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Le Maroc à l’épreuve du 20 février

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19 février 2011 - 13h09 - Maroc

Au Maroc, le compte à rebours a commencé pour la marche de protestation prévue dimanche à l’initiative du "Mouvement des jeunes du 20 février". Ces jeunes, qui réclament "la démocratie, la justice et la vie dans la dignité", ont affirmé jeudi lors d’une conférence de presse qu’ils étaient bien organisés et qu’ils ne renonceraient pas à leur action.

Ce mouvement, qui a vu le jour il y a moins d’un mois, serait effectivement bien organisé, sans pour autant maitriser son discours, et disposerait de beaucoup trop de moyens, selon les observateurs. Les organisateurs de la marche semblent également produire à certains moments un dialogue à sens unique, contrairement aux valeurs démocratiques qu’ils prônent.

Aujourd’hui, c’est une véritable bataille rangée sur internet entre pro et anti manifestation. Beaucoup de Marocains veulent le changement, mais pensent que le moment n’est pas bien choisi pour manifester et estiment que le "Mouvement des jeunes du 20 février", ne représente que lui-même et non l’ensemble du peuple marocain.

Oussama El Khlifi, 23 ans, l’initiateur du mouvement "Démocratie et liberté maintenant", avait d’ailleurs déclaré à l’agence de presse espagnole EFE, qu’ils formaient un groupe de jeunes ne servant que leurs propres intérêts et non ceux du peuple marocain.

Derrière le "Mouvement des jeunes du 20 février", un blogueur du nom de Saïd Benjebli, 31 ans et "président de l’association des blogueurs marocains". Inconnu du grand public, Benjebli avait été classé par la revue française L’Express parmi les 100 personnalités les plus influentes du Maroc en 2010.

Soutenue par Al Adl Wal Ihsane et des mouvements amazighs, la marche du 20 février est dénigrée par la majorité des partis politiques marocains. Le parti de l’Istiqlal se déclare même visé par cette manifestation alors que l’association MRE sans frontières la condamne et appelle les Marocains à rester vigilants.

Côté gouvernement, tout va pour le mieux. Khalid Naciri, porte-parole du gouvernement, avait d’ailleurs affirmé que celui-ci "aborde les revendications économiques, politiques et sociales des jeunes avec un esprit d’ouverture".

Entre révolution virtuelle et manifestation réelle, les Marocains toutes classes confondues tremblent et guettent l’information dans l’attente de ce fameux dimanche. Les Marocains ont peur, peur du changement, peur de perdre leur paix sociale, peur de perdre leurs acquis, peur que cette marche soit exploitée par les ennemis du pays...

Dans nos forums de discussions :

  •  Sondage sur la manifestation du 20 février
  •  Réactions à la manif du 20 février
  •  Rassemblement de solidarité avec les luttes du peuple marocain
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