Des gendarmes marocains « à la solde » d’un réseau criminel démantelé
La Garde civile a démantelé un vaste réseau de trafic de migrants entre le Maroc, Ceuta et Algésiras, impliquant des gendarmes et pêcheurs marocains. En tout, onze personnes dont des chefs du gang criminel, ont été arrêtées et placées en détention.
Les conversations interceptées par la Garde civile révèlent que les membres de ce réseau de trafic d’êtres humains demandaient à avoir « à leur solde » des gendarmes, des pêcheurs, et un fonctionnaire marocains. Selon le service d’information de l’Institut armé, ce réseau criminel opérait des deux côtés du détroit de Gibraltar et offrait des pots-de-vin aux forces de sécurité marocaines à chaque passage, relaie El Faro de Ceuta qui explique le modus operandi du gang, notamment comment ils géraient les paiements, les itinéraires et les contacts.
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Pour la Garde civile, il s’agit d’une « organisation parfaitement structurée et établie depuis longtemps », avec une répartition claire des rôles entre le Maroc, Ceuta et Algésiras. Alors que les recruteurs opéraient au Maroc, d’autres membres contrôlaient la côte de Ceuta et les maisons où ils cachaient les migrants avant leur départ. À Algésiras, des intermédiaires accueillaient les migrants pour achever le processus. Les membres du réseau voyageaient fréquemment par ferry entre Ceuta et Cadix en se faisant passer pour de simples passagers, alors qu’ils agissaient en réalité comme des intermédiaires et des superviseurs.
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La Garde civile a localisé au moins trois logements destinés à cacher des migrants, dont un à Poblado Sanidad, où le gang a été démantelé fin octobre lors de l’opération Barquera. Cette organisation criminelle ne laissait rien au hasard. Les membres du réseau connaissaient les meilleurs jours pour voyager en mer, les horaires du service maritime, et donnaient des tactiques de diversion aux migrants au cas où ils étaient interceptés. Dans leurs conversations, ils expliquent que les « garçons » devaient être forts, capables de descendre « tout le mont Musa à pied » pour éviter les contrôles.
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En tout, onze personnes ont été arrêtées et placées en détention provisoire, dont les cinq chefs présumés du réseau. Les membres du réseau communiquaient avec des mots codés. Dans des enregistrements audios, le réseau se vantait d’avoir acheté des « agents marocains ». Ils expliquent que les gendarmes marocains escortaient leurs bateaux transportant les migrants jusqu’aux eaux espagnoles et faisaient semblant de poursuivre un bateau vide tout en laissant passer celui qui transportait des migrants.