L’alcool anime le débat au Parlement

- 17h56 - Maroc - Ecrit par :

L’échange a eu lieu entre le ministre de l’Intérieur et les islamistes. Le PJD s’est encore une fois plaint de la vente de boissons alcoolisées tout aussi bien dans les quartiers populaires que dans les super marchés et les grandes surfaces.

Aussi paradoxal que cela puisse paraître, les boissons alcoolisées ont fait leur entrée fracassante dans l’hémicycle du Parlement et c’est le groupe islamiste du PJD qui est à l’origine de cette irruption. C’est en vérité lors de la séance hebdomadaire des questions orales de mercredi à la Chambre des représentants qu’un député PJD a soulevé - ce n’est pas la première fois d’ailleurs - l’éternel problème de la vente et de la commercialisation des boissons alcooliques.
Le député islamiste a axé son intervention sur trois points : la hausse sans cesse grandissante des licences de débits d’alcools surtout dans des quartiers populaires, la généralisation de la vente des alcools dans les petits commerces, les super marchés et les grandes surfaces et enfin la publicité sur les alcools orchestrée par les super marchés qui bravent la charia islamique. Le député PJD en est arrivé à demander au ministre de l’Intérieur, présent à la séance des questions orales, les mesures prises pour parer à ces infractions.
Calme et courtois, Driss Jettou a, en réponse à la question assez embarrassante du député islamiste, su s’en tirer tout en ménageant la chèvre et le choux. Il faut remarquer dit-il "eu égard aux conséquences néfastes de la consommation excessive des boissons alcoolisées sur les individus et sur l’ensemble de la société sur les plans économique et religieux, en plus des répercussions négatives sur la sécurité et l’ordre public, les services compétents veillent à l’application des lois en vigueur et des licences de débit d’alcools...". Et pour répondre au deuxième volet de la question du député PJD, Driss Jettou fait valoir les efforts entrepris par les autorités dans ce domaine "... des mesures préventives et répressives sont prises à l’encontre des propriétaires de débit d’alcools qui commettent des infractions..."
Bien sûr, le ministre de l’Intérieur est conscient que les services compétents et l’autorité ne peuvent seuls éradiquer ce fléau qui ronge la société, aussi tient-il à impliquer l’ensemble de la société. "... les mesures préventives et répressives...", souligne-t-il "demeurent insuffisantes à elles seules. Il faut le concours de la société civile et des média dans la lutte contre les méfaits de ce fléau..".
Mustapha Ramid, président du groupe PJD à la Chambre des représentants ne laisse pas passer l’occasion d’envoyer une salve au gouvernement qu’il accuse ouvertement "... d’encourager ce fléau, en délivrant les licences de débit d’alcools et en permettant aux agents de la sécurité de monter la garde devant ces lieux...". Bien plus ajoute M. Ramid "... ceux qui sont épinglés en état d’ivresse ne sont passibles que de quelque deux cents dirhams pour être relâchés...". Et pour ne pas donner l’impression de trop enfoncer le clou, Ramid lance cette phrase conciliante à l’égard de M. Jettou "... permettez moi M. le ministre, vous êtes un homme respectable ; je conçois que l’on puisse permettre la vente des boissons alcooliques dans des lieux fréquentés par des chrétiens ou des juifs, mais de là à les vendre dans les hôtels ou les super marchés, c’est un blasphème (Hada Mounkar)...".
Réponse franche et directe, M. Jettou tout en gardant son calme olympien envoie au député islamiste Ramid : "... il n’existe pas un seul pays au monde ou l’alcool n’est ni vendu ni consommé... " et là le ministre de l’Intérieur tend bien la corde avant de tirer sa flèche "... même les pays qui en interdissent la consommation et la vente en consomment plus que notre pays, à travers la contrebande et la fabrication clandestine pour ne pas dire domestique...". Ceci étant dit M. Jettou rappelle que "... plus de soixante licences de débit d’alcools ont été retirées dernièrement...". Et pour mettre fin à ce débat qui dit-il est l’affaire de tous, le ministre de l’Intérieur annonce que le gouvernement a pris "... l’initiative de déléguer aux walis l’approbation de l’accord et du retrait des autorisations de débit d’alcools, pour qu’ils soient en mesure de suivre de très près leur utilisation.

