L’habitat social au Maroc, entre critiques et satisfaction

- 21h48 - Maroc - Ecrit par : L.A

Une nouvelle étude publiée ce mois au Maroc montre les succès et les carences de la politique de logement social du pays pour les familles à bas revenu. Le Ministère du Logement a déclaré que malgré quelques déconvenues, le programme se déroulait de manière satisfaisante.

Plus de douze ans après que le Maroc eût lancé son programme de logement social, une nouvelle étude publiée le 13 mars par le Ministère du Logement, de l’Urbanisation et de l’Environnement montre que de nombreuses personnes sont mécontentes de leurs logements, en particulier de leur petite taille.

Hafida Belmadani, une femme au foyer, vit depuis six ans avec sa famille de six personnes à Salé Al Jadida, dans un appartement de 56 mètres carrés. "Au départ, j’étais heureuse d’habiter enfin dans un appartement qui m’appartienne. Mais je me suis rendue compte par la suite que la maison est trop étroite pour ma famille", a-t-elle expliqué à Magharebia.

Pour le sociologue Jamal Debbaghi, les quartiers d’habitat social ont certes permis à de nombreuses familles d’acquérir leur propre logement, mais la grande densité influe sur la qualité de vie des habitants.

Il indique en outre que ces quartiers ne favorisent pas la mixité socioprofessionnelle, car la grande majorité des habitants est issue de la même classe sociale. "Cela risque d’avoir des conséquences négatives à l’avenir. Les quartiers d’habitat social ne reflètent pas les caractéristiques retenues au niveau national, comme le taux du chômage, à titre d’exemple. L’étude du ministère l’a bien souligné : il y a un risque de ghettoïsation", a-t-il expliqué.

Les bénéficiaires se plaignent aussi de pratiques de marché noir, alors que le prix des logements sociaux est censé être bien déterminé et contrôlé pour préserver le pouvoir d’achat des bénéficiaires.

Samir Bourar a expliqué qu’il avait dû verser au noir 40 000 dirhams au-dessus du prix de son appartement à Témara à un promoteur. "L’annonce affiche un prix alors qu’en réalité, on nous demande de payer plus sous la table. Les responsables doivent s’activer pour préserver les intérêts des citoyens", a-t-il affirmé.

Les promoteurs privés nient en bloc l’existence de telles pratiques.

Soixante pour cent des logements sociaux ont été construits par le secteur privé. L’Etat a mis en place une liste d’exonérations au profit des sociétés qui se lancent dans la promotion immobilière sociale avec, cependant, l’obligation de remplir trois conditions : un minimum de 2500 logements construits, une période de réalisation de cinq années entre l’obtention de la première autorisation de construire et le dernier permis d’habiter, et une diversification des programmes sociaux sur plusieurs régions du Maroc.

Néanmoins, les promoteurs soulignent quelques difficultés, notamment l’accès à la réserve foncière de plus en plus rare, et donc chère. Ils citent aussi le problème du seuil de 2500 logements. De nouvelles mesures inscrites dans la loi des finances 2008 prévoient la réduction des taxes de l’ordre de cinquante pour cent pour les promoteurs immobiliers dans le domaine de l’habitat social, et pourraient faire passer le nombre d’unités de 2500 à 1500 en 2009.

On prévoit également cette année la promotion d’un nouveau type de logement social en zone urbaine et rurale, dont le prix de cession ne devrait pas excéder 140.000 dirhams, avec une superficie supérieure ou égale à 50 mètres carrés, au profit des familles dont le revenu mensuel ne dépasse pas 1,5 fois le salaire minimum.

Cette étude très fournie et détaillée, destinée à évaluer les forces et les faiblesses du programme de logements sociaux, montre qu’en dépit des efforts pour tenter de couvrir soixante villes, c’est Casablanca qui en bénéficie le plus. Plus de soixante pour cent des acheteurs ont acheté un logement à des prix inférieurs ou égaux à 200.000 dirhams, et soixante-dix-sept pour cent des logements ont été achetés par des ménages dont le revenu moyen ne dépasse pas 4000 dirhams.

Le Ministère du Logement maintient que malgré quelques faiblesses, ce programme a donné de bons résultats, comme la création de dix mille emplois, l’émergence d’importants promoteurs privés, et la mise à disposition de logements pour les familles à faible revenu.

Source : Magharebia - Sarah Touahri

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