Darga chante la révolte des jeunes Marocains

- 21h16 - Maroc - Ecrit par : L.A

Voilà le meilleur album de musique représentant la nouvelle scène musicale au Maghreb que nous ayons entendu ces dernières années. Darga ("cactus" en marocain) sort, 3 ans après le premier, un deuxième album absolument formidable : Stop Baraka. Un disque plein d’énergie, de bonne humeur, de mélanges des styles musicaux les plus divers – reggae, gnawi, rock, jazz, rap, raï, funk, ska,.. – et, surtout, plein de chansons aux paroles explosives, telles qu’on a rarement l’occasion d’en entendre dans ces pays où la parole publique reste bâillonnée…

Le groupe Darga, créé en 2001, de 10 artistes, anciens étudiants des Beaux-Arts, aujourd’hui musiciens confirmés, se présente comme "agitateurs-provocateurs" : "nous sommes ce cactus qui résiste à tout", plaident-ils, tout en se voulant "porte-parole de la jeunesse marocaine". Et c’est toute la révolte des jeunes Marocains – du peuple marocain - que portent leurs chansons : "Ouled Chaab Sound System" se nomment-ils aussi (Ouled Chaab signifie "Enfants du peuple"). Car cette bande de jeunes n’a pas froid aux yeux. Qu’on en juge : "Rich’" dénonce les nouveaux riches aux fortunes douteuses : "Ils sont devenus riches", clament-ils en français, tout en dénonçant en arabe ceux qui se croient au-dessus des lois, qu’ils s’enivrent de whisky Chivas ou exigent le droit de cuissage sur la femme d’un employé… Tout cela sur rythme de reggae, devenu symbole universel du cri de révolte des laissés-pour-compte partout sur la planète.

Dans "Kbala", en français : "Ils disent patience demain ça ira mieux/Vite demain c’est tout de suite 2008/Les frigos et les urnes sont toujours vides/Et les cerveaux toujours en fuite/Il y en a qui cherchent du travail depuis 1998…Stop Baraka évoque "les délits d’initiés", "la corruption et les dessous-de-table", "le pouvoir de l’argent et celui des notables". Bref, Darga a décidé de prendre les armes en musique et en paroles, pour éveiller les consciences et dénoncer tout ce qui ne va pas, à la manière dont Bob Marley chantait – en étant entendu du monde entier – la révolte de son peuple opprimé, ou dont l’Ivoirien Tiken Jah Fakoly chante "Mon pays va mal, mon pays va mal…".

Et l’on se prend à rêver d’un monde arabe où la parole, devenue enfin libre, sans journalistes emprisonnés ni journaux fermés, laisserait la place à des critiques et accusations. Ce qui serait plus sain que les révoltes étouffées de millions d’individus qui ne trouvent plus que des discours religieux pour les canaliser… et qui finissent parfois par exploser de manière bien plus violente que les paroles les plus dures…. Bravo Darga pour votre courage… et votre pêche !

Source : Afrik.com - Nadia Khouri-Dagher

  • Zazz Band, la fusion dans le sang

    Ils sont sept, ils sont jeunes et ont la fusion dans la peau. Ce sont les membres de Zazz Band, le nouveau groupe qui rayonne sur la nouvelle scène musicale marocaine.

  • Darga, les cactus chantent pour les jeunes du Maroc

    Le groupe Darga (traduisez Cactus) est un des groupes-phare de la musique jeune au Maroc. Composé de 10 musiciens, le groupe sort un album en 2008 intitulé "Stop-Baraka". Pour ces jeunes, la musique est l'expression de « ce qui se passe actuellement au Maroc et sur les réels problèmes de la jeunesse ».

  • Ouverture du festival « Casa Music »

    Le festival « Casa Music » s'est ouvert jeudi soir avec un gigantesque spectacle pyrotechnique au titre de sa quatrième édition qui se tient du 17 au 20 courant à Casablanca.

  • Madrid : Darga anime la première « Nuit de Ramadan »

    Le groupe casablancais de musique world ''Darga'' va animer, vendredi à Madrid, la première ''nuit de Ramadan'' qu'organise une pléiade d'acteurs associatifs et économiques dans la capitale espagnole.

  • Bouchnak lance "Hamid" à Agadir

    Hamid Bouchnak, l'enfant chéri du pays, revient avec dans la valise un nouvel album, le 10ème de sa longue et retentissante carrière musicale. Chanté en avant-première lors d'une soirée donnée à l'hôtel Sofitel d'Agadir, l'album « Hamid » a toutes les chances de conquérir un public attentif à l'évolution de son chanteur fétiche et de signer le retour de Hamid Bouchnak avec des chansons exécutées avec beaucoup de coeur et de finsse. « L'album a demandé un peu de temps, on a enregistré des titres à Bruxelles, d'autres à Paris, d'autres encore à Casa et à Oujda », nous dira Hamid.

  • L'Boulevard souffle sa dixième bougie

    Ils seront des centaines de jeunes et de moins jeunes à se réunir dans les stades du COC et du RUC. Devant eux, sur scène, des dizaines de groupes venus des quatre coins du Maroc chanteront les plus belles de leurs chansons et les plus déchaînés de leurs tubes.

  • Jamel Debbouze : Je suis exubérant et profondément timide

    Écouter Jamel, c'est du bonheur en barre. Tout est bon, il n'y a rien à jeter. L'intelligence, la drôlerie, l'émotion brute qu'il balaye vite parce qu'il ne se reconnaît pas le droit de se plaindre. Respectueux du travail de l'autre, il ne demandera pas à relire son entretien. Glissera juste une petite supplique à la fin : « Réécrivez mieux que je parle, et rajoutez des subjonctifs et des conditionnels, s'il vous plaît. » Pas besoin, c'est parfait tel quel.

  • 30 jours de ramadan pour la famille Ben Miloud

    Lundi matin, avant le lever du soleil, Mohamed et Naïma ont déjeuné. Ils n'ont plus rien avalé de la journée. Ce jeûne va durer 30 jours. Al Yaziz a 6 ans et demi, son frère Karim en a neuf. Dans l'appartement de la famille Ben Miloud, rue Gabriel-Fauré, ce sont les seuls à pouvoir ouvrir le frigo pour manger, ou boire un verre d'eau fraîche. Depuis lundi matin, à 5 h 56 pétantes, heure du lever du soleil, leurs parents, Mohamed et Naïma, ont démarré le ramadan.

  • Quelle jeunesse pour quel Maroc ?

    Au moment où les grandes économies planétaires souffrent d'un manque aigu de la jeunesse pour pouvoir maintenir leur puissance et du coup s'imposer sur l'échelle mondiale, d'autres pays au contraire, en disposent de manière suffisante, mais ce que nous reprochons à ces derniers pays c'est que leur jeunesse n'est pas bien exploitée ni du moins investie. Le Maroc malheureusement, compte parmi cette seconde catégorie. Une population très jeune mais qui nécessite un travail colossal et une mobilisation de l'État, des acteurs politiques, économiques et associatifs pour mieux exploiter cette richesse.

  • Alpha Blondy en concert au Maroc

    C'est confirmé ! Alpha Blondy sera là pour vous. A Agadir où toutes les étrangetés artistiques et culturelles sont les bienvenues, l'ambiance sera plutôt festive. Festival Timitar vous le garantie. Du reggae à l'africaine chanté en français, anglais et en dioula, langue véhiculaire de l'Afrique de l'Ouest. Des textes engagés et significatifs prônant liberté, unité et amour. Voilà ce que l'ambassadeur de la paix nous propose le 03 juillet prochain à Agadir dans le cadre de la cinquième édition du Festival Timitar.