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Jeunes MRE : la difficile question du retour définitif

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31 août 2019 - 07h00 - Marocains du monde

Ils sont de plus en plus nombreux ces Marocains de la jeune génération à être confrontés à la difficile question du retour au pays. Comme bon nombre de Marocains résidant à l’Etranger (MRE), Tarek évoque avec beaucoup de nostalgie ces belles vacances d’été pendant lesquelles il retournait avec ses parents au pays pour passer un mois d’immersion au sein de la famille marocaine. Aujourd’hui, malheureusement, ces temps semblent bien s’éloigner et disparaître, pense-t-il.

La tête remplie de souvenirs, Tarek a choisi de passer ses vacances d’été, tout comme ses frères et ses soeurs, dans un hôtel loué à cet effet en Espagne. Parlant du Maroc, "c’est le seul endroit, avec la Belgique, où je me sens chez moi. J’ai encore un grand-père là-bas et j’aime y retourner une fois par an", confie-t-il, avec beaucoup d’émotion.

Pour sa part, Yasmine, 33 ans, se rappelle aujourd’hui encore ces années où elle retournait au Maroc pour rendre visite à sa grand-mère paternelle décédée il y a quelques années. "La plupart de ma famille est ici, en Belgique. Au Maroc, il ne me reste que de la famille éloignée. Mon mari, par contre, a encore sa grand-mère là-bas, il y est retourné quelques jours en décembre".

Si ceux-ci gardent de bons souvenirs de leur pays, les enfants des deuxième et troisième générations meurent d’envie d’aller à la découverte des réalités de leur terre natale, fait observer le journal Le soir Belgique. "En termes de loisirs, il n’y avait pas grand-chose à faire sur place. On restait un peu bloqués à la maison", se souvient Tarek qui s’arrangeait pour écourter le séjour. "On allait tous les jours à la piscine, on ne s’ennuyait pas. Mais quand on grandit, on ne se satisfait plus d’aller juste à la plage. On a envie de faire d’autres choses", confie pour sa part Yasmine dont la famille vivait à Casablanca.

Cependant, pour elle, plusieurs réalités ont contribué à davantage l’éloigner de son pays. "Maintenant qu’on est adulte, on prend conscience de certaines choses qui ne nous donnent pas envie d’y retourner. Les mentalités doivent évoluer. On a grandi en Belgique, on a des valeurs, des idéaux, des règles qui nous semblent basiques, et qui ne sont pas respectés là-bas, par exemple, en termes de droits de l’homme", se désole-t-elle.

Malgré tout, les MRE éprouvent l’envie de garder un lien avec leur pays d’origine en vue de la transmission des valeurs à la jeune génération. Pour preuve, Yasmine et son mari ont effectué un premier grand voyage au Maroc, afin de faire découvrir le pays à leurs filles de 3 et 5 ans, qui parlent arabe et français.

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