Maroc : des élus corrompus fuient à l’étranger

- 21h00 - Maroc - Ecrit par : S.A

Impliqués dans des affaires de corruption et de malversations financières, plusieurs présidents et élus locaux marocains destitués ou non encore destitués ont fui à l’étranger, notamment en Espagne et aux États-Unis, afin d’échapper aux poursuites judiciaires.

L’opération d’assainissement que mène le ministère de l’Intérieur fait fuir plusieurs présidents de communes et responsables, mais aussi des fonctionnaires territoriaux récemment destitués ou frappés par des jugements d’inéligibilité ou d’exclusion. Bon nombre d’entre eux sont partis à l’étranger pour des motifs prétendus de vacances d’été ou de raisons familiales, ou ont l’intention de s’installer définitivement à l’étranger, fait savoir Assabah, ajoutant qu’un élu, récemment destitué dans la province de Nouaceur, aurait quitté le pays vers les États-Unis sous couvert d’accompagner son fils pour finaliser son inscription universitaire. D’autres conseillers et cadres communaux se sont envolés vers l’Espagne, justifiant leur départ tantôt par des vacances d’été, tantôt par un besoin de soins médicaux dans des cliniques de la péninsule. Informés de leur présence sur la liste d’élus qui seront destitués très prochainement, d’autres auraient pris aussi la fuite. Parmi eux, un président de commune relevant de la province de Médiouna.

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Par ces actes, ces élus et fonctionnaires tentent d’échapper à la justice marocaine. Outre les sanctions administratives, ils risquent d’écoper des peines de prison. Ils seraient impliqués dans des affaires corruption et de malversations financières. Il y a également des violations graves relevant de la gestion des finances locales, avec un accent particulier sur la manipulation de la taxe sur les terrains non bâtis, les irrégularités dans la délivrance des autorisations commerciales, industrielles et professionnelles, des falsifications de documents d’urbanisme, en collusion avec des promoteurs immobiliers influents, pour contourner les règles en vigueur et des marchés publics attribués à des entreprises privées récurrentes dans les listes des adjudicataires, dans des conditions jugées opaques. Sans oublier des irrégularités touchant les recettes fiscales, des contrats de travaux publics suspects, ainsi que des projets d’aménagement où les sociétés chargées de la réalisation « ont été sommées de justifier l’origine des matériaux et des équipements utilisés. »

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Par ailleurs, le ministère de l’Intérieur a donné carte blanche à l’Agence judiciaire du Royaume pour qu’elle transmette les dossiers des présidents destitués des tribunaux administratifs vers les parquets des Cours d’appel. Ces derniers ont chargé leurs sections spécialisées de la police judiciaire financière et économique d’approfondir les investigations.

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