Le parlement européen épingle Madrid sur la situation des clandestins

- 00h41 - Espagne - Ecrit par :

La gestion scandaleuse du gouvernement Aznar du dossier des émigrés mineurs l’expose à de nouvelles critiques.

Le Parlement européen vient, en effet d’entériner, jeudi, son rapport annuel sur la situation des droit de l’Homme dans l’Union et qui contient des critiques très sévères envers le gouvernement espagnol pour le traitement qu’il s’obstine à réserver à ce dossier.
Le rapport du Parlement européen a “dénoncé la “grave situation” des mineurs non accompagnés demandeurs d’asile en Espagne, ainsi que les expulsions sommaires qui ne donnent droit à aucun recours”, rapporte l’agence Europa Press. Le rapport rédigé par l’eurodéputé de la “gauche unifiée”, Fode Sylla, fait ressortir dans ce sens, le cas du nombre élevé des enfants marocains expulsés du préside occupé de Mellilia, et incite l’Espagne à ratifier la convention européenne relative au rapatriement des mineurs.
L’Espagne se voit, de ce fait, invitée à modifier ses pratiques concernant les expulsions “parce que très fréquentes et s’inscrivent systématiquement en violation des droits de l’Homme et de la dignité humaine”. Le voisin ibérique est ainsi incité à être plus vigilant quant aux conditions qui entachent les différentes opérations d’expulsions collectives de mineurs et les pratiques de reconduction aux frontières par la force qui conduisent, des fois, à des incidents tragiques.
Il est à rappeler qu’après plusieurs critiques essuyées par le gouvernement espagnol de la part de plusieurs ONG de renommée internationale, pour sa gestion du dossier des mineurs non accompagnés vivant sur son territoire, plusieurs voix se sont élevées au sein même de la société espagnole pour dénoncer ces aberrations.
Hommes politiques et militants de la société civile ne cessent de soulever la situation dramatique de cette tranche de la population émigrée en Espagne. Les infractions sont flagrantes, et les responsables du gouvernement n’en continuent pas moins de mener obstinément cette politique ouvertement décriée par tout le monde. L’on constate, ne cessent de s’alarmer ces militants des droits de l’Homme, que bien que la loi espagnole garantisse plusieurs droits aux mineurs, dont celui d’avoir des papiers donc la régularisation automatique de leur situation, un accueil adéquat et autres, ces enfants continuent d’être traités comme des illégaux. Ces droits élémentaires sont bafoués, et les mineurs expulsés de leur pays d’accueil sans garantie aucune. La loi assure pourtant aux enfants mineurs le droit à ce que des enquêtes soient menées pour que soient identifiés et contactés leurs parents et le gouvernement espagnol doit s’assurer que ces mineurs seront accueillis dans les meilleures conditions une fois décidé leur retour dans leur pays, le Maroc.
Par ailleurs, une étude réalisée, entre février et juin de l’année dernière, par Médecins sans frontières, sur la situation de ces enfants au préside occupé de Sebta, a révélé l’extrême précarité de leurs conditions. Ils souffrent, affirme l’étude reprise par le quotidien El Mundo, de problèmes d’hygiène, de mal-nutrition, d’insécurité et d’absence de soins médicaux.
De plus, s’inquiète l’organisation MSF, la présence de ces enfants dans la rue n’est plus une situation conjoncturelle mais un problème permanent. De ce fait, prévient l’ONGAutres chroniques :
Un jour en société

, ces mineurs sont exposés à tout genre d’agressions et quelques-uns parmi eux souffrent déjà de problèmes liés à l’inhalation de solvants.
Cette réalité, constate l’organisation, n’a pas changé depuis la période de l’étude faute de volonté politique. Ainsi, assure le porte-parole de Médecins sans frontières au préside occupé, cité par le même quotidien, depuis février de l’année dernière, l’organisation tente de mettre en place un projet d’appui socio-médical en faveur de ce groupe d’enfants. Projet “dont la nécessité a été reconnue mais que les autorités locales ne veulent pas assumer”, mais n’ayant pu aboutir.
Une situation qui a été fortement critiquée par MSF qui condamne également ce manque de volonté politique de la part des autorités locales sous la tutelle desquelles se trouvent, selon la loi, ces enfants mineurs. Les responsables locaux doivent assumer, assure l’ONG, leur entière responsabilité quant à la “situation extrêmement précaire” de ces mineurs, et mettre en marche d’une manière urgente, un programme spécifique pour venir en aide à ce groupe très vulnérable.

