Réaction de la famille de Mehdi Ben Barka suite aux accusations d’espionnage

- 22h40 - Maroc - Ecrit par : S.A

Les accusations d’espionnage contre le militant anticolonialiste Mehdi Ben Barka, chef de file du mouvement tiers-mondiste ont fait réagir sa famille. L’ex-opposant marocain est accusé d’avoir été un espion qui fournissait des renseignements aux services secrets tchécoslovaques, Státní Bezpečnost (StB) contre des paiements substantiels, en espèces ou en nature.

Dans un communiqué, Bachir, le fils de Mehdi Ben Barka a réagi à l’article de The Observer, l’édition dominicale du journal britannique The Guardian, intitulé « Le chef de l’opposition marocaine Mehdi Ben Barka était un espion, suggèrent les dossiers de la guerre froide ». « Comme les mauvaises herbes, la calomnie repousse continuellement. Depuis quelques années, les atteintes à la mémoire de Mehdi Ben Barka, l’un des leaders importants du Tiers-monde, symbole de la résistance au colonialisme et du combat contre le néo-colonialisme, le sionisme et l’impérialisme, se répandent de manière insidieuse. Elles passent par la désinformation, la calomnie, l’insinuation ou l’amalgame », dénonce-t-il.

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Il se désole du fait que The Observer ait repris une publication en date de novembre 2020, d’un universitaire tchèque Jan Koura, le 26 décembre dernier. « The Observer reprend quasi intégralement les thèses avancées par Jan Koura. Ces deux articles (celui de Jan Koura, en particulier) reproduisent de manière détaillée un article d’un journaliste tchèque, Petr Zidek, publié par l’hebdomadaire français l’Express en juillet 2007. Rien donc de nouveau sous le soleil de la calomnie », fait remarquer le fils de l’ancien opposant marocain. Selon les travaux de Jan Koura, des « dossiers précédemment classifiés de Prague montrent que Ben Barka avait non seulement une relation étroite avec le Státní Bezpečnost (StB), le service de renseignement tchécoslovaque redouté, mais qu’il en a reçu des paiements substantiels, à la fois en espèces et en nature ».

Bachir Barka fait une autre remarque : il soulève un problème de terminologie. « Du point de vue du StB — le seul présenté dans l’article de Jan Koura et repris par The Observer — Mehdi Ben Barka est présenté soit comme une source, soit comme un agent. La nuance est importante. On peut être une source involontaire sans toutefois devenir un agent. […] Aucun des documents consultés par Koura ne lève le doute. Dans le seul document relatif à son prétendu “recrutement”, en date de 1963, le prénom de Mehdi Ben Barka devient “Mohamed”".

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La famille Ben Barka se dit « profondément choquée et indignée par ces ‘pseudo — révélations’ fabriquées volontairement à charge, sans aucun recul ni analyse des situations, du contexte historique et politique… L’objectif recherché est de porter atteinte à la mémoire de Mehdi Ben Barka, de dénaturer le sens de son action politique et de sa pensée, en faveur de la lutte des peuples contre le colonialisme, l’impérialisme et le sionisme, pour leur émancipation politique et sociale et pour la démocratie ». « Nous sommes surpris de la facilité avec laquelle certains peuvent accéder à des milliers de documents, alors que, depuis 56 ans, nous avons avec notre avocat Me Buttin, les pires difficultés à consulter ceux d’autres services de renseignement qui pourraient nous aider à connaître enfin la vérité sur le sort de Mehdi Ben Barka », ajoute-t-on.

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