Investissements à Marrakech, que des records !

- 13h29 - Maroc - Ecrit par : L.A

Marrakech n’a pas de pétrole, mais elle a des atouts. Et le premier d’entre tous est son industrie des loisirs, notamment le tourisme qui lui vaut d’être aujourd’hui la principale attraction du Maroc auprès des investisseurs. C’est incontestablement la cité marocaine la plus vendue dans le supermarché mondial de l’investissement. En quatre ans, les engagements annoncés dans la région se sont élevés à 161 milliards de dirhams. L’essentiel est concentré dans le tourisme et les services périphériques au secteur. Encore que ce bilan ne tient pas compte de gros programmes récents comme Bab Marrakech, Emmar, Al Hambra ou Dar Essalam.

L’année 2003 a marqué une rupture en matière d’investissement dans la région avec 119 projets approuvés en commission ad hoc pour un montant de 8,3 milliards de DH. Depuis, plus rien n’arrête la machine, au point que certains opérateurs ont à un moment prêché une « réorientation » des investisseurs au motif que trop de capacité pouvait menacer l’équilibre économique des entreprises hôtelières.

A fin 2007, le cumul des programmes d’investissement atteignait la bagatelle de 161 milliards de DH. A nuancer toutefois, car ce chiffre ne reflète que les intentions et non les réalisations. Il n’empêche qu’il renseigne sur la tendance lourde de l’attractivité de la région. Ce chiffre n’est pas fortuit puisque plus de 7 projets sur 10 touchent le secteur touristique. L’ensemble des programmes identifiés devraient créer plus de 80.000 emplois.

Annoncer des projets c’est bien. Les concrétiser c’est encore mieux. Le taux de réalisation des projets approche les 70%, selon le Centre régional des investissements (CRI). « Sur une masse aussi critique de projets, il y a naturellement un taux de déchet », confie Abderrazak Moumni, directeur du CRI de Marrakech. « Mais cela ne veut pas dire que les promoteurs en question ne sont pas aussi sérieux ». Entre l’annonce d’un investissement et sa concrétisation, il faut compter deux à trois ans. « Il faut du temps pour le montage, le processus de validation et la conclusion de la convention avec l’Etat, c’est le temps consacré aux études et à la confection du business plan ». Bref, un délai jugé raisonnable par les responsables de la ville.

Pour le wali de la région Tensift-Al Haouz, Mounir Chraibi, « les projets qui n’aboutissent pas sont généralement de type spéculatif ou ceux qui butent sur des financements.

Il y a des investissements plus sûrs que d’autres. « Prenez l’exemple d’Alain Crenn. Le montage, le processus de validation et la conclusion de la convention avec l’Etat se sont déroulés en un temps record : 6 mois pour un programme de 2,4 milliards de dirhams », insiste Moumni. Selon le CRI, les flops tiennent souvent aux clauses négociées ou à l’insuffisance du financement. Les exemples les plus cités sont le projet de la société américaine Strategic Partener ou encore Latsis. Impossible de joindre les promoteurs pour confirmer.

C’est à partir de 2005 que les engagements d’investissement ont pris un tournant. Ils ont doublé de volume pour atteindre les 18 milliards de DH. Plus d’une centaine sur 209 projets sont en cours de réalisation. D’année en année, les projets grandissaient. L’enchaînement des chantiers de construction d’unités hôtelières ou de villages de vacances est visible dans les quatre coins de la ville, à l’entrée de Marrakech et notamment dans le Haouz.

Dans ces projets, évidemment, la composante résidentielle est bien présente. « C’est elle qui va générer du « cash » pour viabiliser le projet. Ces nouveaux investisseurs ne peuvent rentabiliser des projets de plus 2 milliards de DH, terrains de golf inclus, uniquement en construisant une unité hôtelière.

Cela explique aussi pourquoi le secteur des BTP arrive en deuxième position en termes de volume de projets approuvés par la commission. 418 projets avec un montant global d’investissement de 42 milliards de DH ont été approuvés par la commission ad hoc. D’après le CRI, après le tourisme, ce secteur est un des premiers créateurs de nouvelles entreprises et d’emplois dans la région Tensift-Al Haouz.

D’aucuns estiment que ce sont de gros investissements sur Marrakech et s’interrogent sur le devenir de cette région (urbanisation galopante, immobilier trop cher…). Pour d’autres, Marrakech a besoin encore plus d’investissements dans le tourisme résidentiel et l’hôtellerie. « La ville n’a pas encore atteint une masse critique à même de faire face à un choc dans l’industrie touristique », analyse Mounir Chraibi.

Plateforme régionale

Marrakech intra-muros est l’incontestable leader économique de la région. A elle seule, la ville truste 2/3 des projets d’investissement de la région de Tensift, soit 114 milliards de dirhams selon le cumul établi à partir de 2003. La province du Haouz vient loin derrière avec 36 milliards de dirhams.

A Essaouira, près de 7 milliards de DH d’investissements annoncés dans la ville. Mogador fait partie du réseau des stations du plan Azur. Au total, 2,2 milliards de dirhams devraient être investis pour la première tranche. Celle-ci comprend 3 hôtels, 240 villas et deux golfs de 18 trous. Soit une capacité de 4.015 lits de plus. Enfin, avec 51 projets, Kelaât des Sraghnas tente de résister au rouleau compresseur de Marrakech avec 2% du total des investissements, soit 2,6 milliards de DH. Ce qui est colossal pour la taille de l’économie locale. Chichaoua est la dernière de la liste avec 39 projets portant sur moins d’un milliard de DH.

L’Economiste - B.B.

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