Coup de froid sur l’industrie

- 12h58 - Maroc - Ecrit par : L.A

L’industrie a tourné au ralenti pendant le mois de novembre. C’est ce qui ressort de la dernière enquête de conjoncture de Bank Al-Maghrib (BAM) publiée le 19 décembre. En effet, 44% des industriels interrogés par la banque centrale évoquent une baisse de la production. Les machines n’ont tourné qu’à 69% de leur capacité, chiffre en chute de 1 point par rapport à octobre.

Ce recul est plus important dans l’agroalimentaire et les industries chimiques et parachimiques. Dans le premier, ce sont 48% des opérateurs de l’échantillon de 400 entreprises de BAM qui affirment faire face à une baisse de l’activité contre 27% parlant de hausse. Pour la chimie et parachimie, le camp de la baisse est encore plus important, avec 54% de l’échantillon interrogé.

Dans les autres secteurs, le constat est plutôt nuancé avec une légère tendance à la hausse. Le plus surprenant est l’avis des opérateurs textiles. Ceux interrogés par BAM affirment, dans leur majorité, avoir enregistré une hausse de la production en novembre dernier. Ils sont exactement 48% à avoir donné cette réponse contre 22% qui affirment le contraire. La stagnation a concerné 30% de l’échantillon.

Cette opinion dominante de hausse de production dans le textile d’un mois à l’autre est à relativiser parce que succède à un mois d’octobre catastrophique pour le textile. Les chiffres du Commerce extérieur montrent qu’à la fin de ce mois-là, les exportations de textile et confection ont baissé de 6,6%. Cette période a été marquée par de fortes intempéries et qui ont notamment paralysé la zone industrielle de Tanger. Des opérateurs faisaient même état d’une baisse de l’activité de 10 à 25%. Quoi qu’il en soit, les textiliens interrogés par BAM semblent vivre, dans l’ensemble, une réelle embellie. Ainsi, ils sont 45% contre 31% à déclarer une hausse des ventes globales et 34% contre 25% à constater une hausse des commandes. Côté prévisions pour les trois mois à venir, la majorité de l’échantillon s’attend à un coup de froid sur l’activité.

Réduction du personnel chez les sous-traitants automobiles

Dans le club des secteurs haussiers, l’on trouve aussi les industries mécaniques et métallurgiques (MM) et les industries électriques et électroniques (EE). Pour les MM, ils sont 33% à parler de hausse contre 24% à la baisse. La stagnation concerne 43%. Quant aux industries électriques et électroniques, une majorité d’opérateurs (49%) fait état d’une hausse de la production au mois de novembre contre 34% qui constatent une baisse. Là encore, le résultat de l’enquête est à rapprocher avec d’autres éléments. Le premier est le fait qu’aussi bien les MM que les EE sont des fournisseurs d’autres secteurs. Ils dépendent donc de la bonne santé de ces secteurs utilisateurs. Sur cette liste figurent, entre autres, l’automobile et l’immobilier. Le premier est frappé de plein fouet par les effets de la crise financière internationale.

Le Maroc n’échappe que partiellement à cette tendance. S’il n’y a pas encore des fermetures de sites ou des arrêts de production, il est certain que des sous-traitants automobiles ont réduit leur personnel intérimaire. Cela est synonyme de baisse de la production. En conséquence, la demande adressée aux fournisseurs de produits intermédiaires (MM et EE en particulier) devrait elle aussi ralentir.

Quant à l’immobilier, difficile d’affirmer une baisse de la production. L’on parle, ici et là, d’un ralentissement notamment dans le haut standing. Par ailleurs, le délai observé de l’achèvement des chantiers a tendance à se prolonger. Cela peut signifier que même la demande adressée aux fournisseurs de matériaux de construction s’essouffle. Mais il n’y a pas de chiffres corroborant cette idée. Néanmoins, l’on sait que la demande étrangère, elle, est en baisse notamment en provenance des marchés immobiliers en France et en Espagne.

L’analyse des réponses concernant les ventes pour le mois de novembre permet de s’apercevoir qu’il y a bel et bien un coup de froid sur les secteurs MM et EE. Pour le premier, 27% parlent de hausse contre 22% pour la baisse. L’écart n’est pas très important. En revanche, la majorité de 51% évoque une stagnation des ventes. Dans l’électricité et l’électronique, le constat de baisse l’emporte. Une majorité de 52% déclare avoir assister à un recul des ventes au mois de novembre contre 47% pour la hausse. La stagnation n’a concerné que 1% de l’échantillon de BAM. Les prévisions à trois mois confirment les opinions optimistes des opérateurs des MM et EE. Dans le premier secteur, ils sont 33% à parler d’une hausse de la production à moyen terme. Cette proportion est de 47% dans le secteur électrique et électronique.

