Maroc : émoi à Taourirt après la mort d’une femme et de son fœtus
« Négligence médicale. » C’est le terme employé par la commune de Taourirt pour qualifier le décès d’une jeune femme enceinte et de son enfant, survenu le 24 février dernier à l’hôpital provincial. Un fait tragique qui révèle les difficultés profondes d’un établissement de santé visiblement à bout de souffle.
Taourirt est en colère. Et pour cause, ce drame n’est que la partie émergée de l’iceberg. Depuis des années, les habitants de Taourirt et des environs tirent la sonnette d’alarme, dénonçant un manque criant de moyens, tant matériels qu’humains.
La commune a publié un communiqué cinglant, pointant directement la responsabilité des services du ministère de la Santé et de la Protection sociale. Une accusation qui intervient alors même que la collectivité avait tenté d’améliorer la situation. Un partenariat avec l’Initiative nationale pour le développement humain (INDH) avait permis de débloquer des fonds pour l’acquisition d’équipements, notamment un scanner. Un effort visiblement insuffisant pour combler les lacunes.
A lire : Hôpital de Driouch : un bébé MRE décède dans des circonstances tragiques
L’absence du représentant de la délégation provinciale du ministère de la Santé lors d’une réunion cruciale, début février, consacrée aux « problèmes du secteur de la santé », est vécue comme une provocation supplémentaire, explique la commune.
« Un minimum d’équipements médicaux », « des ressources humaines », « des médecins et des spécialistes »… ce sont entre autres les revendications des manifestants, rassemblés devant l’hôpital en soutien à la famille de la victime. La visite du directeur régional de la santé, précipitée par la mobilisation, et ses promesses de “réformes” ne suffisent apparemment pas à calmer la colère.