L’orange narcotique

- 11h39 - Maroc - Ecrit par :

La moyenne d’âge des fous furieux qui carburent à la colle de dissolution (communément appelée silicioun), si elle venait à être supputée, appréciée, donnerait la chair de poule. Car ce sont des enfants de la rue principalement, attifés de nippes poisseuses, traînant nonchalamment leur corps de zombies et zonant dans les endroits les plus malfamés, qui s’envoient le contenu « défonçant » des tubes oranges disponibles dans toutes les drogueries sérieuses (qui n’ont jamais mieux porté leur nom !). A Casa, des troupeaux de SDF hauts comme trois pommes se pètent la gueule à l’envi afin que soit plus doux leur enfer, d’omettre, le temps d’un trip, leurs guenilles, leur dégaine très... « outre-tombe » et la racaille ambiante. Enquête dans une favela où ne manquent (pour combien de temps encore ?) que les escadrons de la mort.

Lundi 6 octobre, 15 heures. Dans ce trou perdu comme il en est tant à Casablanca (un quartier mixte, mi-HLM mi-bidonville, de la commune de Ben M’sick), un café proprement crasseux abrite, du matin au soir, des « chemkara » par dizaines. Quel spectacle navrant que celui de ces gamins gaspillant le clair de leurs plus belles années à sniffer leurs chiffons imbibés de produit chimique, à regarder, avec une béatitude crétine (à la manière d’une vache regardant défiler des wagons), la télé surannée de ce foutu boui-boui qui leur sert de Q.G. !

La colle de dissolution, employée originellement pour rafistoler des pneumatiques, des chambres à air, est détournée de son usage de base par nombre de malheureux avides d’enivrement violent. C’est l’équivalent, dans les pays du Tiers-Monde, du crack aux Etats-Unis : une drogue dure, chimique, à laquelle l’on s’accoutume très vite (après quelques prises seulement), et qui cause de profonds ravages physiologiques et psychologiques.

Ravage

L’unique différence – de taille – entre ces deux ####ries, c’est que le crack est un dérivé de la cocaïne ; il coûte cher, par conséquent, et booste le taux de criminalité Outre-Atlantique (les accros en manque sont prêts à tout pour s’offrir leur came). Au contraire, un tube orange de colle de dissolution (contenant 15 centimètres cubes) coûte une misère : entre 5 et 10 DH.

Le prix, ridicule au demeurant – au vu de la violence de l’effet de cette drogue -, fluctue parce que d’aucuns parmi les droguistes commercialisent un lot indissociable, comprenant le tube de colle et un rouleau de gomme en caoutchouc (« ristin » dans le jargon usuel des réparateurs de cycles), et refusent de satisfaire la demande des nombreux vagabonds qui viennent s’approvisionner chez eux.

Hélas, des collègues moins scrupuleux vendent la colle séparément, afin d’en abaisser le prix de vente et d’attirer davantage d’accros. Mais, la palme du « capitalisme sauvage » revient sans conteste à quelques cyclistes et drogueries qui, dans les quartiers populaires, font office, de détaillants en drogue de dissolution et écoulent comme des petits pains des doses facturées 1 Dh, 50 centimes, et même 20 centimes, à des mioches désargentés...

« Si je soupçonne mon client d’être un chemkar, s’il est trop jeune, qu’il est sale, mal fagoté, je demande à mes employés de le chasser. Le problème, c’est qu’il m’arrive de prendre des vessies pour des lanternes, ou plus exactement des commis de cyclistes pour des drogués. Parfois, mais c’est très rare, des gamins tentent de nous menacer lorsqu’ils sont à cours d’argent. Une fois, il y a même eu un misérable qui a essayé de chiper, sous nos yeux, tout un casier rempli de tubes oranges », indique Ba Mustapha.

« Je suis croyant et je ne souhaite pas m’enrichir sur le dos d’égarés. Je pense même, depuis un bout de temps déjà, à ne plus proposer ce produit. En fait, et cela en devient marrant, il y a probablement davantage de « chemkara » que de cyclistes qui demandent cette malédiction », poursuit-il, assis derrière la caisse enregistreuse de cette droguerie du centre ville (d’où j’ai acheté un tube orange, et l’inévitable « ristin » qui va avec).

