Guerre russo-ukrainienne : les pays arabes jouent la carte de la prudence

- 20h20 - Monde - Ecrit par : S.A

Alors que les Occidentaux prennent des sanctions contre la Russie, seconde puissance militaire mondiale, pour l’isoler en cette période de guerre russo-ukrainienne, les pays arabes préfèrent éviter une éventuelle brouille avec le président russe Vladimir Poutine. Certains d’entre eux ne veulent pas non plus froisser leurs partenaires américains.

Au Moyen-Orient, des pays arabes comme la Syrie et le Soudan apportent leur soutien à la Russie. Le Koweït et le Liban ont, eux, condamné l’intervention russe. Quant à l’Égypte et à la Jordanie, elles appellent à la désescalade. Au Maghreb, le Maroc a encouragé toutes les initiatives et actions favorisant un règlement pacifique. Le royaume est actuellement particulièrement pénalisé par la hausse des prix des hydrocarbures et des céréales. Son voisin, l’Algérie, partenaire de la Russie, reste neutre. Dans un communiqué, la Ligue arabe qui parle de « crise en Ukraine » et non pas d’invasion, sans mentionner la Russie, appelle à une « solution diplomatique ».

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Les alliances contradictoires constituent un lourd fardeau pour les dirigeants arabes. « Les pays arabes ne peuvent aller à l’encontre des États-Unis, mais ils ne veulent pas s’aligner contre la Russie, explique Hassan Maged, fondateur du cabinet D&S consulting sur le Moyen-Orient, cité par le journal L’Opinion. Beaucoup vont s’abstenir lors du vote de l’assemblée générale de l’ONU. Ils n’ont pas oublié que l’URSS avait appuyé le panarabisme et livré des armes aux pays arabes dans leur combat pour la reconnaissance de leur indépendance. »

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Et d’ajouter : « Les pays arabes ne s’attendaient pas à une réaction aussi violente des Occidentaux, conclut Hassan Maged. Ils craignent le retour à la guerre froide avec la possibilité d’ouvrir de nouveaux champs de confrontation entre les grandes puissances sur leur territoire. »

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