La France durcit les visas, les Marocains pénalisés
La tension persistante entre les transporteurs routiers marocains et les services consulaires français a fait réagir l’ambassade de France. Mise en cause pour la multiplication des refus de visas, la représentation diplomatique défend une application stricte du code communautaire, tout en assurant vouloir préserver la fluidité logistique entre les deux pays.
La réponse de la France se veut technique face à une colère économique. Sollicitée par Hespress, l’ambassade explique que les blocages constatés ne relèvent pas d’une politique de restriction ciblée contre les ressortissants marocains ou les professionnels de la route.
Selon les services consulaires, le durcissement ressenti découle d’une application rigoureuse du code des visas Schengen. L’argumentaire est administratif : la conformité des dossiers et la qualité des justificatifs fournis font l’objet d’une vigilance accrue, imposée par la réglementation européenne commune.
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Cette mise au point intervient alors que la situation sur le terrain est décrite comme critique par les professionnels. Depuis le mois d’octobre, les entreprises de transport international rapportent un taux de rejet élevé, y compris pour des dossiers qu’elles considèrent complets.
Pour ces sociétés, l’impact dépasse la simple procédure administrative. L’absence de visas pour les chauffeurs entraîne des ruptures dans la chaîne logistique : annulations de fret, retards de livraison et pénalités financières. Au-delà des pertes sèches, les transporteurs craignent une dégradation durable de leur fiabilité auprès des donneurs d’ordre européens.
Consciente de l’enjeu stratégique que représente le transport routier pour le commerce bilatéral, l’ambassade a initié une série de rencontres avec les parlementaires et les représentants du secteur. L’objectif est de concilier les impératifs de sécurité avec les besoins de main-d’œuvre d’un secteur en tension.
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Dans sa communication, la diplomatie française tente de rassurer. Elle affirme que ses services travaillent à « faciliter les mobilités légales », en cohérence avec le partenariat d’exception renforcé scellé entre Rabat et Paris en octobre 2024. Le maintien des flux logistiques reste une priorité affichée, malgré le filtre serré des contrôles Schengen.