  • Forte progression des islamistes aux élections marocaines

    Les islamistes du Parti Justice et Développement (PJD) ont enregistré "une importante progression" lors des élections législatives du 27 septembre au Maroc, selon les premiers résultats annoncés par le ministre de l'Intérieur.

  • Youssoufi plaide pour l'amélioration de la qualité des services fournis aux ‎MRE

    Le Premier ministre, M. Abderrahim Youssoufi a appelé à ‎oeuvrer pour développer la performance des organismes chargé d'assister et ‎d'orienter les membres de la communauté marocaine résidante à l'étranger aussi ‎bien à leur arrivée au Maroc que dans les pays d'accueil.‎

  • Coup d'envoi officiel de la campagne électorale pour les législatives marocaines

    Le ministre marocain de l'Intérieur, Driss Jettou, a donné le coup d'envoi officiel lundi de la campagne électorale des premières élections législatives organisées depuis l'accession au trône en juillet 1999 du roi Mohammed VI et prévues le 27 septembre.

  • Quand nos filles sortent le soir

    Il est désormais fréquent de voir des mineurs, garçons et filles, accéder aux boites de nuit, Pubs et autres, sans aucun contrôle d'identité. Ce qui se passe à l'intérieur est encore plus inquiétant .

  • Quelle représentation pour les RME ?

    Parmi les textes actuellement en discussion au parlement, un projet de loi organique relative à la chambre des Conseillers. Lors de son passage en commission, des voies se sont élevées pour demander aux résidents marocain à l'étranger (RME) le droit de voter pour leur représentants à la Chambre des conseillers. Un vœu qu'il faut avoir le courage de sortir d'un sentimentalisme démagogique. Pour s'interroger, sans passion et en toute objectivité, sur l'opportunité ou l'inutilité d'une telle proposition.

  • Elections législatives : fin de la campagne de recensement du corps électoral

    Les opérations de recensement du corps électoral marocain se sont achevées mercredi après une intense campagne du ministère marocain de l'Intérieur pour l'organisation des "premières élections transparentes" depuis l'indépendance du royaume en 1956. Note de bladi.net : Les MRE ne sont pas des citoyens Marocains ?

  • La publicité au Maroc

    Un livre sous forme d'un long spot, ou un long spot converti en livre. En tout cas, le livre “Entr'acte : la publicité au Maroc”, de M. Driss Alaoui M'Daghri, a le mérite d'initier une première. Un livre sur la publicité au Maroc, une entreprise qui manquait cruellement à un secteur qui semblait être une sorte de long fleuve interminable, mais aussi insaissisable, incompatible avec la réflexion et surtout définitivement fermé à l'accumulation et à l'écriture, au-delà du laps de temps que peuvent durer la préparation et la diffusion d'un spot

  • Les "émirs de sang" font leur entrée sur la scène marocaine

    Le récent démantèlement d'un réseau d'une trentaine d'islamistes, accusés de crimes d'inspiration religieuse, alimente depuis une semaine le débat politique et médiatique au Maroc, un pays jusque-là épargné par la violence intégriste.

  • Miss Maroc 2002 a été reporté

    Au bon vouloir des islamistes Miss Maroc 2002 a été reporté. Il se tiendra en octobre. Mais pour éviter la levée de boucliers islamistes , ce concours de beauté a changé de dénomination et ne connaîtra pas de défilé en maillots de bain. Par petites touches, un nouvel ordre moral s'impose face au silence des démocrates.

  • Une décision du Conseil constitutionnel met à mal les élections Marocaines

    Le Conseil constitutionnel marocain vient d'invalider plusieurs dispositions de la nouvelle loi électorale, une décision qui devrait techniquement entraîner le report des prochaines élections législatives prévues le 27 septembre, a-t-on appris vendredi de sources gouvernementales. La Haute juridiction a notamment jugé inconstitutionnelle l'élection simultanée de 295 députés au niveau local et celle, au niveau national, d'un quota de trente femmes. L'actuelle Chambre des représentants ne compte que deux femmes sur 325 députés.