Immigration au Québec : début de la sélection des immigrés maghrébins

- 08h43 - Monde - Ecrit par :

Les horizons québécois s’ouvrent à de nouveaux immigrants, notamment maghrébins. Cette province canadienne compte encore sélectionner une bonne proportion d’immigrés, en raison de la faiblesse de sa démographie et de sa volonté de perpétuer la langue française en Amérique du Nord. Le Québec envisage de sélectionner en 2005 entre 9300 et 9600 nouveaux immigrants maghrébins. En tout cas, c’est ce qu’ont déclaré des responsables du ministère québécois de l’immigration mercredi, au lendemain d’une rencontre d’information et d’échanges avec les représentants des missions diplomatiques et consulaires des cinq pays du Maghreb.

Après une présentation des grandes lignes des politiques relatives à l’immigration en vigueur au Québec, il a été procédé un échange sur une kyrielle de questions allant du processus de sélection des candidats maghrébins et leur information sur le pays d’accueil jusqu’aux problèmes que pose leur intégration au sein des entreprises de ladite province.

La question de l’évaluation et de la reconnaissance des compétences et diplômes acquis dans le pays d’origine ainsi que l’accès à des professions et métiers réglementés par différents ordres de la province ont également été évoqués.

Du côté québécois, on a insisté sur les efforts que déploie la province en vue de mettre à la portée de tous les candidats potentiels une information adéquate sur le processus de sélection, disponible sur le site Web du ministère de l’immigration.

Ainsi pour le candidat qui désire immigrer au Québec, ce site lui offre la possibilité d’effectuer les démarches nécessaires, afin de savoir d’abord s’il répond aux exigences et critères de sélection du gouvernement du Québec, jusqu’à l’obtention du Certificat de sélection du Québec (CSQ).

Ce certificat est une étape préliminaire à la demande de visa de résidence permanente que le candidat doit soumettre à une ambassade du Canada. Comme l’immigration au Québec dépend à la fois des lois fédérales et de celles de la province, ce visa ne peut être octroyé que par le gouvernement fédéral, et ce, après l’évaluation du dossier médical du candidat et le contrôle de sécurité.

Pas besoin de consultant

Par ailleurs, il a été souligné que c’est le ministère qui traite toutes les demandes qui lui sont soumises. Ainsi, pas besoin de recourir aux services d’un consultant en immigration, explique-t-on.

Et d’ajouter, tous les dossiers sont traités de la même façon au niveau du ministère et qu’« aucun traitement prioritaire ou particulier n’est accordé à un dossier d’un requérant qui retient les services d’un intermédiaire en immigration ».

En sus, la partie maghrébine a rappelé à cette occasion les « délais exorbitants » du traitement des demandes des candidats de la région. En effet, plusieurs candidats se sont vus en train d’attendre éternellement sans avoir obtenu de réponses à leur requête jusqu’à présent.

Mouna, 29 ans, d’origine marocaine, en a fait l’expérience. Cette jeune femme voyait en l’émigration au Canada, la seule issue. Elle s’est donc présentée au bureau d’un consultant en émigration et a payé la moitié de la somme (l’équivalent de 12.000 DH) pour le traitement de son dossier. Cependant, malgré le paiement des frais de dossiers engagés par les candidats, rien n’est garanti. Tout se décide au niveau de l’ambassade de Canada au Maroc. « Vous avez toutes les chances de réaliser votre rêve, le pays a besoin de personnes comme vous », a déclaré à l’époque ce consultant.

Trois ans se sont écoulés depuis lors et toujours aucune réponse à sa demande. Des personnes s’apparentant à Mouna sont légion. A cet égard, la consule générale du Maroc à Montréal, Souriya Otmani, a insisté sur la nécessité d’agir avec plus de « célérité dans le traitement des dossiers vu le grand retard engendré par les services de l’immigration ».

En octobre dernier, le gouvernement du Québec avait décidé de déployer les moyens nécessaires afin de traiter, dans un délai de deux ans, quelque 19.000 dossiers provenant des pays du Maghreb qui étaient en attente depuis plusieurs années.

Mme Otmani a aussi mis l’accent sur « la nécessité pour les services de l’immigration de véhiculer la « juste information » sur la réalité du pays d’accueil, en termes notamment de contraintes dressées par les professions réglementés et les ordres professionnels du Québec ». La rencontre des représentants institutionnels des pays maghrébins avec leurs vis-à-vis québécois en charge de l’immigration a aussi donné lieu à un échange à propos du « sérieux problème » de la non reconnaissance des diplômes acquis dans le pays d’origine et des obstacles que rencontrent les Maghrébins « à trouver un emploi correspondant à leurs capacités professionnelles ». Pour la consule marocaine, cette situation « engendre de sérieux problèmes d’intégration à la société d’accueil ».

Du côté québécois, on a rappelé qu’un groupe de travail a remis en mars dernier à la ministre de l’Immigration et des communautés culturelles, Lise Thériault, un rapport sur « les personnes immigrantes formées à l’étranger et l’accès aux professions et métiers réglementés » qui fait état des difficultés auxquelles se heurtent les immigrants pour faire reconnaître leur formation et leur expérience par les organismes québécois de réglementation.

Les recommandations de ce rapport sont actuellement examinées par une équipe réunissant des membres de l’Office des professions, des dirigeants d’ordres professionnels, d’institutions d’enseignement et des représentants des communautés culturelles, avec l’objectif d’élaborer un rapport, en octobre prochain, sur les mesures à adopter afin que « le Québec puisse réussir l’intégration de ses immigrants au marché du travail ».

Initiée par le ministère des relations internationales du Québec, cette rencontre a réuni des responsables en charge de l’immigration aux consuls généraux du Maroc, de l’Algérie et de la Tunisie, en poste à Montréal, et des représentants des ambassades de la Libye et de la Mauritanie à Ottawa.

Boualani - Al Bayane

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