Trop d’inégalités sociales au Maroc, s’alarme Oxfam

- 06h40 - Maroc - Ecrit par : S.A

Face à la persistance des inégalités sociales en ces temps de Covid-19, Oxfam Maroc pose le diagnostic et formule plusieurs recommandations.

Le système fiscal marocain est passé au peigne fin. Dans son dernier rapport « Fair tax Monitor : Analyse du système fiscal marocain », Oxfam fait remarquer que le Maroc a enregistré une croissance soutenue de ses recettes fiscales au cours des deux dernières décennies. Seul paradoxe : l’analyse de l’élasticité du système fiscal marocain pendant la même période montre que ce dernier est incapable de suivre sur le même rythme l’évolution de la richesse créée.

Toutes choses qui amènent Oxfam à marteler que la relance économique doit s’installer sur la base d’une assiette plus large et d’une fiscalité progressive. « La relance économique et sociale du royaume ne doit pas être au prix de la réduction des recettes publiques car cela impacte l’ensemble du pays. Il y a des choix politiques à faire, notamment dans ce contexte de crise Covid-19, c’est le moment de prioriser la génération de valeur réelle, la coopération et l’avenir de l’ensemble de la population », relève Asmae Bouslamti, responsable de programme Gouvernance à Oxfam au Maroc.

« Élargir l’assiette fiscale pour rendre plus juste la contribution de l’ensemble des acteurs économiques est un des grands défis pour le Maroc dans le contexte actuel. La taxation sur la richesse est l’un de ces moyens qui a été recommandé depuis les Assises de la Fiscalité 2013 et confirmé en 2019. Il n’est plus question de repousser à nouveau une mesure qui donnerait de l’espoir aux populations démunies et un tournant qui permettrait au système fiscal marocain de mobiliser des recettes et d’être plus juste et progressif », a-t-il ajouté.

Afin d’éviter un retour à l’austérité et une montée de la tension sociale et des inégalités, Oxfam formule quelques recommandations. On peut citer entre autres, agir activement pour améliorer la progressivité des impôts ; établir d’urgence un impôt, exceptionnel ou permanent sur les grandes fortunes et les taxes environnementales ; faire du système fiscal le levier d’une dépense publique efficace et orientée vers les secteurs sociaux ; faire de la TVA un outil de lutte contre les inégalités de classe et de genre ; étudier la pertinence des dépenses fiscales en réduisant les incitations fiscales n’ayant pas donné les effets économiques escomptés ou celles contribuant au creusement des inégalités sociales ; améliorer la gouvernance du système fiscal marocain et la lutte contre la corruption, et enfin, améliorer la participation des citoyens et de la société civile dans l’élaboration des budgets.

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