Emigration : les chiffres et les conditions de régularisation des marocains en Espagne

- 22h14 - Espagne - Ecrit par :

La communauté marocaine résidant en Espagne comptait 420.556 membres à la fin de l’année 2004, selon l’Institut national (espagnol) de la statistique (INE). Un nombre qui la classe au deuxième rang après la communauté équatorienne considérée comme la plus importante avec ses 475.698 immigrés.

Selon l’INE, contrairement aux communautés latino-américaines majoritairement féminines, la répartition par sexe des immigrés marocains dans la péninsule ibérique a montré que les Marocains sont deux fois plus nombreux que les Marocaines. Les femmes représentent en effet 36,16% des ressortissants marocains en situation régulière. Ceci alors que la moyenne d’âge au sein de la communauté se situe aux environs de 28 ans. 22,90% des membres ont moins de 16 ans, 75,77% ont entre 16 et 64 ans et 1,33 % sont âgés de plus de 64 ans.

Au 1er janvier 2005, 386.958 Marocains étaient légalement installés en Espagne. 35.755 d’entre eux ont obtenu le permis de résidence durant les cinq dernières années à travers la procédure du regroupement familial, selon le ministère espagnol du Travail et des Affaires sociales.

Une marge d’erreur devrait toutefois être prise en compte en considérant les statistiques de la communauté marocaine établie en Espagne, nuancent les services du ministère chargé des Marocains résidant à l’étranger. Selon ce département, dans le passé, les statistiques se basaient sur les données recueillies par les représentations diplomatiques marocaines qui recensaient les membres de la communauté pour le compte du ministère des Affaires étrangères. Les statistiques réalisées à cette époque correspondaient donc au nombre de ressortissants inscrits sur les listes des consulats. La marge d’erreur était alors estimée à 46%.

Ces dernières années, cette dernière se serait réduite à 15%. Les statistiques reposent actuellement sur les données délivrées par les caisses sociales, encore faut-il être déclaré par son employeur.

L’autre aspect qui fait que ces chiffres demeurent relatifs concerne le problème que posent les binationaux. Ces derniers sont recensés par l’Espagne en tant que citoyens espagnols.

Selon le département chargé des Marocains à l’étranger, la régularisation des immigrés marocains dans le cadre du processus de normalisation des travailleurs étrangers lancé par le gouvernement espagnol le 7 février dernier devrait contribuer à l’augmentation du chiffre des Marocains résidant en Espagne, bien qu’il y ait des problèmes qui entravent actuellement la régularisation de certains d’entre eux.

En fait, le gouvernement espagnol requiert trois conditions pour que le candidat soit régularisé : la fiche anthropométrique, un séjour de plus de 6 mois en territoire espagnol et un contrat de travail d’au moins un an. Or, les étrangers qui vivaient clandestinement en Espagne ne peuvent prouver qu’ils y ont réellement séjourné plus de 6 mois parce qu’ils n’ont jamais été inscrits sur les listes des communes. Du temps du gouvernement Aznar, la police avait accès aux fichiers des communes. Pour éviter d’avoir des démêlés avec les autorités qui pourraient se solder par une expulsLes urgences comptent plus de 3 millions de passages par an

ion, les étrangers préféraient ne pas être listés. L’autre problème est que certains employeurs rechignaient à déclarer leurs employés à la caisse sociale.

Selon les services du département des Marocains résidant à l’étranger, la secrétaire d’Etat espagnole chargée de l’Emigration a assuré que le problème sera résolu en soulignant néanmoins que la mission de changer les conditions de la régularisation des étrangers serait difficile en l’absence d’un décret ministériel et sans l’implication du patronat espagnol.

Selon le département chargé de la Communauté marocaine à l’étranger, l’Espagne est désormais la deuxième destination de choix pour les Marocains après la France. Dans le passé, l’Espagne arrivait en quatrième position après la France, la Belgique et les Pays-Bas. L’engouement pour la péninsule ibérique chez les Marocains est récent. Il concerne toutes les catégories socioprofessionnelles. L’agriculture reste toutefois l’activité par le biais de laquelle les émigrés entament leur vie en Espagne.

Fatima Moho - Libération

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