En France, les Marocains paient le prix fort des politiques migratoires

- 21h00 - France - Ecrit par : S.A

En France, les Marocains figurent parmi les étrangers en situation irrégulière les plus retenues dans les Centres de rétention administrative (CRA) en vue de leur expulsion. C’est ce qui ressort d’un rapport conjoint de cinq associations dont la Cimade, qui s’alarment par ailleurs de l’augmentation de la durée moyenne de rétention.

En tout, 40 592 personnes ont été enfermées en CRA en 2024, contre 46 955 l’année précédente, révèlent les cinq associations. Leur rapport conjoint précise que 24 634 l’ont été en Outre-mer (essentiellement à Mayotte) et 16 228 dans l’Hexagone, rapporte RFI. En métropole, la majorité des personnes retenues étaient de nationalité algérienne (32 %), suivies par les Tunisiens (12 %), les Marocains (11 %) et les Roumains (4,4 %), est-il encore précisé.

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Les cinq associations se félicitent de la réduction du nombre d’étrangers en situation irrégulière les plus retenues dans les Centres de rétention administrative (CRA). Elles s’inquiètent toutefois de l’augmentation de la durée moyenne de rétention. L’année dernière, la durée moyenne de rétention s’établissait à près de 33 jours, soit 5 jours de plus par rapport à 2023. « Nos associations constatent quotidiennement l’impact de périodes d’enfermement de plus en plus longues sur la santé mentale et physique des personnes enfermées et sur le niveau de tension dans les CRA. Gestes désespérés, tentatives de suicide, actes d’automutilation, violences […] », décrit le rapport.

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« On observe que les personnes sont enfermées beaucoup plus longtemps qu’auparavant. Parfois jusqu’à 90 jours », a précisé Justine Girard, responsable nationale rétention à la Cimade. Le souhait de la droite sénatoriale, « première force de la Haute assemblée et tremplin pour faire prospérer les idées anti-immigration du ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau (Les Républicains) », c’est d’allonger cette durée de rétention à 210 jours. Une proposition de loi a été adoptée en première lecture par le Sénat, le 18 mars 2025. Ce texte prévoit d’étendre la durée maximale de détention à 210 jours aux étrangers également condamnés pour un crime ou un délit puni d’au moins cinq ans d’emprisonnement.

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Les cinq associations dénoncent par ailleurs une tentative de les évincer des CRA. Le ministre de l’Intérieur les accuse d’être « juge et partie ». Le 12 mai, il sera procédé à l’examen d’une nouvelle proposition de loi déposée par la sénatrice Marie-Carole Ciuntu (LR) visant à confier leurs tâches à l’Office français de l’immigration et de l’intégration, organisme placé sous la tutelle du ministère de l’Intérieur. Cette proposition de loi « vise à amoindrir les capacités des personnes à exercer leurs droits, notamment aux recours », a dénoncé la Cimade. Confrontée à des difficultés pour remplir « ses missions dans de bonnes conditions », la Cimade s’est d’ailleurs retirée en janvier du CRA du Mesnil-Amelot, plus grand de France.

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