C’est l’un des employés de cette échoppe qui m’a briefé sur l’existence du café dans lequel je me trouve actuellement, en compagnie d’Ali notamment (pas Zaoua !), un gosse de 12 ans à tout casser, qui s’amuse comme un fou, depuis tout à l’heure, à répéter tel un perroquet (au ramage aussi saumâtre que le plumage) chacune des phrases du « scénar » qui ne tient pas la route d’un des « feuillecons » mexicains dont nous gavent – sans scrupule aucun - les deux chaînes locales.

Ali est un gosse de la rue, une épave comme tant d’autres. Il n’affiche qu’une poignée de printemps au compteur, mais semble d’ores et déjà bon pour la casse : trop d’accidents, de pépins. Il traîne avec lui une toux inquiétante, qui rappelle le vrombissement d’une 4L époumonée. Ses dents, cette espèce – jaunâtre - en voie de disparition dans sa bouche, son visage, tellement tailladé qu’il en devient difforme, son regard, vide de toute expression, aux abonnés absents, etc. Tout en lui transpire les déboires, l’indigence, l’exclusion sociale. Il ne sent pas la rose, mais s’en balance de son odeur pestilentielle, comme de tout le reste, d’ailleurs. Tout ce qui compte pour lui, c’est d’avoir constamment son tube orange à portée de main.

Mode d’emploi

Ali, lorsqu’il n’est pas en adoration devant la magie cathodique, raconte plein de trucs incohérents et se permet d’aborder à peu près tous les sujets. Par contre, l’on sent qu’il est sûr de son affaire quand il parle de sa drogue : « Ya des gars qui sniffent un chiffon badigeonné de colle (NDLR : à la manière des éthéromanes), d’autres qui l’appliquent directement sur une paume, joignent les deux mains et inhalent, en veillant à laisser une petite embrasure pour que de l’air puisse filtrer. Moi, je préfère la méthode la plus expéditive, qui consiste à verser de la colle à l’intérieur d’un sachet en plastique et d’en inspirer le contenu par une petite fente ; ça déchire trop, « son Dieu » (NDLR : interjection avec laquelle Ali ponctue quasiment toutes ses phrases) ». Alentour, aux autres tables de ce sale salon de thé où le verre de menthe coûte 2 DH et le café noir un de plus, des vagabonds (de 7 à 77 ans quasiment) mettent en pratique chacune des méthodes inventoriées par Ali.
Son feuilleton « mexicon » terminé, le garnement semble disposé à parler de son univers, de son expérience, mais souhaite d’abord s’administrer quelques calées grisantes. Il se saisit de son tube, de son sachet en plastique, et se drogue avec application. Il inspire et expire bruyamment, tel un forcené, à plusieurs reprises, l’air contenu dans le sachet transparent.

Rassasié, il se rabat mollement sur le dossier de sa chaise, ferme les yeux, reprend son souffle, ouvre ses yeux, livides et dilatés comme il n’est pas permis, sourit longuement comme un grand dadais, et reste ainsi figé, quelques minutes durant. Il paraît déplacé incongru de l’interrompre, tant il a l’air de planer. « Anouar in the Sky with Diamonds »...

Ce que les vagabonds en herbe comme Ali appellent « tippa » (prononciation à la sauce locale du mot tube, vraisemblablement) est la seule drogue, avec la cigarette et l’alcool, à être écoulée sur le « marché formel ». Ceci est fâcheux, d’autant que la colle de dissolution est autrement plus nocive qu’une drogue, prohibée, comme le cannabis. Les accros de cette drogue dure au rapport qualité (de la griserie) / prix imbattable ne transgressent logiquement aucune législation en cours sous nos latitudes lorsqu’ils achètent et s’envoient dans le « cortex » leur came.

Cependant, fait remarquer Ali, qui est sorti de sa torpeur, les flics ne sont pas tendres à l’endroit des usagers de « tippa », qu’ils admonestent avec virulence, tabassent, et alpaguent même, de temps en temps, comme pour garder la main. « Les flics me foutent les foies, mais ces derniers temps, parce qu’il y a la grande chasse aux barbus, ils nous foutent la paix. J’espère qu’il y a encore beaucoup d’islamistes à arrêter », raille-t-il en répandant davantage de glu dans son sachet. Et c’est reparti pour un tour ! En deux heures passées dans ce café pour junkies, Ali aura infligé une bonne dizaine d’assauts, de bombardements dévastateurs, à ses pauvres neurones. La colle de dissolution est une arme de destruction massive.

