Europe : pourquoi 90 % des ordres d’expulsion visant les Marocains échouent
L’Europe durcit le ton, mais la réalité du terrain la rattrape. Au troisième trimestre de cette année, les pays de l’Union européenne ont ordonné à près de 6 700 Marocains de quitter le territoire. Un chiffre impressionnant sur le papier, mais qui cache un échec cuisant dans la mise en pratique : l’immense majorité de ces expulsions ne sont jamais exécutées.
Selon les dernières données d’Eurostat, les ressortissants marocains restent l’une des cibles prioritaires des politiques d’éloignement en Europe. Avec 6 670 ordres de quitter le territoire enregistrés en trois mois (soit 5,8 % du total global), ils arrivent en deuxième position des nationalités les plus visées, juste derrière les Algériens. Si une légère baisse de 6 % est notée par rapport au trimestre précédent, la pression reste constante.
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Cependant, entre la décision administrative et le retour effectif au pays, il y a un gouffre. Les statistiques révèlent que le taux d’exécution de ces mesures ne dépasse pas les 10 % ces dernières années (il a même chuté à 8 % en 2023). En clair : plus de 9 Marocains sur 10 visés par une expulsion restent finalement en Europe.
Les experts attribuent cette inefficacité à un bras de fer diplomatique et technique. Le manque de collaboration des autorités marocaines est pointé du doigt : sans la validation de l’identité des migrants et la délivrance de laissez-passer consulaires par Rabat, l’Europe a les mains liées. À cela s’ajoutent l’absence d’un cadre juridique fluide et la difficulté d’identifier des personnes souvent dépourvues de documents, transformant la question du retour en un véritable casse-tête politique pour Bruxelles.