Des enfants de RME empêchés de retourner en France

- 18h29 - France - Ecrit par : L.A

Outre la nostalgie éprouvée lorsqu’ils sont contraints de vivre loin de leur pays d’origine, les résidents marocains à l’étranger (RME) sont souvent exposés à des problèmes imprévus. Cette année, nombreuses sont les familles accompagnées de leurs enfants qui se sont trouvées bloquées aux ports et aéroports marocains pour cause de mesures prises par les autorités françaises empêchant ainsi de retourner chez eux en France les enfants mineurs des RME n’ayant pas de passeport individuel avec visa retour délivré auprès de l’un des consulats de France au Maroc.

Au terme de leurs vacances passées durant l’été 2008 au Maroc, de nombreuses familles marocaines résidant en France se sont vu refouler des ports ou aéroports du Maroc à cause de leurs enfants mineurs bien que leurs photos, noms, prénoms, dates et lieux de naissance figurent dans les titres de voyage des parents. Les compagnies de transport aérien ou maritime qui leur avaient délivré des billets via Internet ou auprès des agences de voyages n’avaient pourtant pas exigé, concernant les enfants accompagnant leurs, ni le Document de circulation d’enfant mineur (DCEM) ni, à défaut de ce document, de passeport individuel muni de visa retour.
Contraints de rebrousser chemin vers leur lieu de séjour pendant les vacances au Maroc, les familles refoulées des ports et aéroports doivent faire délivrer à leurs enfants mineurs des passeports individuels auprès des autorités marocaines, puis des visas retour auprès des consulats français accrédités au Maroc.

Une fois le passeport individuel obtenu, souvent sans problème, les familles se sont vu chasser des consulats sous prétexte qu’elles doivent prendre rendez-vous via Internet. Chose qui ne les arrange pas du tout vu l’urgence de rentrer chez eux dans le pays de leur résidence habituelle pour que leurs enfants ne ratent pas leur scolarité. Et lorsque ces familles réussissent à accéder à l’intérieur du consulat, parfois en recourant à la corruption comme c’est le cas au consulat de France à Fès : « Donnez-moi 600,00 DH par passeport et l’affaire sera réglé », nous déclare le père d’une famille résidant en France qui s’est adressé à l’employé chargé de régler les entrées au consulat. Rencontrer un responsable au consulat de France à Fès relève de l’impossible. « En cas d’urgence, nous dit un RME que l’on a refoulé d’Algésiras, il est, peut-être, plus facile de joindre un ministre français voire le Président de la République française en personne que d’avoir accès à l’un des fonctionnaires du consulat de Fès. » Ainsi de nombreuses familles étaient contraintes de prolonger leurs vacances au Maroc au détriment de la scolarité de leurs enfants. Sans doute ce retard coûtera-t-il cher à ces familles dont les enfants sont scolarisés en France. A cause de cet incident au-dessus de leur volonté, certains parents risquent même de perdre leur emploi. Afin d’éviter le chômage, d’autres parents n’avaient pas d’autre choix que celui de retourner en France sans leurs enfants mineurs.

Qui aurait empêché les services consulaires français de Fès de tenir compte du caractère urgent (pour cause de rentrée scolaire) du retour chez elles en compagnie de leurs enfants mineurs pour simplifier la procédure d’octroi de visa retour pour les familles résidant en France ?

A des situations exceptionnelles, il faudrait nécessairement des mesures exceptionnelles. N’ayant été informées avant leur départ pour les vacances ni par les autorités françaises, ni par les services consulaires marocains en France, ces familles victimes de leur ignorance des textes en vigueur au sujet de la circulation des enfants mineurs dans le pays d’accueil se retrouvent bloquées au Maroc quinze jours après la rentrée scolaire et pour certains loin de leurs parents. A qui incombe la responsabilité de ce désagrément causé aux résidents marocains à l’étranger qui optent pour les vacances dan leur pays d’origine ?

Source : Al Bayane - Mohamed Khoukhchani

  • Pour les anciens mineurs marocains le long chemin vers l'égalité des droits

    Depuis 1989, une association basée à Dechy, dans le Douaisis, défend les droits des anciens mineurs marocains. L'un de ses combats concerne le rachat des avantages en nature, une disposition héritée du statut du mineur... mais dont sont exclus les travailleurs originaires du Maghreb. Une audience de conciliation a eu lieu cette semaine au conseil des prud'hommes de Douai.

  • Autorisation de séjour mais refus de visa

    « C'est une situation ubuesque », tempête son avocate. Elhoussin Hatim, ouvrier agricole marocain qui a travaillé plus de vingt ans dans les Bouches-du-Rhône, s'est vu refuser un visa pour revenir en France alors que la préfecture lui a accordé une autorisation provisoire de séjour (APS).

  • Abdel, Amine, Moussa, Youness, nous avons honte pour notre pays...

    Ils s'appellent Abdel, Amine, Moussa, Youness, chacun à son histoire, chacun a fait des projets d'avenir, tous ont cru que la France leur offrirait une vie meilleure que dans le pays qu'ils ont quitté. Pourtant, comme bien d'autres dans le département de Vaucluse, leur parcours est identique.

  • Mineurs marocains en Espagne : retour à tout prix

    Human Rights Watch, organisation non gouvernementale de défense des droits de l'homme, vient de dénoncer, dans un rapport publié cette semaine, l'accélération des renvois par l'Espagne de mineurs non accompagnés entrés illégalement dans le pays.

  • La France épinglée par l'Onu sur le traitement réservé aux étrangers

    Le comité onusien des droits de l'homme a critiqué la France pour la façon dont elle traite les étrangers sur son sol. Dans un message du 22 juillet, adressé à Nicolas Sarkozy par le Comité des droits de l'homme de l'Onu, ce dernier met le doigts sur certaines pratiques de traitement des étrangers, dénonçant notamment la rétention de sûreté.

  • La kafala non grata à l'étranger

    La kafala, procédure de prise en charge d'un enfant abandonné, n'est pas reconnue par les pays européens comme une adoption en bonne et due forme. Résultat : l'octroi des visas pour les enfants adoptés sous kafala se fait au compte-gouttes.

  • Puy-de-Dôme facilite l'accueil des étudiants étrangers

    La préfecture de Puy-de-Dôme en France vient de signer un accord avec l'Ecole supérieure de Commerce de Clermont-Ferrand facilitant les démarches administratives pour l'obtention de titres de séjour pour les étudiants étrangers.

  • La Catalogne intègre les enfants immigrés… en les séparant

    Leur nom fleure si bon la convivialité qu'on pourrait se croire dans un centre de vacances. Mais les « espaces de bienvenue éducative » (EBE) mis en place par la Catalogne pour accueillir les enfants étrangers hors du système scolaire ne sont pas du goût de tous.

  • Des prédicateurs marocains chargés d'accompagner le Ramadan en France

    Le Maroc a décidé d'envoyer cette année, pour le Ramadan, 176 prédicateurs et prédicatrices dans toute l'Europe. Ce dispositif vise officiellement à éviter « tout discours de nature extrémiste »

  • Un Marocain interdit de regroupement familial et emprisonné

    Voilà bientôt un mois qu'Ammar Amedjar est emprisonné à la maison d'arrêt d'Angers. Son délit : n'avoir pas voulu abandonner en France sa femme et ses deux petites filles, Maria trois ans et demi et Amina, sept mois. Une histoire bien sordide comme celles que M. Sarkozy et ses collaborateurs savent si bien mettre en musique.