« Ali le chimique »

Complètement bourré, Ali n’en demeure pas moins loquace. En fait, il alterne comme il peut les petites séances télé (bouche béante), les prises chimiques, ainsi que les commentaires les plus délirants à propos de moult choses touchant de près ou de loin à la colle de dissolution, son dada favori. Il saute du coq à l’âne, parle du dernier match (étincelant) du Raja, auquel il aurait assisté, à Rabat, sans avoir de billet d’entrée. Il parle aussi de l’ONCF, dit en substance qu’il n’a jamais payé le moindre ticket, et qu’il prend le train aussi souvent que cela lui chante. Il parle, en outre, de plusieurs villes qu’il aurait visitées, confond les régions, s’emmêle les pinceaux en tentant d’évoquer chacune des étapes de son dernier grand voyage en date...

Ce discours désarticulé est, heureusement, parsemé de moments de lucidité : « La plupart des amoureux de « tippa » se rendent souvent au port pour regarder les bateaux larguer les amarres, pour rêver de délivrance. Nous sommes tous des « harragua » dans l’âme et je connais beaucoup de potes du quartier qui ont réussi à s’installer en Italie ou en Espagne. J’espère que mon tour viendra bientôt, mais il faut beaucoup d’argent et je n’en ai parfois même pas assez pour acheter mon tube et mes « Marquises » (NDLR : Ali est accro des deux depuis plus de trois ans).

« Sinon, je traîne souvent près des voies ferrées, aux alentours des gares, dans le but de prendre au passage le premier train qui se manifeste. Quand j’ai besoin d’argent, je me lave, j’essaye de me fagoter décemment, je grimpe dans le train qui se rend à Rabat et je fais la manche là-bas. Il n’y a pas autant de chemkara qu’à Casa, là-bas, et les gens sont plus généreux », ajoute-t-il.

Sans crier gare, Ali se lève, m’invite à aller payer les consommations, ramasse son « matos », salue quelques-uns de ses congénères et m’attend à la porte du café, qui jouxte une décharge publique où l’atmosphère est plus irrespirable que celle que l’on s’apprête à quitter. « Je dois aller voir mon meilleur ami. Nous sommes tous les deux originaires d’El Jadida et nous avons quasiment quitté nos familles en même temps. A cette heure, il doit m’attendre dans un square public, avec d’autres potes, non loin de Sahat Sraghna, à Derb Soltane. On doit picoler ce soir », lance Ali, 12 ans seulement, et déjà guetté par la cirrhose (entre autres catastrophes) !

Si ce drogué trop jeune est, avant tout, un inconditionnel de la colle de dissolution, il n’en demeure pas moins disposé à goûter toutes sortes de substances enivrantes. En plus de l’alcool, il dit consommer, assez régulièrement, de la résine de cannabis, du « maajoun » (« space-cake », sorte de « sellou » à base de cannabis). Plus grave encore, il avoue avoir déjà ingurgité du diluant, de même que du mélangeur (carburant pour motocyclettes) ! Selon lui, la miche de pain collée sur le pot d’échappement d’un bus au démarrage (une tartine au monoxyde de carbone, en somme) est un incontournable du genre. « Tai farchakh ou ma tai soua oualou (ça défonce et ça coûte pas une thune) », renseigne Ali tandis que nous montons dans un taxi rouge.

Taxi driver

Durant tout le trajet, long de plusieurs kilomètres, le chauffeur de taxi ne s’intéresse pas le moins du monde à la route, au trafic. Il a les yeux rivés sur le rétroviseur et nous détaille obstinément. J’imagine aisément quels scenarii à la Martin Scorsese doivent germer dans le crâne de ce taxi-driver. Au vu des coups d’œil inquisiteurs qu’il me destine, il semblerait qu’il prenne le jeune SDF pour la mouture mâle de Jodie Foster, et, qu’il me considère, pour ma part, comme étant son « mac » ou son client.