En ce qui concerne les prix, l’enquête de BAM note qu’ils sont en baisse continue pour les produits finis.

Source : L’Economiste - Nabil Taoufik

  • 50.000 emplois déjà perdus dans le textile, 70.000 autres menacés

    C'était prévisible : la crise économique internationale ne pouvait pas manquer d'affecter l'économie marocaine, après avoir sévi là où elle est née, c'est-à-dire en Occident. Et l'on savait que les secteurs tournés à l'export étaient particulièrement exposés. Désormais, des éléments existent qui confortent les appréhensions formulées par les prévisionnistes, notamment.

  • La crise en Europe produit ses premiers effets au Maroc

    L'économie marocaine ne s'en sort pas trop mal pour le moment, surtout dans un contexte marqué par de fortes turbulences, notamment sur son principal marché, l'Union européenne. La croissance prévue à 6,8% au terme de l'année 2008 ne devrait pas baisser à la fin de l'exercice.

  • Les industriels marocains confiants pour 2008

    La production industrielle se porte globalement bien. C'est ce que révèle l'enquête de conjoncture de Bank Al-Maghrib relative au mois de novembre. Rappelons que l'institut d'émission effectue mensuellement un sondage d'opinion auprès d'un échantillon représentatif de 400 entreprises opérant dans le secteur industriel. Ainsi, production, ventes et stocks ressortent au vert.

  • La production de l'industrie textile chute de 8,6% en 2010

    La production de l'industrie textile a plongé de 8,6% au cours du deuxième trimestre de cette année selon le Haut commissariat au plan (HCP).

  • IDE, tourisme, MRE, textile : Rattrapés par la crise internationale

    Tourisme, transferts des MRE, IDE et exportations de produits sous-traités, textile notamment. Si la crise devait toucher l'économie marocaine, c'est par ces quatre volets qu'elle devrait s'infiltrer. Telle était l'analyse des experts lorsque la débâcle du système financier international battait son plein, il y a deux mois. Le système bancaire étant immunisé, les regards se sont donc rivés sur l'économie réelle. Et bien, la baisse de régime de ces quatre grandeurs est une réalité.

  • Conjoncture : les premiers impacts de la crise

    Dans sa dernière note de conjoncture datée de février, Bank Al-Maghrib laisse entrevoir, pour la première fois depuis le début de la crise, les signes avant-coureurs de vulnérabilité de notre économie. En cause, les contre-performances économiques annoncées pour la zone euro, principal partenaire commercial du Maroc, qui, selon les experts de la BAM, devraient avoir un impact significatif sur notre économie en 2009 via les canaux traditionnels de transmissions : exportations, transferts des MRE, IDE ou encore le tourisme.

  • Crise financière : le Maroc bientôt touché ?

    Ralentissement des exportations, tassement des recettes touristiques, quasi-stagnation des IDE et des transferts des MRE ! Ce seront là, en gros, les répercussions de la crise financière sur l'économie marocaine à court et moyen termes.

  • Sondage : la crise dans les têtes

    A quel degré la crise a-t-elle atteint l'économie nationale ? La rédaction de L'Economiste a réalisé un coup de sonde auprès des opérateurs économiques des secteurs les plus exposés. Les avis sont partagés. Certains sont plus touchés que d'autres, mais globalement, les entrepreneurs ne veulent pas céder au pessimisme.

  • Inflation : le Maroc mieux loti que ses voisins

    L'inflation annuelle dans la zone OCDE est en décélération. Elle a atteint 1,5% en décembre dernier. Tel est le constat dressé par l'OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques). Ainsi, entre décembre 2007 et décembre 2008, les prix à la consommation se sont appréciés de 1,5% dans la zone OCDE, comparé à une hausse de 2,2% entre novembre 2007 et novembre 2008.

  • Les Marocains se plaignent de la hausse des prix

    En ce début 2009, les Marocains ont été surpris par la hausse des prix de plusieurs produits et services, d'autant qu'il s'agit de la deuxième hausse en quelques mois seulement.