Le Marocain qui soigne les Espagnols

- 20h27 - Espagne - Ecrit par : L.A

Exporter des médicaments en Europe ! Ce n’est plus une utopie mais bel et bien une réalité. Iberma, le « petit » laboratoire de Had Essoualem dans la banlieue casablancaise, a réussi à relever ce challenge. L’entreprise pharmaceutique exporte désormais des suppositoires en Espagne après avoir réussi l’examen de certification de l’Agence espagnole du médicament. Ce certificat atteste qu’aussi bien le matériel que les procédés de production sont conformes aux normes européennes.

Ainsi, il donne le droit d’exporter sur toute l’Union européenne. « Certes, la part de l’export dans notre chiffre d’affaires reste symbolique mais nous avons brisé la glace et ce n’est qu’un début », s’enthousiasme Abdelilah Lahlou, directeur général d’Iberma.

Le laboratoire ne compte donc pas s’arrêter là, et il a déjà un projet dans le pipe : l’aménagement d’un terrain de 8.000 m2 pour en faire une unité dédiée à l’export. La diversification vers d’autres formes de médicaments (comprimés, gélules, etc.), figure aussi sur les plans de développement.

En réalité, Iberma est un sous-traitant de médicaments pour le compte de son actionnaire de référence, le laboratoire espagnol Asac. Ce dernier détient 62% du capital du laboratoire marocain. A sa création, Iberma était destiné à fournir le marché marocain. Mais la conjugaison du changement du marché mondial du médicament et du besoin de débouchés supplémentaires pour Iberma, a favorisé l’idée de la sous-traitance.

En effet, plusieurs molécules sont tombées dans le domaine public. Cela a entraîné la montée des génériques et a rendu, en conséquence, le marché du médicament beaucoup plus influencé par le prix que par l’innovation. Entre Asac, cherchant à préserver ses marges et Iberma, désireux de faire tourner au maximum sa structure de production, les intérêts vont vite converger.

En termes d’effectif, Iberma emploie 70 personnes avec 65% de cadres. Le chiffre d’affaires 2006 est de 70 millions de dirhams environ. Selon le classement IMS Health, qui centralise les données mondiales, le laboratoire figure parmi les trente premiers au Maroc. A la différence des autres entreprises, Iberma ne représente que les produits du laboratoire Asac. Parmi les stratégies du directeur général Abdelilalh Lahlou, figure l’ouverture sur d’autres marques. « Cela sera entrepris en concertation avec notre partenaire pour qui il est important que Iberma soit une filiale forte et pérenne », explique Lahlou.

Un plan Emergence pour le médicament ?

C’est un point rarement évoqué lorsqu’on parle de l’industrie du médicament : la concurrence internationale. Pourtant, au même titre que la majorité des produits, à partir de 2012, le médicament pourra rentrer au Maroc sans aucun obstacle tarifaire. Abdelilah Lahlou, directeur général du laboratoire Iberma, fait partie de ceux que la situation inquiète. Probablement à l’image de tous les autres industriels du secteur. « Le médicament est un produit stratégique. C’est pourquoi il faut préserver l’autonomie du Maroc », insiste-t-il, tout en précisant « ne pas être partisan d’un retour au protectionnisme ».

Pour défendre son idée, il n’hésite pas à puiser dans l’actualité : « Il suffit que la demande d’un grand pays pour un produit donné augmente pour que les prix mondiaux flambent. » Les exemples ne manquent pas : blé, maïs, lait, acier, etc.

Morale : « Conserver l’industrie locale parce qu’elle est la seule capable de garantir un médicament à prix supportable pour le citoyen lorsque la conjoncture internationale change. » Cette préservation passe obligatoirement par une mise à niveau des entreprises afin d’être compétitives.

Avec des capacités de production sous-exploitées, les laboratoires sont confrontés à une cherté du coût de revient unitaire. « L’étroitesse du marché marocain ne permet pas la réalisation d’économies d’échelle significatives », explique Lahlou. Exporter est donc une solution pour faire sortir l’industrie pharmaceutique de l’impasse imminente.

Une autre solution consiste à explorer des produits de niche renfermant une forte valeur ajoutée et où l’élément innovation est le plus déterminant. C’est le cas notamment des produits issus des biotechnologies où encore les produits dermo-cosmétiques. « En tout cas, l’industrie pharmaceutique recèle un potentiel de développement certain que les autorités doivent prendre en considération », affirme le DG d’Iberma. Faisait-il allusion à un probable plan Emergence pour le médicament ?

Source : L’Economiste - Nabil Taoufik

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