Le Maroc veut attirer deux fois plus de touristes

- 10h12 - Maroc - Ecrit par :

C’est une volonté royale : le Maroc veut tripler sa capacité hôtelière d’ici cinq ans. Le « plan Azur », lancé au début du règne de Mohammed VI, prévoit l’aménagement de toutes pièces de six nouvelles stations balnéaires d’une capacité globale de 100 000 lits et la mise en service de 50 000 lits supplémentaires dans les destinations dites « culturelles ». Ce qui reviendrait à tripler la capacité d’accueil actuelle.

Le pays a reçu 5 millions de touristes en 2005. L’objectif est d’en accueillir 10 millions en 2010. Comme tous les pays dits « en voie de développement », le Maroc est aux prises avec une démographie galopante et il faut créer des emplois pour les jeunes qui sont des dizaines de milliers à arriver chaque année sur le marché du travail. Le nouveau plan d’aménagement devrait permettre de créer 600 000 emplois au cours des cinq prochaines années.

On peut s’interroger sur les chances de réussite d’un tel projet. En effet, il repose principalement sur la création de nouvelles stations balnéaires. Or, les experts marocains sont les premiers à le reconnaître : ce qu’on appelle le « balnéaire classique » est dépassé. On n’enregistre plus de croissance dans le monde pour la formule des séjours à la plage. Même au Maroc, la demande pour les forfaits « plage » est stagnante. Les « nouveaux touristes » européens favorisent maintenant les courts séjours dans des villes comme Fès, Ourzazate et, surtout, Marrakech. En Europe, c’est le « city break », autrement dit l’escapade urbaine, qui a le vent dans les voiles. Cette nouvelle habitude de consommation touristique a été stimulée par l’apparition des transporteurs à bas tarifs qui se sont multipliés sur le continent.

Le Maroc a d’ailleurs saisi l’occasion au vol en adoptant une politique de « ciel ouvert », ce qui a permis à plusieurs transporteurs à bas tarifs européens- Air Horizons, Corsair, Globalia, Air Berlin, etc.- de desservir les centres touristiques du pays. La compagnie nationale, Royal Air Maroc, a lancé en juillet une filiale à bas tarif, Atlas Blue, qui vole vers plusieurs grandes villes européennes. Le succès est fulgurant. Plus d’un million de touristes ont emprunté ces compagnies à bas tarif pour effectuer, en 2004, un séjour, généralement court, à Marrakech, destination fort prisée des amateurs de « city break ».

Jalouses, les autres villes impériales comme Fès et Meknès veulent profiter de cette nouvelle mode. Le président de Royal Air Maroc a l’intention de leur donner satisfaction : « Nous voulons faire passer certaines villes, qui sont aujourd’hui des destinations d’étape, au rang de destination de séjour », déclarait-il aux Assises du tourisme, qui se sont tenues à Ouarzazate du 13 au 15 janvier.

Mais quels arguments trouvera-t-on pour vendre les six nouvelles stations balnéaires qui devraient ouvrir leurs portes d’ici 2010 ? Quatre d’entre elles sont déjà en chantier et les premiers hôtels devraient accueillir leurs premiers clients en 2007. Il y a déjà trop de capacité hôtelière dans le bassin méditerranéen et les Marocains en sont conscients. Leur principal concurrent, la Tunisie brade ses chambres qui restent vides en hiver, au grand plaisir d’ailleurs de milliers de Québécois qui s’y réfugient de décembre à avril, en bénéficiant de tarifs imbattables. Les promoteurs marocains du plan Azur parlent donc de « stations balnéaires de quatrième génération » qui devraient intéresser les vacanciers qui se détournent du « balnéaire traditionnel ».

De quoi s’agit-il exactement ? Lorsqu’on entend les experts marocains donner leur définition du concept, on croit voir un complexe de la Riviera Maya ou de Punta Cana : des bâtiments de trois étages ou moins, de grands jardins, le respect des principes de développement durable... Bref, on ne réinvente rien. Par contre, on parle de « spécialiser » ces stations en leur donnant à chacun une vocation particulière : le golf, les sports, la culture grâce à la proximité d’une ville intéressante... Cela, de manière à permettre à la clientèle de s’adonner à d’autres activités que le bronzage et la baignade.

Plusieurs groupes européens participent activement au projet, notamment Accor, leader mondial de l’hôtellerie, la chaîne espagnole Barcelo et d’autres aux noms moins connus de ce côté de l’Atlantique.

Les touristes canadiens, là-dedans ? Ils sont actuellement 35 000 à visiter le Maroc chaque année. Les autorités marocaines parlent de 110 000 en 2010 et Royal Air Maroc, qui assure actuellement cinq vols par semaine en hiver et six en été, a l’intention de desservir Montréal avec un vol quotidien d’ici deux ans.

André Désiront - Cyberpresse.ca

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