Huit ans d’études, une alternance à la SNCF : la France veut expulser ce Marocain

- 12h00 - France - Ecrit par : Nadia El Aoudani

Installé en France depuis 2017, un Marocain de 27 ans poursuit une formation informatique tout en travaillant en alternance à la SNCF. La préfecture du Val-d’Oise lui ordonne pourtant de quitter le territoire. Le tribunal de Cergy-Pontoise vient d’annuler cette décision.

À la SNCF, il prépare son avenir dans l’informatique. Mais le 3 octobre 2025, l’étudiant reçoit un refus de renouvellement de titre de séjour accompagné d’une obligation de quitter la France sous trente jours. Il avait demandé la prolongation de sa carte « étudiant » le 19 juin.

Son parcours commence le 7 octobre 2017, lorsqu’il entre en France avec un visa étudiant. En 2018, il s’inscrit en licence d’informatique. La première année lui prend deux ans, la deuxième également. Il valide ensuite sa troisième année en 2024, grâce à une formation de concepteur-développeur en alternance chez Mega services.

Sur Bladi.net : Après deux Masters, la préfecture de Paris juge les études de cette Marocaine pas assez sérieuses

En septembre 2024, il commence un master en ingénierie de données. Il l’interrompt trois mois plus tard, faute d’avoir trouvé une entreprise pour l’accueillir en alternance. En avril 2025, il rebondit avec un cursus de chef de projets informatiques, aménagé sur dix-huit mois. Cette fois, il décroche son contrat à la SNCF.

La SNCF dans le dossier, l’OQTF annulée

Devant le tribunal administratif de Cergy-Pontoise, le Marocain défend la réalité de sa formation, sa progression et ses ressources. Le préfet du Val-d’Oise ne produit aucune observation en réponse à sa requête.

Les magistrats reprennent son dossier étape par étape. Ses premières années ont été longues, mais validées. Sa troisième année a été réussie. Son nouveau cursus est associé à un emploi en alternance. Le 13 octobre 2026, ils estiment qu’il poursuit « avec sérieux ses études » et dispose de moyens d’existence suffisants, selon le jugement du tribunal administratif.

Sur Bladi.net : La préfecture se trompe de 23 jours et veut expulser une Marocaine : la justice tranche

Le refus de séjour et l’OQTF sont annulés. Le tribunal ordonne au préfet de lui délivrer une carte « étudiant » dans les deux mois suivant la notification du jugement. L’État devra aussi lui verser 1 000 euros pour ses frais de justice.