Terriblement indisposé par les suspicions probables de notre chauffeur (il n’y a pas que les morveux qui se mouchent, en fait !), j’en viens à espérer qu’il n’aura pas une réaction à la Robert de Niro, qu’il ne volera pas, à coups de colt, au secours de Jodie Foster dans une maison close de Big Apple, si vous voyez ce que je veux dire !

Mais non, la vie n’est pas un thriller du grand écran ! Bien qu’apparemment persuadé d’avoir affaire à un détraqué sexuel, « moul taxi » s’est juste contenté de reluquer la bête (et sa victime), de les juger. Arrivés à destination, il nous a même lancés un « llah yaaouen » mécanique, pathétique en pareille circonstance, une fois la course réglée.

Il n’a pas levé ne serait-ce que le petit doigt alors qu’il préjugeait que le mineur misérable qui venait de quitter le siège arrière de son « red cab » allait passer à la casserole. Il a eu la même réaction, s’est finalement muni des mêmes œillères que celles que nous mettons tous lorsque nous assistons, par exemple, à une scène de drague mettant en scène quelque gros bourgeois ridé dans une grosse bagnole de bourgeois et quelque Lolita qui pourrait être sa petite-fille (si son look était plus tendance).

La politique de l’autruche

Tu parles de redresseurs de torts ! Tout le monde sait que les viols de jeunes vagabonds sont monnaie courante dans les rues de nos villes. Les amateurs de « tippa » sont très jeunes, et traînent souvent avec des vieux de la vieille, peu amènes, peu fréquentables. Souvent fugueurs ou orphelins, ces junkies en culottes courtes sont livrés à eux-mêmes, dans l’enfer de la rue. Pour survivre, ils tentent d’intégrer un groupe comprenant plusieurs « grands ». Et, par la force des choses, ils troquent leur corps efflanqué contre la protection de leurs aînés.

C’est Ali qui m’a décrit ce satané engrenage. Selon lui, la prostitution homosexuelle est une pratique courante dans le milieu des jeunes SDF mâles. Ce serait le moyen le plus efficace pour débrouiller rapidement une somme d’argent assez rondelette. A le croire, il fait quasiment figure d’exception dans un univers gangrené par la pédophilie. « C’est parce que je fais partie d’une bande de jeunes du même âge. Nous avons toujours fait en sorte de ne pas tomber entre les mains de vicelards », assure-t-il. Il prend ensuite congé, explique ne pas souhaiter que je l’accompagne à son rendez-vous, et me demande de lui filer un peu d’argent.

Une poignée d’associations telles Bayti font ce qu’elles peuvent (un travail de proximité fabuleux, en l’occurrence) pour venir en aide aux gamins de la rue. Mais, ces derniers (les ders des ders de la société) sont tellement nombreux ! Et les ONG manquent tant de moyens ! Et tant d’acteurs de la société rechignent encore à ôter leurs œillères, malgré la gravité de la situation !

N’est-il pas temps de réglementer la vente de la colle de dissolution, de l’orange narcotique ? N’a-t-elle pas causé assez de ravages dans les rangs de nos jeunes Intouchables ? La brigade des mœurs ne devrait-elle pas tenter de sauver les fesses des SDF mineurs en étant constamment aux trousses des innombrables « Marc Dutroux » qui sévissent dans nos rues ? Sajid, le nouveau maire de Casablanca, peut-il quelque chose contre cela ?

Comme le faisait remarquer Ali tout à l’heure, l’actualité tend à faire oublier aux autorités l’existence des SDF. Toutes les forces de police sont plus ou moins braquées sur les barbus incultes des quartiers craignos et les prisons croulent d’ayatollahs haineux. L’on peut s’en féliciter, mais, pendant ce temps-là, les gamins abusés continuent de grossir les rangs de ceux qui n’ont plus rien à perdre, des recrues idéales des formateurs de kamikazes. Il faut combattre le mal à la racine ; l’injustice et l’exclusion sociales sont le terreau de l’extrémisme, de la haine ! Décapiter à la va-vite les mouvances islamistes ne consiste qu’à retarder l’échéance de la confrontation (un gars comme Ali finit inéluctablement par crier son désarroi, un jour !). A l’inverse, c’est en s’attaquant aux bases de la discorde, en annihilant le pourquoi de la révolte programmée de Ali et de ses semblables, que l’intolérance peut être proscrite à jamais de notre société.

Mehdi Laaboudi - La Nouvelle Tribune

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