Maroc : vers la radiation des élus corrompus ?
L’horizon politique s’assombrit pour de nombreux élus locaux. Le ministère de l’Intérieur a enclenché un processus visant à interdire de scrutin les responsables impliqués dans la prolifération de zones industrielles anarchiques. Cette offensive administrative, couplée à une surveillance aérienne des campagnes, promet de redessiner la carte électorale bien avant les échéances de 2026.
La sanction ne se limitera pas à une simple destitution. Le projet de loi organique n°53.25, actuellement défendu par le ministre, instaure un verrouillage drastique : tout élu révoqué pour fautes graves, notamment en matière d’urbanisme, sera inéligible pour deux mandats complets, fait savoir Hespress. Cette menace juridique pèse directement sur les présidents de conseils dont les noms circulent déjà sur des « listes noires » transmises aux administrations territoriales. Ces documents recensent les responsables ayant facilité ou couvert l’érection de hangars illégaux sur leurs propres terrains ou ceux de l’État.
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Sur le terrain, la traque s’accélère grâce à la technologie. Les autorités provinciales, armées de rapports basés sur des survols aériens, s’apprêtent à lancer une vague de démolitions dans les semaines à venir. Les images ont révélé une réalité souterraine inquiétante : des zones résidentielles rurales transformées en complexes industriels clandestins. Ces usines fantômes, particulièrement actives dans la fabrication prohibée de sacs plastiques, pillent l’eau et l’électricité tout en polluant les nappes phréatiques, souvent sous la protection d’élus influents. Le cas de la commune de « S’bit » est emblématique, où un réseau familial a maintenu le contrôle sur des zones illicites malgré une précédente destitution.
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Cette mobilisation générale trouve son origine dans une directive ferme adressée récemment aux walis et gouverneurs. Les services centraux exigent une « tolérance zéro » dans les périmètres ruraux de l’axe Rabat-El Jadida, incluant Kénitra, Mohammedia et la périphérie de Casablanca (Médiouna, Nouaceur). L’ordre est donné aux caïds et pachas de dresser immédiatement les procès-verbaux nécessaires pour suspendre les contrevenants et transmettre leurs dossiers à la justice administrative, scellant ainsi leur sort politique et judiciaire.