Tahar Abou El Farah
libération - 7 septembre 2003

  • Mauvais traitement des mineurs immigrés en Espagne

    Angeles Ramírez, professeur d'anthropologie sociale de l'université de Madrid, vient de dénoncer, encore une fois, le mauvais traitement que subissent les émigrés mineurs en Espagne, rapporte Europa Press.

  • Madrid veut expulser les enfants arrivés clandestinement en Espagne

    L'Espagne semble avoir trouvé un début de solution à l'épineuse question des émigrés mineurs d'origine marocaine : les expulser. Et ce, sans aucune forme de procès et en toute “légalité”. L'exécutif vient, en effet, de recevoir le feu vert pour refouler tous les jeunes de plus de 16 ans. Les autorités judiciaires en ont décidé ainsi. Sur instruction du procureur général de l'Etat, informe Europa Press, ces mineurs non accompagnés seront désormais reconduits aux frontières sans grande difficulté ni “entraves”.

  • Espagne : Amnesty dénonce le traitement des mineurs marocains clandestins

    L'organisation de défense des droits de l'Homme Amnesty international s'est déclarée vendredi "très inquiète" des nouvelles modalités de rapatriement des Marocains mineurs par les autorités espagnoles et des arrangements à ce sujet entre gouvernements espagnol et marocain.

  • Rapatriement des mineurs marocains en situation irrégulière

    L'accord de rapatriement des mineurs marocains non-accompagnés interceptés en situation irrégulière en Espagne, signé, il y a quelques semaines entre les gouvernements des deux pays, continue de susciter le débat dans les milieux politiques et syndicaux espagnols.

  • Les mineurs marocains fuient des centres d'accueil en Espagne

    La question des mineurs marocains en situation irrégulière en Espagne continue d'alimenter la polémique entre les autonomies et le gouvernement central. L'Andalousie, la région la plus concernée par la question, hausse le ton. Elle accuse le gouvernement d'avoir commis une “imprudence” en annonçant son accord avec le Maroc et visant le rapatriement de tous les mineurs installés illégalement dans la péninsule.

  • Les mineurs marocains divisent l'Espagne

    En Espagne, trois procès administratifs sont en cours contre le gouvernement central pour violation des droits des mineurs marocains. La partie plaignante est constituée par les gouvernements locaux des régions autonomes qui affirment être bernés par Madrid qui entretiendrait le flou sur les réunions bilatérales avec le Maroc et les clauses qui en découleront. Si dans le mémorandum signé avec le Maroc l'objectif final des accords consistait à rapatrier ces enfants, la méthode et les critères à utiliser sont perçus différemment par la classe dirigeante espagnole.

  • Des ONG espagnoles dénoncent l'expulsion des mineurs marocains

    Le président d'une association de défense des droits de l'enfant à Melilla et la représentante de la commission du conseil général des avocats d'Espagne ont affirmé que les expulsions d'Espagne des mineurs sans garanties sont contraires à la convention internationale sur les droits de l'enfant et à la législation espagnole.

  • Maroc/Espagne : L'accord sur l'immigration a eu des résultats positifs…

    L'accord conclu le 25 juillet 2001 à Madrid entre le Maroc et l'Espagne fonctionne parfaitement. C'est ce qu'a indiqué mercredi, Angel Acebes, ministre espagnol de l'intérieur. Interpellé par le groupe socialiste au sénat au sujet de la coopération maroco-espagnole en matière d'immigration, Acebes a assuré que cet accord a été renouvelé, à l'issue d'une rencontre entre hauts responsables marocains et espagnols, le 17 février dernier à Madrid. Depuis cette date, a-t-il affirmé, l'accord fonctionne parfaitement et avec "des résultats positifs".

  • Le président du gouvernement Espagnol Aznar au Maroc les 8 et 9 décembre

    Le président du gouvernement espagnol, M. José Maria Aznar, co-présidera avec le Premier ministre, M. Driss Jettou la prochaine session de la réunion de haut niveau maroco-espagnole, qui se tiendra au Maroc, les 8 et 9 décembre prochain, a déclaré mardi à Barcelone, le secrétaire d'Etat espagnol aux Affaires extérieures, M. Ramon Gil-Casares.

  • Espagne : programme d'intégration de mineurs marocains

    Un programme visant le retour progressif et l'intégration au Maroc des mineurs non accompagnés vivant en Espagne sera mis en place prochainement par les deux pays.