ce qui sera particulièrement compétitif à l’heure où les visiteurs veulent échapper à l’homogénéisation imposée par la globalisation ». Et Arantxa Calvera d’ajouter : « Les touristes recherchent aujourd’hui le local, l’authentique, le durable, la santé et le bien-être. Le Maroc offre beaucoup, la Catalogne aussi, et il faut aller plus loin ».

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