Le Maroc fabrique déjà ses premières batteries, l’Espagne attend encore

- 09h00 - Espagne - Ecrit par : L.A

Révolution dans l’industrie automobile. En lançant ses premiers tests de production de batteries électriques à Kénitra, le Maroc vient de devancer l’Espagne, qui n’a pas encore sorti la moindre cellule de ses usines en cours de construction.

Le Royaume récolte les fruits d’une stratégie globale lancée il y a près de dix ans pour devenir la plateforme automobile de l’Europe. Le pays a musclé ses infrastructures avec de grandes autoroutes et deux ports majeurs, Tanger Med et Nador Med. Ces complexes maritimes surclassent leurs concurrents espagnols avec des zones dédiées et une capacité supérieure à un million de véhicules par an. Trois grandes usines (deux pour Renault à Tanger et Casablanca, et une pour Stellantis à Kénitra) font tourner cette filière compétitive où le salaire mensuel oscille autour de 600 euros.

Sur Bladi.net : Renault menace l’Espagne, le Maroc peut rafler la mise

L’histoire s’accélère puisque le site de Kénitra vient de fabriquer ses premières cellules de batteries en phase d’essai. C’est une longueur d’avance technologique sur l’Espagne, dont les deux futurs géants industriels de Sagunto et Saragosse n’ont encore rien produit. Comme le souligne le média El Debate, si l’Espagne ne réagit pas immédiatement, le Maroc est totalement prêt à fabriquer des véhicules plus rapidement, moins cher, et sous une législation environnementale beaucoup plus souple que les normes européennes.

Derrière cette usine marocaine se trouve la compagnie Gotion, détenue à plus de 30 % par le groupe Volkswagen et des investisseurs chinois. Ce projet colossal de 3,2 milliards d’euros, créateur de 3 000 emplois directs, s’appuie sur un accès massif aux énergies renouvelables et à des minéraux essentiels dont les droits d’exploitation ont été achetés il y a des années par des entreprises chinoises.

Sur Bladi.net : Renault en Espagne : le Maroc prêt à rafler la mise

À court terme, les batteries produites ravitailleront le site Stellantis de Kénitra et couvriront la demande européenne de Volkswagen, le temps que l’usine espagnole de Sagunto tourne à plein régime. Cette transition ultra-rapide bouscule de front l’équilibre industriel de la péninsule ibérique.