Gouvernement Benkirane II, une catastrophe ?

- 14h02 - Maroc - Ecrit par : Jalil Laamoudi

La version II de l’exécutif Benkirane a surpris plusieurs observateurs de la scène politique au Maroc. L’entrée au gouvernement de puissants technocrates fraîchement repeints aux couleurs du Parti du Rassemblement National des Indépendants (RNI), aurait notamment pour objectif de minimiser le caractère politique du gouvernement Benkirane.

Cette orientation aurait aussi pour but selon des pro RNI, de renforcer le caractère technique du gouvernement. Leurs détracteurs pensent plutôt que ces nominations n’ont d’autres ambitions que d’introduire de puissantes personnalités au gouvernement, qu’Abdelilah Benkirane aurait du mal à gérer.

Au lieu d’une formation composée de 15 ministères, comme l’avait annoncé Benkirane, le nouveau gouvernement compte 39 ministres, dont plusieurs jeunes pratiquement sans expérience. Le RNI a décroché huit ministères, contre 12 pour le PJD et obtiendrait au passage même la présidence du Parlement, qui serait confiée à Rachid Talbi El Alami, d’après nos sources.

L’un des changements les plus notoires aurait été le départ de Saadedine El Othamni du ministère des Affaires étrangères. L’homme qui était chargé de reluire l’image du Maroc et des islamistes à travers le monde, aurait été éjecté parce qu’il aurait déjà rempli la mission pour laquelle il avait été désigné à ce poste, précisent des sources du PJD à Bladi.net.

La subdivision de plusieurs ministères n’aurait pour objectif que de conforter la logique de la rente politique, aux dépens d’une architecture gouvernementale efficace, poursuit notre source, selon laquelle toute cette dynamique dépasse Benkirane, qui n’aurait été gardée que pour servir certains agendas.

L’un des nouveaux ministres serait impliqué dans une affaire de fraude électorale, d’autres ont un problème d’intégrité, alors que certains nouveaux ministres, dont l’incompétence n’est un secret pour personne, n’auraient été nommés à leurs postes qu’en raison de leur appartenance à de puissantes familles.

Pour Hamid Chabat, secrétaire général de l’Istiqlal, cette nouvelle formation gouvernementale est une véritable catastrophe, qui menace le processus démocratique du pays.

Le député PJD Abdelaziz Aftati estime, pour sa part, que la formation du nouveau gouvernement est une tentative de "l’Etat parallèle", qui a voulu recruter certaines figures pour marginaliser définitivement le PJD, s’interrogeant si ce qui est arrivé servirait en quelque sorte le Maroc.

Après près de trois mois de tractations, plusieurs politologues marocains sont déçus quant à l’aboutissement des négociations entre le RNI et le PJD, précisant "comment peut-on former un gouvernement sans alliances, ni vision commune. La majorité des ministres ne sont là que pour servir leurs propres intérêts...".

  • Salaheddine Mezouar, nouveau ministre marocain des Affaires étrangères ?

    Salaheddine Mezouar, secrétaire général du Parti du Rassemblement National des Indépendants (RNI), aurait réussi à arracher le poste de ministre des Affaires étrangères au chef du gouvernement Abdelilah Benkirane, après d'âpres négociations.

  • Aïd Al Adha : le palais royal offre des moutons au gouvernement Benkirane

    Le palais royal s'apprêterait à offrir à l'intégralité du gouvernement Benkirane, des moutons à l'occasion de l'Aïd Al Adha. Même les ministres de la version I du gouvernement islamiste recevront des moutons pour la fête du sacrifice.

  • L'Istiqlal se retire officiellement du gouvernement Benkirane

    Les ministres du Parti de l'Istiqlal ont présenté leur démission mardi vers midi au chef du gouvernement Abdelilah Benkirane, conformément à l'article 47 de la Constitution. Hamid Chabat, patron de l'Istiqlal a décidé de retirer ses ministres de l'exécutif islamiste, après avoir eu lundi l'aval du Roi Mohammed VI.

  • Harcèlement sexuel, le gouvernement Benkirane veut-il enterrer le projet de loi ?

    Le chef du gouvernement Abdelilah Benkirane a émis certaines réserves jeudi concernant le projet de loi contre les violences faites aux femmes, présenté récemment par Bassima Hakkaoui, ministre de la Solidarité et de la Femme. "Si le texte n'est pas enterré, il sera profondément retouché...", affirme une source du gouvernement ayant requis l'anonymat à Bladi.net.

  • Le gouvernement Benkirane comparé à des ânes, les associations de défense des animaux s'indignent

    L'exécutif Benkirane "est un gouvernement de démons et de crocodiles et ne comprend aucun autre langage à part celui des animaux", a affirmé Hamid Chabat, secrétaire général du Parti de l'Istiqlal, selon qui, les animaux s'apprêtent à manifester contre le gouvernement islamiste.

  • Gouvernement Benkirane II : coulisses d'un remaniement

    Le chef du gouvernement Abdelilah Benkirane s'est réuni six fois en moins de deux mois avec Salahdine Mezouar, secrétaire général du Parti du Rassemblement National des Indépendants (RNI), pour remanier le gouvernement, pourtant la version 2 de l'exécutif Benkirane n'a pas encore vu le jour.

  • Salaheddine Mezouar futur président du Parlement ?

    Salaheddine Mezouar, ministre des Affaires étrangères de la version II du gouvernement Benkirane, serait le prochain président du Parlement à partir de la session d'avril 2014.

  • Démission de l'Istiqlal, le Roi Mohammed VI ne voulait pas s'immiscer

    Le Roi Mohammed VI n'aurait pas souhaité utiliser l'article 42 de la constitution pour arbitrer le différend entre les partis de l'Istiqlal et celui de la Justice et du Développement (PJD), formant coalition gouvernementale.

  • Hamid Chabat : "La fin de Benkirane est proche"

    "Abdelilah Benkirane menace de détruire le pays, pour faire pression sur l'Etat, en semant la sédition au Maroc, (...), et brûlant le Royaume...", a affirmé Hamid Chabat, secrétaire général de l'Istiqlal.

  • Mohammed VI-Chabat : les dessous d'une audience royale

    Le Roi Mohammed VI a reçu brièvement ce mercredi à Oujda Hamid Chabat, secrétaire général du Parti de l'Istiqlal. Le turbulent politicien aurait tout juste eu le temps de remettre le mémorandum faisant état de la décision de la sortie de son Parti du gouvernement Benkirane.