Maroc : les cafés en colère
Le Syndicat national des cafés et restaurants du Maroc a vivement réagi à une polémique née sur les réseaux sociaux concernant l’obligation supposée pour les clients de commander une seconde boisson ou de quitter les lieux.
Dans un communiqué, l’organisation affiliée à l’UMT dénonce une tentative de « ternir l’image » de la profession, affirmant que ce débat masque les difficultés économiques profondes du secteur.
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Le syndicat affirme que le véritable enjeu n’est pas dans la relation client-patron, mais dans les « politiques publiques » qui pèsent sur leur activité. Il énumère une série de charges qui « ont étouffé le secteur et l’ont conduit au bord de l’effondrement » : le poids des impôts et taxes, la hausse du coût des matières premières, les factures d’eau et d’électricité, ainsi que les loyers et les charges sociales.
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L’organisation syndicale regrette que la discussion se focalise sur des « pratiques individuelles isolées » plutôt que sur cette crise structurelle. Elle rappelle que les cafés ne sont pas « un ennemi du citoyen », mais des « entreprises sociales » qui assurent la subsistance de milliers de familles, et met en garde contre les « graves conséquences » qu’aurait un effondrement du secteur sur l’économie nationale.
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Le syndicat appelle donc les médias à traiter les enjeux du secteur avec « objectivité et responsabilité » et à cesser de publier des « articles superficiels ». Il les invite à se concentrer sur « l’essence de la crise », qu’il identifie comme « l’absence de justice fiscale ». L’organisation a enfin réaffirmé sa disposition à mener « toutes les formes de lutte légitime » pour défendre les professionnels du secteur.