Légalisation de la prostitution au Maroc : la proposition choc d’un avocat

- 17h00 - Maroc - Ecrit par : S.A

Au Maroc, un avocat inscrit au barreau de Rabat plaide pour la légalisation de la prostitution et en expose le bien-fondé.

S’appuyant sur le « règlement de l’exercice de la prostitution dans la ville de Larache », publié en 1917 par le conseil municipal de Larache pour encadrer et organiser la pratique de la prostitution au niveau de la ville, l’avocat Mohamed Almou, inscrit au barreau de Rabat, a appelé à la « légalisation de la prostitution au Maroc ». Dans un post sur son compte Facebook, il a expliqué que « la prostitution, malgré le rejet moral et religieux dont elle fait l’objet, demeure une réalité existante et en expansion ». Estimant que cette pratique est rejetée par « principe parce qu’elle porte atteinte à la dignité et à l’humanité de la femme », il avance qu’une « approche réaliste exige l’étude du phénomène de manière pragmatique, en tirant profit des expériences légales précédentes pour évaluer la capacité de la légalisation à réduire ses effets sanitaires et sociaux ».

À lire : Villas transformées en maisons closes : ras-le-bol à Marrakech

Selon l’homme de droit, la propagation de la prostitution a connu une nette augmentation ces dernières années, en raison du développement des moyens de communication modernes, des conditions économiques difficiles, de la destruction des liens familiaux et de l’absence d’opportunités d’emploi. « Continuer à ignorer le débat à son sujet constitue une forme de déni de la réalité et non une solution », estime-t-il. Il martèle que : « toute éventuelle légalisation de la prostitution doit inclure des réglementations comprenant l’interdiction pour les mineures, les femmes mariées et les femmes enceintes d’exercer cette activité, la fermeture des lieux clandestins, l’obtention d’une autorisation préalable pour chaque établissement, en plus de se soumettre à des examens médicaux périodiques sous la supervision d’un organisme spécialisé ».

À lire : A Tanger, ras-le-bol de la prostitution

Pour Almou, il est impérieux de « protéger l’ordre public et la tranquillité des citoyens en définissant des lieux spécifiques pour cette activité, ainsi que des horaires précis de fermeture, et en interdisant aux pratiquantes de se “montrer aux fenêtres, d’importuner les passants ou d’attirer leur attention” ». Aussi, a-t-il insisté sur la nécessité « d’obliger les propriétaires des établissements à informer les autorités de tout changement dans la situation sanitaire des travailleuses dans un délai n’excédant pas 24 heures ». Aux yeux de l’avocat, « la légalisation pourrait constituer une porte d’entrée pratique pour contenir l’expansion alarmante des maladies sexuellement transmissibles »

À lire : Réseau de prostitution à Agadir : la justice frappe fort, 25 condamnations

Cette approche « peut contribuer à l’organisation de l’espace public et à la réduction des manifestations de la prostitution non réglementée, ainsi qu’à la diminution des crimes d’escroquerie, de chantage et de traite des êtres humains, ainsi que du phénomène des enfants des rues », a-t-il ajouté, insistant sur le fait que « le débat sur la légalisation de la prostitution doit être fondé sur une approche intellectuelle et stratégique équilibrée qui tienne compte de la dignité humaine et de la protection de la société, loin de toute réaction ou normalisation avec le phénomène ». Et de poursuivre : « reconnaître l’existence du problème est la première étape vers son traitement avec rationalité et responsabilité collective ».

  • Maroc : trois dossiers sensibles liés à des tiktokeurs examinés

    Adam Benchekroun, un jeune tiktokeur, sa mère, ainsi que le créateur de contenus surnommé Moulinex, comparaissent devant la justice tangéroise dans le cadre de trois affaires distinctes liées à la pédopornographie et à l'exploitation de mineurs.

  • A Tanger, ras-le-bol de la prostitution

    Les habitants de certains quartiers de la ville de Tanger, notamment ceux du quartier administratif, expriment leur colère face aux comportements « indécents et provocateurs » de certains homosexuels accusés de se livrer à la prostitution nocturne.

  • Maroc : le tiktokeur “Moulinex” en prison à Tanger, il risque 30 ans de prison

    Le tiktokeur connu sous le pseudonyme « Moulinex » a été placé en détention à la prison de Tanger 2 ce dimanche soir. Le juge d'instruction près la Cour d'appel de Tanger a ordonné son incarcération immédiate à l'issue de sa garde à vue, dans le cadre d'une enquête portant sur des faits criminels majeurs.

  • Les tribunaux marocains autorisent 63 % des demandes de mariage de mineures

    Le mariage des mineures poursuit son expansion au Maroc, notamment dans les zones rurales, malgré les restrictions légales et le rejet de la plupart des demandes par les tribunaux. Une pratique persistante qui viole les droits des enfants et hypothèque l'avenir des jeunes filles.

  • L'influenceur marocain « Moulinex » est en fait Algérien

    L'affaire judiciaire impliquant plusieurs créateurs de contenu a connu un nouveau développement ce mardi à Tanger. Une confrontation a été organisée devant la deuxième chambre du juge d'instruction à la Cour d'appel entre le tiktokeur surnommé « Moulinex » et la mère d'Adam Benchakroun, tous deux poursuivis pour des faits criminels majeurs.

  • Maroc : faut-il légaliser la mahia (alcool) ?

    Des acteurs de la société civile marocaine plaident en faveur de la protection, de la promotion et de la valorisation de la « mahia », l'eau de vie de figue marocaine. Cela permettra d'éviter notamment une appropriation culturelle.

  • Une célèbre proxénète de luxe de Rabat condamnée

    La célèbre proxénète de Rabat et ses assistants poursuivis en état d'arrestation pour notamment trafic d'êtres humains par exploitation de la vulnérabilité et de la précarité, pratique de la prostitution, ont été condamnés par la Cour d'appel.

  • Agadir : un spa démantelé pour prostitution

    Un coup de filet a été mené cette semaine dans un établissement de massage d'Agadir, au Maroc.

  • Fès : des salons de massage épinglés pour prostitution

    Poursuivis pour une affaire de prostitution dans les salons de massage et de spa à Fès, 17 individus ont été condamnés à différentes peines de prison par la Cour d'appel de la ville.

  • Salons de massage au Maroc : Des lieux de prostitution déguisés ?

    La Cour d'appel de Ouarzazate a confirmé la condamnation d'une gérante de salon de massage pour proxénétisme, en lui infligeant une peine de 3 ans de prison ferme et une amende de 10 000 dirhams.