La coopération des services de securité est insuffisante

- 19h14 - Espagne - Ecrit par :

Saluée par les ministres européens de la Justice et de l’Intérieur ainsi que par la Commission européenne, la coopération des services de sécurité et de renseignement marocains a été "insuffisamment exploitée", a déploré vendredi un haut responsable marocain ayant requis l’anonymat.

Ce responsable réagissait à l’hommage rendu jeudi aux autorités marocaines par Antonio Vitorino, commissaire européen à la Justice et aux Affaires intérieures alors que l’enquête sur les attentats de Madrid connaît de nombreux développements en Espagne, en Belgique et au Maroc.

"Les renseignements recueillis par les forces de sécurité marocaines sont d’une extrême importance pour la sécurité de l’Union. C’est le genre de coopération bilatérale que nous devons privilégier", a déclaré M. Vitorino alors que les Quinze viennent de se mettre d’accord sur la nomination d’un "Monsieur Terrorisme" pour coordonner l’action des services de renseignement et policiers au niveau européen.

Sur le plan de l’enquête, la police belge a annoncé vendredi avoir arrêté un suspect "suite au signalement international délivré par les autorités marocaines" pour son implication dans les attentats de Casablanca (45 morts, le 16 mai 2003).

Cette arrestation est intervenue après une série de 20 perquisitions dans les arrondissements de Bruxelles, Tongres et Anvers.

Selon un communiqué du parquet fédéral de Bruxelles, qui n’a pas précisé son identité, le suspect appartiendrait au Groupe islamique combattant marocain (GICM), dont Rabat avait publiquement rappelé la dangerosité dès juin 2003. Selon le parquet fédéral, l’enquête a révélé des "preuves sérieuses" laissant soupçonner la présence en Belgique d’un groupe de "Maghrébins" liés au GICM, qui ont reçu un entraînement paramilitaire en Afghanistan. Le parquet estime qu’il pourrait y avoir un lien avec un autre suspect arrêté aux Pays-Bas.

Le porte-parole du gouvernement marocain, Nabil Benabdallah, a de son côté précisé les identités de trois des suspects marocains arrêtés jeudi en Espagne. Il s’agit d’Abderrahim Zbakh, 32 ans, installé en Espagne en 1999, licencié en chimie de l’université de Tétouan (comme Mohamed Bekkali, interpellé le 13 mars avec Jamal Zougam, le suspect n°1), de Farid Oulad Ali, 33 ans, et de Mohamed Chedadi, 38 ans. Celui-ci serait le frère de Saïd Chedadi, déjà interpellé en novembre 2001 dans le cadre de l’enquête sur le réseau espagnol d’Al-Qaïda menée par le juge Baltasar Garzon.

L’agence marocaine MAP précise par ailleurs que la police espagnole a arrêté jeudi un ressortissant espagnol "soupçonné de vol d’explosifs dans la province de Burgos qui avaient été utilisés par la suite dans les attentats de Madrid".

Des opérations de police sont actuellement menées dans le nord du Maroc pour interpeller les personnes susceptibles notamment d’avoir pu être en contact avec Jamal Zougam et de Mohamed Fizazi, un imam salafiste de Tanger condamné dans l’enquête sur les attentats de Casablanca après avoir prêché à la mosquée "Al-Qods" (Jérusalem) de Hambourg (Allemagne).

Une semaine après le séisme sécuritaire du 11 mars, il semble donc désormais acquis que les enquêteurs européens travaillent principalement sur les conclusions de leurs homologues marocains sur les attentats du 16 mai, officiellement commandité par Abou Moussab Zerkaoui, un Jordanien "cadre opérationnel" d’Al-Qaïda et réputé proche d’Ansar al-Islam, un groupe basé au Kurdistan irakien.

La police marocaine avait ainsi mis en garde Madrid sur Jamal Zougam, mais également sur Abdelaziz Benyaïch et Hicham Temsamani, tous deux arrêtés en Espagne en juin 2003 à la demande du Maroc et considérés comme des "maillons" essentiels de l’antenne espagnole d’Al-Qaïda. Interpellé puis relâché par les enquêteurs espagnols en juillet 2001, Benyaïch, dont le frère Salaheddine a été condamné pour les attentats de Casablanca, avait fréquenté à Tanger l’islamiste français David Courtailler, également connu de Zougam.

Extradé le 12 mars vers le Maroc, Hicham Temsamani est quant à lui le frère de Rachid Temsamani, un baron de la drogue du nord du Maroc, arrêté en Espagne en novembre 2000 et soupçonné d’avoir établi un important trafic avec l’Espagne (Malaga), mais également avec l’Italie (Naples), les Pays-Bas et la Belgique où vit une importante communauté marocaine de 100.000 personnes dont une majorité originaire de la région du Rif, où le cannabis est cultivé à grande échelle.

La qualité de la collaboration policière entre Rabat et ses partenaires européens semble donc avoir souffert des très difficiles relations entre José Maria Aznar et les dirigeants marocains.

"En raison des tensions politiques entre Rabat et Madrid, les alertes des autorités sécuritaires marocaines n’ont pas été prises au sérieux par les Espagnols", déplore le quotidien marocain "Aujourd’hui". L’hebdomadaire "Maroc Hebdo" estime quant à lui vendredi que Aznar "a payé la facture de sa rigidité" et de "son enfermement hagiographique". AP

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