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France : les fichés "S", "ennemis publics" (vidéo)

Farouk Ben Abbes - Capture du documentaire de France 3

18 septembre 2019 - 22h30 - Monde

C’est dans le documentaire, "Ennemis publics", que Farouk Ben Abbes s’est exprimé pour la première fois, depuis qu’il a été assigné à résidence. En effet, le documentaire réalisé par Denis Robert, diffusé sur France 3, donne la parole aux hommes assignés à résidence et fichés "S", pour leurs liens, réels ou supposés, avec des djihadistes.

« J’ai l’impression d’être devenu l’ennemi public N°1. Si j’accepte de témoigner devant vous, ce n’est pas parce que j’espère que justice sera faite. Je pense juste qu’il est important que ma version des faits puisse exister ».

Ces mots de Farouk Ben Abbes, extraits du documentaire, "Ennemis Publics", sonnent comme le cri de cœur d’un homme qui n’en pouvait plus certainement de se taire. Assigné à résidence à Toulouse, fiché "S", il vit avec son épouse.

Ces dernières années, des milliers d’articles ont été écrits sur lui mais aucun n’a fait part d’une interview dans laquelle l’homme donne sa version des faits. Il est assigné à résidence à son domicile à Toulouse et doit pointer trois fois par jour au commissariat. Il ne peut pas travailler et estime que sa vie est détruite.

Dénis Robert raconte sur France 3 avoir rencontré Farouk Ben Abbes à plusieurs reprises, sans caméra et que le fait de savoir que lui-même avait été mis en examen dans l’affaire "Clearstream" a sans doute permis de briser la glace. Pour lui, les hommes de la trempe de Farouk Ben Abbès "sont des épouvantails que l’on secoue devant les Français à chaque attentat".

Le documentaire, selon France 3, a tout passé au peigne fin de la vie de Farouk Ben Abbès : son enfance en Belgique, sa pratique de l’islam, son départ en Egypte, ses contacts avec les Toulousains Fabien et Jean-Michel Clain en 2007, son activisme dans la bande de Gaza.

C’est de retour en Egypte, qu’il a été arrêté, suspecté d’avoir participé à l’attentat du Caire le 22 février 2009, une attaque qui a coûté la vie à une lycéenne française. Il raconte, dans le film documentaire, avoir avoué sous la torture.

« Je disais oui à tout pour qu’on me laisse tranquille, qu’on ne me torture plus. Même à la question, "Est-ce que vous connaissez Oussama Ben Laden ?", je réponds "Oui", alors qu’il n’y a aucun lien entre moi et Oussama Ben Laden ».

En juillet dernier, la Cour d’Appel de Paris l’a condamné à 3 ans de prison pour son activité sur le site internet, Ansar Al-Haqq, qui était le site djihadiste francophone de référence, à la fin des années 2000. Il a déposé un pourvoi en cassation.

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